SAMBA

Version imprimable de cet article Version imprimable

Résumé du film :

Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent... Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?

Eric Toledano, Olivier Nakache, France, 2014, 1h58

FICHE PEDAGOGIQUE

Télécharger la fiche pédagogique en format pdf

Télécharger les photos des personnages du film en pdf

Télécharger l’activité 10 en pdf

Angle d’attaque : jusqu’où faut-il aller pour être intégré … ?

Activité 1 : évocation de mes souvenirs, de mes émotions quand je suis arrivé en Belgique, en Europe

En duos, les participants se racontent leur arrivée en Belgique en précisant si possible :

  • Où je suis arrivé
  • est-ce que j’étais attendu à mon arrivée
  • Chez qui je suis arrivé
  • Quand est-ce que je arrivé
  • A quel âge je suis arrivé
  • Pourquoi j’ai choisi la Belgique

Lors de la mise en commun, chaque membre du duo résume l’arrivée en Belgique de son partenaire.

Le formateur reprend toutes les informations dans un tableau sur une grande feuille.

On peut aussi petit à petit constituer une fiche de présentation individuelle de chaque apprenant en reprenant tous ces éléments.

Si les participants sont écrivains, ils peuvent eux-mêmes compléter leur fiche , sinon ils peuvent la dessiner.

Le formateur peut aussi intervenir en appui pour l’élaboration de cette fiche.

Remarque  : Le formateur aura préparé une feuille par participant reprenant les intitulés des différents éléments et le nom du participant.

Activité 2 : d’où je viens, où suis-je arrivé …

Matériel  :

  • Une grande carte du monde
  • Des bandelettes reprenant le prénom de chaque participant du groupe
  • Des punaises
  • De la ficelle

A partir d’une grande carte du monde, affichée sur un mur, chaque participant place à l’aide d’une punaise une bandelette reprenant :

  • son nom
  • son pays d’origine et
  • son premier pays d’accueil.

Il relie les deux bandelettes à l’aide d’une ficelle et raconte son parcours.

Activité 3 : qu’est-ce que j’ai dû faire (accepter, renoncer, changer) pour pouvoir m’intégrer en Belgique ?

En duo, réfléchir sur au moins 2 choses qui ont changé « chez moi » pour que je m’intègre en Belgique.

Mise en commun en grand groupe.

Le formateur prend note pour y revenir après le film.

Activité 4 : travail sur la notion d’intégration

En un premier temps, on regarde une vidéo toute courte à propos de l’intégration.

Adresse pour voir la vidéo sur internet :

http://www.dailymotion.com/video/xbsejy_pas-facile-de-s-integrer_fun

En un second temps, le formateur dispose le photo-langage sur l’intégration repris en annexe sur une table.

Chaque participant choisit une image qui pour lui évoque ou n’évoque pas l’intégration.

Ensuite, en sous-groupes, les participants s’expliquent leur photo et construisent ensemble leur définition de l’intégration.

Mise en commun en grand groupe.

Pour synthétiser l’activité, le groupe débat sur les conditions nécessaires pour que les personnes puissent bien « s’intégrer » dans le pays qui les accueille.

Activité 5 : travail autour des définitions de l’intégration.

Le formateur invite les participants à découvrir une des définitions de l’intégration reprises ci-dessous qu’il aura reproduites sur papier.

Si les participants sont lecteurs, ils peuvent aussi chercher des définitions eux-mêmes dans le dictionnaire.

Si les participants ne sont pas lecteurs, le formateur lira une des définitions aux participants.

Le Robert Junior :

Intégration : le fait de s’intégrer, de trouver sa place dans un groupe. L’intégration des handicapés dans les entreprises.

NB : Nous invitons les formateurs qui souhaitent approfondir le concept d’intégration à prendre connaissance du chapitre repris à la fin de la fiche qui y est consacré.

Extrait du lexique de « Une brève histoire de l’immigration en Belgique » (Marco Martinello et Andrea Rea)

Intégration : L’intégration culturelle désigne le processus par lequel des relations harmonieuses vont se développer entre les différents groupes qui vivent dans une société donnée, sans que les individus et les groupes perdent leurs caractéristiques culturelles.

L’intégration peut aussi être socio-économique et politique.

L’intégration socio-économique désigne le processus par lequel les personnes et les groupes préalablement exclus accèdent aux mêmes droits et atteignent le même niveau de participation que les autres citoyens dans la sphère socio-économique (l’emploi, le logement, la santé, l’éducation, etc …)

L’intégration politique désigne un processus analogue dans la sphère politique (droits de vote, d’éligibilité, etc …).

Activité 6 : travail sur les personnages principaux du film

Sur base des photos de Samba et d’Alice, de Wilson en sous-groupes, les participants émettent des hypothèses sur :

  • Qui est-il ?
  • qui est-elle ?
  • D’où viennent-ils ?

Activité 7 : pour rentrer dans le film

On visionne une séquence où on voit un dialogue entