The Magdelene Sisters

Le 14 décembre 2019 |  Programmation  Archives
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Peter Mullan, 2002, 1h59

Dublin, années 60.
Trois jeunes femmes arrivent en même temps au couvent des Sœurs Magdeleine.
Margaret a été violée par un cousin.
Rose a déshonoré ses parents en ayant eu, hors des liens du mariage, un enfant qu’on lui a arraché.
Bernadette est tout simplement jolie et a le tort de le savoir : elle aguiche les garçons depuis la cour de récréation du collège, sans avoir encore eu l’occasion d’aller bien loin.
Toutes trois sont honnies pour n’avoir pu se préserver de la souillure sexuelle (ou seulement de sa tentation), et elles vont le payer au prix fort. Enfermées dans un des Magdalene Asylums, elles sont soumises à l’autorité de nonnes revêches qui oeuvrent à leur manière pour le salut des âmes flétries.
Traitées en coupables et captives, elles s’épuisent à longueur de journée dans le lavoir qui constitue la raison sociale de l’institution.
Toute tentative de rébellion ou d’évasion est sévèrement sanctionnée, et les humiliations succèdent aux châtiments corporels…


Fiche pédagogiques liée

RESUME DU FILM

Dublin, années 60.
Trois jeunes femmes arrivent en même temps au couvent des Sœurs Magdeleine.
Margaret a été violée par un cousin.
Rose a déshonoré ses parents en ayant eu, hors des liens du mariage, un enfant qu’on lui a arraché.
Bernadette est tout simplement jolie et a le tort de le savoir : elle aguiche les garçons depuis la cour de récréation du collège, sans avoir encore eu l’occasion d’aller bien loin.
Toutes trois sont honnies pour n’avoir pu se préserver de la souillure sexuelle (ou seulement de sa tentation), et elles vont le payer au prix fort.
Enfermées dans un des Magdalene Asylums, elles sont soumises à l’autorité de nonnes revêches qui oeuvrent à leur manière pour le salut des âmes flétries.
Traitées en coupables et captives, elles s’épuisent à longueur de journée dans le lavoir qui constitue la raison sociale de l’institution.
Toute tentative de rébellion ou d’évasion est sévèrement sanctionnée, et les humiliations succèdent aux châtiments corporels…

Peter MULLAN, Grande-Bretagne/Irlande - 2002 , 119 ‘

INFORMATION PRATIQUE : tous les minutages sont calculés avec le logiciel VLC.

PROPOSITIONS DE TRAVAIL

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Nous avons imaginé deux angles d’attaque pour ce film :

  • La place de l’enfant
  • Les questions de pouvoir

Libre à chacun de sélectionner celle qui lui convient.

Les séquences pédagogiques reprises dans ce dossier proposent des activités à travailler avec les groupes alpha avant et après la vision du film.

Fiche pédagogique

ANGLE D’ATTAQUE : LA PLACE DE L’ENFANT

Objectifs de la démarche :

Au travers notamment de l’analyse des différentes façons d’agir comme parents, le travail va en un premier temps nous amener à identifier la place de l’enfant dans notre société.

Ensuite, en groupe nous procéderons à une première analyse réflexive.

Avant d’aller voir le film

Activité 1 : Scénettes par sous-groupes de 2 ou 3 participants

Les participants jouent des petites scénettes sur base du scénario suivant :

" j’ai une fille de 13 ans qui joue avec ses copains dans la rue, en été … Moi (mère et /ou père) je rentre du boulot et en m’arrêtant chez l’épicier je vois que ma fille joue avec 4 garçons, et qu’elle est la seule fille"

  • Mimer la réaction d’une mère et/ou d’un père aujourd’hui, ici à Bruxelles
  • Mimer la réaction d’une mère et/ou d’un père, aujourd’hui, dans votre pays d’origine
  • Mimer la réaction d’une mère et/ou d’un père quand vous-mêmes vous étiez enfants

A partir des différentes scénettes, on dresse une typologie des différentes réactions, façons de faire, façons d’agir comme parents et on les classe en différentes catégories, comme par exemple :

  • Répression/punition/imposition
  • Permissivité
  • Compréhension/dialogue/réflexion
  • Indifférence
  • etc ...

A partir de ce classement, on met en évidence les points communs dans les différents moments décrits dans les scénettes (ici, là bas, maintenant, avant …)

Quelles sont les valeurs sous-jacentes ?

Activité 2 :

On regarde l’extrait qui présente les raisons pour lesquelles chacune des tris jeunes filles est placée dans l’institution :

o Margaret

Minutage : 01.59 → 08.09

o Bernadette

Minutage : 08.09 → 11.21

o Rose

Minutage : 11.22 → 14.25

Après la vision de chaque séquence, le groupe émet des hypothèses sur ce qu’il vient de voir :

  • Qu’est-ce qui se passe dans cette scène ?
  • Selon vous, qu’est-ce qui va se passer après ?

Activité 3 :

Sur base de l’introduction reprise ci dessus, le formateur contextualiste le film pour le groupe.

On va voir le film

Après la vision du film

Activité 4 : Retours sur le film

En groupe, on vérifie les différentes hypothèses émises dans les activités précédent la vision du film.

Toujours en grand groupe, on parle de ce qui nous a touché dans le film.

Chacun site un passage qui l’a particulièrement touché.

Le groupe se prononce sur l’éventualité que de telles situations se passent dans la vie réelle ; voire si l’un ou l’autre participant aurait connaissance de situations similaires (notamment sur le plan du traitement de la punition).

Le groupe essaie de trouver à quel type d’institution belge correspondrait ou pas l’internat dans lequel les filles sont placées dans le film.

Activité 5 : Analyse des « rôles » de chacun dans le film

En groupe ou en sous-groupes, on analyse qui fait quoi dans le
film :

  • les enfants
  • les pères
  • les mères

Les participants se prononcent sur les décisions prises par les parents dans le film :

  • est-ce que les décisions sont justes (c’est-à-dire en relation avec leur cause) ?
  • pourquoi ces décisions sont-elles prises ?
  • quelles autres décisions auraient pu être prises ?

Activité 6 : travail sur la place de l’enfant dans notre société

Travail en 3 sous-groupes.

Chaque sous-groupe va travailler sur le personnage d’une des trois filles du film et devra imaginer ce qui arriverait à « son héroïne » aujourd’hui, à Bruxelles, si elle se trouvait dans la même situation (fille violée, fille parlant à des garçons, fille-mère).

Mise en commun en grand groupe et croisement avec la typologie du début.

A partir de ce travail, le groupe détermine la place que l’enfant occupe dans notre société aujourd’hui.

Activité 7 : Observation et analyse

Au regard des situations décrites dans le film et à partir des réflexions menées au sein du groupe, le groupe fait le point sur ce qui a changé depuis le début du travail par rapport à notre représentation de la place de l’enfant ici et maintenant.
et dans quel sens s’est opéré ce changement.

Pour terminer l’activité, le groupe peut construire une synthèse de l’évolution des familles en fonction de ce qui sortira de la discussion.

On pourra aussi se demander en quoi et comment la notion de famille a changé.

Pour approfondir, faire une recherche sur :

  • les familles
  • la place des enfants dans les sociétés traditionnelles
  • la place des enfants dans les sociétés modernes

INFORMATIONS SUR LE CONTEXTE HISTORIQUE DU FILM

Qui est Marie-Madeleine aux yeux de l’Eglise ?

Hypothèses les plus courantes :

  • prostituée repentie, devient une disciple de Jésus ;
  • serait la femme de Jésus, aurait eu des enfants avec lui …

A propos des couvents des Sœurs Marie Madeleine :

Les Couvents de la Madeleine étaient des foyers pour "femmes
perdues " en Grande-Bretagne et en Irlande, gérés par différents ordres de l’Église catholique romaine.

Les estimations font état d’environ 30 000 femmes y ayant séjourné, le plus souvent contre leur volonté. Le dernier couvent de la Madeleine en Irlande fut fermé le 25 septembre 1996.

Les couvents de la Madeleine sont issus du « Rescue Movement » qui prit naissance en Grande-Bretagne et en Irlande au cours du XIXe siècle, qui avait pour but formel la réhabilitation de femmes dites
« perdues ».

Ce terme désignait celles qui avaient eu des relations sexuelles hors mariage, quelle qu’en fut la cause : prostitution, abus sexuels, ou encore sexualité jugée trop précoce.

En Irlande, ces institutions prirent le nom de Marie-Madeleine, personnage de la Bible qui, selon la tradition catholique (et non la Bible) était présentée comme une prostituée, s’étant repentie de ses péchés et devenant l’une des personnes les plus fidèles à Jésus.

En Irlande, l’Église s’appropria rapidement le mouvement de Madeleine et les foyers, qui étaient prévus à l’origine pour de courts séjours, devinrent de plus en plus des institutions à long terme.

Les pénitentes furent mises au travail, généralement dans des laveries.

De même que Marie-Madeleine avait lavé les pieds du Christ en signe de pénitence, les pensionnaires devaient accomplir des travaux de blanchisserie, afin de laver symboliquement leurs péchés. Cette activité représentait en outre des rentrées d’argent nécessaires à la bonne marche et à l’entretien des couvents.

Au fur et à mesure que le mouvement prenait ses distances avec les idées qui furent à son origine, à savoir sortir des prostituées de la rue et les héberger car leur passé les empêchait de trouver un emploi, les foyers prirent un aspect de plus en plus carcéral.

Les sœurs chargées de la surveillance des pensionnaires avaient pour instruction de les dissuader par n’importe quel moyen de tenter de quitter l’institution pour, au contraire, les encourager à entrer dans les ordres.

À cause de leur passé de prostituées, les pensionnaires étaient considérées comme ayant besoin de faire pénitence.

À mesure que le phénomène se répandit, il sortit du champ de la prostitution pour toucher également les mères célibataires, les jeunes filles dont le développement était retardé et les filles victimes d’abus.

Certaines se sont retrouvées internées pour le simple fait qu’elles étaient considérées comme trop proches des garçons. Ceci se produisit à la même période où, en Grande-Bretagne et en Irlande, de nombreuses personnes considérées comme « handicapés sociaux » furent également internés dans des asiles et des foyers.

Les pensionnaires étaient souvent internées à la requête de membres de leur famille ou de prêtres. Celles qui n’avaient personne à l’extérieur susceptibles de venir les chercher y passèrent le reste de leur vie.

Parmi elles, beaucoup ont fini par prononcer leurs vœux.

Dans une Irlande à la morale sexuelle conservatrice, les couvents de la Madeleine étaient une institution largement acceptée socialement jusqu’au cœur de la seconde moitié du XXe siècle siècle.

En témoignent des expressions courantes, telles que le proverbe « bad girls do good sheets » (« les mauvaises filles font les bons draps »), ou le fait que l’on menaçait les enfants turbulents de les envoyer au couvent.

Ils disparurent avec le changement de mœurs sexuelles, mais aussi avec l’apparition de la machine à laver qui concurrençait leur activité de blanchisserie.
Pour Frances Finnegan, « il est probable que l’avènement de la machine à laver y fut pour autant dans la fermeture des laveries que le changement de mentalité ».

On parla très peu de l’existence des foyers jusqu’à ce que, en 1993, un ordre de sœurs à Dublin vendit une partie de son couvent à un promoteur immobilier.

Les restes de 155 pensionnaires, qui avaient été inhumées dans des tombes anonymes dans la propriété, furent exhumés et, à l’exception d’un corps, incinérés puis réinhumés dans une fosse commune.

Ceci provoqua un scandale public à l’échelle régionale et nationale. Mary Norris, Josephine McCarthy et Mary-Jo McDonagh, toutes pensionnaires au foyer, témoignèrent sur leur sort.

Le documentaire Sex in a Cold Climate, diffusé sur Channel 4 en 1998, interrogea d’anciennes pensionnaires des couvents de la Madeleine qui confirmèrent les incessants abus sexuels, psychologiques et physiques alors qu’elles étaient isolées du monde extérieur pour une durée indéterminée.

http://www.youtube.com/watch?v=FtxO...

En Irlande, la révélation de l’histoire méconnue des « Magdalene » s’inscrit dans un contexte douloureux : longtemps toutes-puissantes, les institutions catholiques affrontent depuis quelques années la dénonciation d’une série de scandales - maltraitances, pédophilie, soustraction de nourrissons à leurs mères... - qui font vaciller leur autorité et mettent à mal leurs finances.

Malgré la constitution d’une commission gouvernementale, toutes les demandes d’indemnisation des victimes sont restées lettre morte.

Réactions du Vatican et de l’Eglise à la sortie du film :

Malgré la constitution d’une commission gouvernementale, toutes les demandes d’indemnisation des victimes sont restées lettre morte.

L’Eglise outragée, le Vatican furieux. Telle est la réaction de l’autorité catholique à la vue du film de l’Irlandais Peter Mullan.

Dès lors, le pari de soulever un "sujet" épineux est gagné.

Quoi de plus révoltant et d’incroyable de découvrir qu’en 1964, en Irlande, des femmes avaient été enfermées et internées illégalement dans un couvent.

La raison ?

Eviter à la société bien pensante toute personne différente.

Différente en ce sens qu’elle a, entre autres, une déficience mentale, un style de vie marginal ou encore qu’elle a été rejetée par sa famille.

Alors que le Vatican s’est indigné de l’attribution d’un lion d’or à The Magdalene Sisters lors de la dernière Mostra de Venise, l’épiscopat irlandais s’est abstenu de tout commentaire.


Portfolio


Fiche pédagogique

ANGLE D’ATTAQUE : LE POUVOIR

INFORMATION PRATIQUE : tous les minutages sont calculés avec le logiciel VLC.

Activité 1 : le jeu « Tournoi de cartes »

L’objectif de cette activité étant de faire ressortir des discussions et réactions émanant du groupe et liées aux relations de pouvoir au moment de la phase d’analyse du jeu.

Les règles du jeu sont fournies dans le document joint « Tournoi de Cartes LEE ». (voir annexe)

Ces règles sont adaptées en fonction du niveau des groupes (oral et écrit), mais il peut être nécessaire de les adapter d’avantage en fonction des nécessités de votre groupe.

Le formateur introduit de façon la plus distanciée possible la notion de pouvoir et des sources potentielles de pouvoir :

  • le charisme,
  • les règles du jeu (le droit),
  • le savoir,
  • la langue.

Activité 2 : débat, discussion, énumération

Pensez à 3 familles que vous connaissez et répondez aux questions suivantes :

dans ces familles qui décide :

  • où on habite ?
  • de l’école des enfants ?
  • du lieu des vacances ?
  • ce qu’on mange ?
  • ce qu’on regarde à la télé ?

L’animateur prend note des réponses sur une grande feuille.

A l’issue de cette activité, le formateur introduit d d’autres sources de pouvoir possibles, tels que :

  • la tradition (religieuse ou pas),
  • les rôles construits socialement,
  • l’imitation sociale.

Activité 3 :

Travail à partir de la vision d’une séquence du film sans le son  :

On regarde la séquence où la jeune femme raconte à une autre jeune femme ce qui lui est arrivé. On arrête la vision au moment où on voit le père et le curé dans l’entrebâillement de la porte.

Minutage : 004’25’’ —) 007’15’’

En sous-groupes, les participants répondent aux questions suivantes :

  • Qu’est-ce qui se passe dans cette scène ?
  • Quelles sont les relations possibles entre les personnages qu’on voit ?
  • Quelles sont les relations de pouvoir entre les personnages que vous percevez dans cette séquence ?

Mise en commun en grand groupe.

Le formateur prend note des hypothèses émises.

Activité 4 : observation

Vision de la même séquence, avec le son.

Dans cette séquence, on n’entend pas les dialogues.

Minutage : 004’25’’ —) 007’15’’

Les participants expliquent pourquoi à leur avis le metteur en scène a jugé superflu (inutile) que le spectateur entende les dialogues ?

Après ce premier travail, les participants répondent à nouveau aux questions posées dans l’activité 3 :

  • qu’est-ce qui se passe ?
  • Quelles sont les relations possibles entre personnages qu’on voit ?
  • Quelles sont les relations de pouvoir entre les personnages que vous percevez dans cette séquence ?

Les hypothèses peuvent être enrichies si de nouvelles idées apparaissent.

Le formateur complète la grande feuille de l’activité 3.

Activité 5 :Vérification des hypothèses

On visionne à nouveau le même extrait, mais on démarre la vision plus tôt :

Minutage : 003’20’’ —) 007’15’’

Après la vision de cette séquence, en grand groupe on revisite à nouveau les hypothèses émises aux activités 3 et 4.

Au moment de la vérification des hypothèses, le formateur attire l’attention des participants sur des éléments constatés après vision de cette séquence :

  • Les femmes sont totalement écartées, (ont-elles un quelconque pouvoir dans cette séquence ?)
  • En groupe, on reconstitue le chemin de la transmission de l’information : la victime s’en remet à sa cousine qui en appelle à son frère (le violeur) sans succès. Dès lors, la cousine s’en remet à son père qui s’en remet à son frère (le père de la victime) et les 2 frères se soumettent à la décision du prêtre.
  • Après cette phase du travail, le groupe reconstitue les relations de pouvoir existant entre les personnages.

Activité 6 :

On visionne la séquence de la tonte des cheveux par la religieuse :

Minutage : 048’30’’ —) 049’50’’

Après la vision de cette séquence, les participants répondent à la question :

  • Pourquoi lui tond-on les cheveux ?
  • Dans quelles circonstances tond-on les cheveux de quelqu’un ?
  • Connaissez-vous des situations où on a tendu les cheveux de quelq’un ? Pourquoi ?

Le formateur prend note des hypothèses.

ON VA VOIR LE FILM

Activité 7 : Vérification des hypothèses

Après la vision du film, en groupe on vérifie toutes les hypothèses émises lors des activités précédant la vision du film.

Activité 8

Le groupe répond à nouveau à la question :

  • Pourquoi on lui tond les cheveux ?

Activité 9 : travail sur les relations de pouvoir dans le film :

Travail en sous-groupes, chaque sous-groupe reçoit les photos des personnages principaux du film (les trois filles, la mère supérieure, la soeur qui meurt, le jeunes employé qui tombe amoureux, ...)

Pour chacun des personnages principaux du film, à partir des photos :

  • Le groupe retrace les différentes relations de pouvoir entre les personnages principaux du film.
  • Quel contexte a permis de renforcer les relations de pouvoir ?

Activité 10 : Casser les relations de pouvoir.

En sous-groupes, on essaie de citer les différentes stratégies utilisées par les personnages pour contrer le pouvoir.

Pour conclure le travail sur le pouvoir, le formateur rappelle les éléments qui ont émergé lors de l’analyse du jeu "Le tournoi de cartes". voir annexe

Ensuite, les participants répondent aux questions suivantes en les situant dans des contextes sociaux :

  • dans quels contextes ces stratégies sont possibles ?
  • Quels sont les contextes dans lesquels une des stratégie est préférable ?
  • Quels sont les contextes dans lesquels ces stratégies sont difficiles ?

ANNEXE : LE TOURNOI DE CARTES

Tournoi des cartes

Origine

Ce jeu aurait été créé au Canada.

L’adaptation faite pour les groupes en alphabétisation ou en français Langue étrangère a été faite par ITECO dans le cadre du groupe de travail « Image et Interculturel » initié par Lire et Ecrire Bruxelles et ITECO.

http://www.iteco.be/

La version originale peut être retrouvée dans la revue Antipodes .

Nombre de participants : entre seize et vingt-quatre.

Durée de l’activité : deux heures environ.

Espace requis : Une grande salle

Matériel nécessaire :

  • Quatre jeux de cartes auxquels il faut ôter les cartes deux, trois,
  • quatre, cinq et six. Des feuilles d’instructions (voir plus loin) en quantité égale au nombre de participants.
  • Des feuilles blanches et de quoi écrire.

Objectifs

Ce jeu est un exercice de communication interculturelle.

Il permet de comprendre quels sont les obstacles à celle-ci, comment surgissent les difficultés et comment on peut tenter de les résoudre.

Etant un exercice non verbal, il permet d’explorer d’autres codes de communication, gestuels, par le dessin ou autrement, leurs limites et possibilités.

De manière générale, il met les participants devant une question de fond : Que faire lorsqu’on ne partage pas le même cadre de référence et les mêmes normes ?

Déroulement

Il faut diviser le groupe en sous-groupes comptant au moins quatre et au maximum cinq joueurs chacun.

Les sous-groupes vont s’installer à des tables différentes, assez éloignées l’une de l’autre pour qu’il n’y ait pas d’interférences entre elles.
Les participants doivent disposer de feuilles blanches et de quoi écrire.

L’animateur distribue la feuille d’instructions numéro 0.

Les participants la lisent puis la rendent.

Ensuite, l’animateur distribue :

  • des feuilles numéro 1 à la table numéro 1 ;
  • des feuilles numéro 2 à la table numéro 2 ;
  • des feuilles numéro 3 à la table numéro 3 ;
  • des feuilles numéro 4 à la table numéro 4 ;
  • des feuilles numéro 1 à la table numéro 5 ;
  • des feuilles numéro 2 à la table numéro 6
  • et ainsi de suite ...

Cinq minutes plus tard, il enlève les feuilles et le jeu peut alors commencer.

L’exercice va se dérouler tel qu’indiqué dans les feuilles d’instructions numéro 0 à 4 ci-dessous.

Après quatre ou cinq tours, les participants auront probablement fait le tour de l’exercice, l’animateur pourra alors l’arrêter.

Pour l’analyse, les participants peuvent s’aider des questions contenues dans la feuille d’instructions numéro 5.

Dans un premier temps, ils font l’analyse dans le sous-groupe où ils se sont trouvés lors du début de l’exercice (donc à leur table de départ).

Finalement, tout le groupe peut se retrouver dans une mise en commun de synthèse.

Des rapporteurs feront part des conclusions des sous groupes après quoi un débat large peut être mené.

Feuille d’instructions numéro 0

Instructions pour le tournoi

A distribuer à tous les participants dans un groupe écrit suffisamment avancé.

Dans un groupe oral avancé ou écrit débutant, vous devez transmettre oralement ces informations.

Dans un groupe oral débutant il serait intéressant de proposer aux joueurs de chaque table d’inventer leurs propres règles, qui doivent rester valables, à cette table, pendant toute la durée du jeu et sans les annoncer aux autres participants des autres tables.

  • Vous avez à peu près cinq minutes pour étudier les règles et pour vous exercer au jeu.
  • Une fois ce temps écoulé, vous devrez remettre votre copie des règles à l’animateur.
  • Dès ce moment, toute communication verbale (oralement ou par écrit) devra cesser. Vous pouvez dessiner ou faire des gestes.
  • Une fois les copies du règlement remises, le tournoi commencera, en silence.
  • Chaque joueur distribue les cartes à tour de rôle.
  • La première partie est terminée quand l’animateur donne le signal de la fin de partie.

Une partie dure quelques minutes.

A ce moment on dépose ses cartes et l’on compte combien de plis chaque joueur a réussi à avoir.

Identification des gagnants et des perdants :

  • est gagnant le joueur qui a fait le plus grand nombre de plis au cours de la partie ;
  • est perdant le joueur qui en a réussi le moins.

On additionne les plis de chaque partie.

A la fin de chaque partie, certains joueurs changent de table :

  • Le joueur qui a totalisé le plus de plis est le gagnant, il monte à la table supérieure (la table suivante dans le sens des aiguilles d’une montre)
  • Le joueur qui a totalisé le moins de plis est le perdant, il descend à la table inférieure (La table précédente dans le sens des aiguilles d’une montre)
  • Les autres joueurs demeurent à leur table.

Les égalités éventuelles seront départagées par l’ordre alphabétique des prénoms des joueurs.

Feuille d’instructions numéro 1

Cinq as, un jeu facile à apprendre et à jouer

Participants de la table 1

A distribuer aux participants de la table 1 si le groupe est d’un niveau « écrit » suffisamment avancé.

Si c’est un groupe oral avancé ou écrit débutant, transmettre oralement ces informations aux participants de la table 1, séparément des participants d’autres tables.

Si c’est un groupe oral débutant, proposer aux joueurs de la table 1 d’inventer leurs propres règles, qui doivent rester valables, à cette table 1, pendant toute la durée du jeu et sans les dévoiler aux participants des autres tables.

Les cartes

Le jeu se joue avec vingt-huit cartes, de l’as au sept de chaque couleur. L’as est la carte la plus faible.

Les joueurs

Il y a de quatre à six joueurs par table.

La donne

Un joueur bat les cartes et les donne une à la fois. Chaque joueur recevra de quatre à sept cartes, selon le nombre de joueurs.

Le début

Le joueur à gauche du donneur joue la première carte.

Les autres joueurs jouent successivement une carte. L’ensemble des cartes jouées constitue un pli. Au dernier pli, il est possible que certains n’aient plus de carte à jouer.

Pour prendre le pli

Le joueur ayant joué la carte la plus forte prend le pli et le met devant lui.

Prendre la main

Le preneur d’un pli entame pour le tour suivant. Cette procédure se continue jusqu’à ce que toutes les cartes aient été jouées.

Suivre

Le joueur qui entame peut jouer n’importe quelle couleur.
Les autres doivent toujours suivre (jouer une carte de la même couleur s’ils en ont une). Si un joueur n’a pas la couleur demandée, il joue n’importe quelle autre carte. Le pli est emporté par la carte la plus forte dans la couleur entamée.

L’atout

Dans ce jeu, le pique est atout. Si un joueur n’a pas de carte de la couleur entamée, il peut jouer un pique. Ceci s’appelle « couper ». La carte de pique la plus forte jouée prend le pli.

La fin de la partie

La partie se termine quand toutes les cartes données ont été jouées. On compte alors le nombre de plis que chacun a fait et on le note sur un papier.

Feuille d’instructions numéro 2

Cinq as, un jeu facile à apprendre et à jouer

Participants de la table 2

A distribuer aux participants de la table 2 si le groupe est « écrit » suffisamment avancé.

Si c’est un groupe oral avancé ou écrit débutant, transmettre oralement ces informations aux participants de la table 2, séparément des participants d’autres tables.

Si c’est un groupe oral débutant, proposer aux joueurs de la table 2 d’inventer leurs propres règles, qui doivent rester valables, à cette table 2, pendant toute la durée du jeu et sans les dévoiler aux participants des autres tables.

Les cartes

Le jeu se joue avec vingt-huit cartes, de l’as au sept de chaque couleur. L’as est la carte la plus faible.

Les joueurs

Il y a de quatre à six joueurs par table.

La donne

Un joueur bat les cartes et les donne une à la fois. Chaque joueur recevra de quatre à sept cartes, selon le nombre de joueurs.

Le début

Le joueur à gauche du donneur joue la première carte.
Les autres joueurs jouent successivement une carte. L’ensemble des cartes jouées constitue un pli. Au dernier pli, il est possible que certains n’aient plus de carte à jouer.

Pour prendre le pli

Le joueur ayant joué la carte la plus forte prend le pli et le met devant lui.

Prendre la main

Le preneur d’un pli entame pour le tour suivant. Cette procédure se continue jusqu’à ce que toutes les cartes aient été jouées.

Suivre

Le joueur qui entame peut jouer m’importe quelle couleur.
Les autres doivent toujours suivre (jouer une carte de la même couleur s’ils en ont une). Si un joueur n’a pas la couleur demandée, il joue n’importe quelle autre carte.
Le pli est emporté par la carte la plus forte dans la couleur entamée.

La fin de la partie

La partie se termine quand toutes les cartes données ont été jouées. On compte alors le nombre de pli que chacun a fait et on le note sur un papier.

Feuille d’instructions numéro 3

Cinq as, un jeu facile à apprendre et à jouer

Participants de la table 3

A distribuer aux participants de la table 3 si le groupe est « écrit » suffisamment avancé.

Si c’est un groupe oral avancé ou écrit débutant, transmettre oralement ces informations aux participants de la table 3, séparément des participants d’autres tables.

Si c’est un groupe oral débutant, proposer aux joueurs de la table 3 d’inventer leurs propres règles, qui doivent rester valables, à cette table 3, pendant toute la durée du jeu et sans les dévoiler aux participants des autres tables.

Les cartes

Le jeu se joue avec vingt-huit cartes, de l’as au sept de chaque couleur. L’as est la carte la plus forte.

Les joueurs

Il y a de quatre à six joueurs par table.

La donne

Un joueur bat les cartes et les donne une à la fois.
Chaque joueur recevra de quatre à sept cartes, selon le nombre de joueurs.

Le début

Le joueur à gauche du donneur joue la première carte.
Les autres joueurs jouent successivement une carte. L’ensemble des cartes jouées constitue un pli. Au dernier pli, il est possible que certains n’aient plus de carte à jouer.

Pour prendre le pli

Le joueur ayant joué la carte la plus forte prend le pli et le met devant lui.

Prendre la main

Le preneur d’un pli entame pour le tour suivant. Cette procédure se continue jusqu’à ce que toutes les cartes aient été jouées.

Suivre

Le joueur qui entame peut jouer n’importe quelle couleur. Les autres doivent toujours suivre (jouer une carte de la même couleur s’ils en ont une). Si un joueur n’a pas la couleur demandée, il joue n’importe quelle autre carte.
Le pli est emporté par la carte la plus forte dans la couleur entamée.

L’atout

Dans ce jeu, le pique est atout. Si un joueur n’a pas de carte de la couleur entamée, il peut jouer un pique. Ceci s’appelle « couper ». La carte de pique la plus forte jouée prend le pli.

La fin de la partie

La partie se termine quand toutes les cartes données ont été jouées. On compte alors le nombre de plis que chacun a fait et on le note sur un papier.

Feuille d’instructions numéro 4

Cinq as, un jeu facile à apprendre et à jouer

Participants de la table 4

A distribuer aux participants de la table 4 si le groupe est « écrit » suffisamment avancé.

Si c’est un groupe oral avancé ou écrit débutant, transmettre oralement ces informations aux participants de la table 4, séparément des participants d’autres tables.

Si c’est un groupe oral débutant, proposer aux joueurs de la table 4 d’inventer leurs propres règles, qui doivent rester valables, à cette table 4, pendant toute la durée du jeu et sans les dévoiler aux participants des autres tables.

Les cartes

Le jeu se joue avec vingt-huit cartes, de l’as au sept de chaque couleur. L’as est la carte la plus forte.

Les joueurs

Il y a de quatre à six joueurs par table.

La donne

Un joueur bat les cartes et les donne une à la fois. Chaque joueur recevra de quatre à sept cartes, selon le nombre de joueurs.

Le début

Le joueur à gauche du donneur joue la première carte.
Les autres joueurs jouent successivement une carte. L’ensemble des cartes jouées constitue un pli. Au dernier pli, il est possible que certains n’aient plus de carte à jouer.

Pour prendre le pli

Le joueur ayant joué la carte la plus forte prend le pli et le met devant lui.

Prendre la main

Le preneur d’un pli entame pour le tour suivant. Cette procédure se continue jusqu’à ce que toutes les cartes aient été jouées.

Suivre

Le joueur qui entame peut jouer n’importe quelle couleur.
Les autres doivent toujours suivre (jouer une carte de la même couleur s’ils en ont une). Si un joueur n’a pas la couleur demandée, il joue n’importe quelle autre carte.
Le pli est emporté par la carte la plus forte dans la couleur entamée.

La fin de la partie

La partie se termine quand toutes les cartes données ont été jouées. On compte alors le nombre de plis que chacun a fait et on le note sur un papier.

Feuille d’instructions numéro 5

L’analyse

A distribuer à tous les participants dans un groupe écrit suffisamment avancé.

Dans un groupe oral avancé ou écrit débutant, vous devez transmettre oralement ces informations.

Dans un groupe oral débutant il serait intéressant de proposer oralement les questions qui paraissent les plus pertinentes pour le groupe.

En sous-groupe, répondez aux questions suivantes.

Désignez un rapporteur pour noter ou mémoriser au maximum les réflexions du groupe et transmettez-les lors de la mise en commun.

  • Chacun raconte brièvement quel a été son itinéraire dans le jeu : s’il a gagné ou perdu, s’il a dû changer de table ou s’il est resté ou même endroit ainsi que les événements marquants du jeu...
  • Chacun exprime les différents sentiments ou les émotions éventuelles qu’il a ressentis au cours du jeu : amusement, énervement, révolte, incompréhension...
  • Chacun exprime comment il a perçu les autres joueurs.
  • Comment avec des règles différentes a-t-on réussi à continuer à jouer ?
  • Comment s’est-on plus ou moins « mis d’accord » ?
  • Qu’est-ce qui a permis d’imposer une règle ? La force, la négociation, l’indifférence ?
  • Voyez-vous un lien entre cet exercice et votre expérience de la communication entre personnes d’origines différentes ?
  • Comment dans cet exercice se sont exprimées les relations de pouvoir par table.

Portfolio


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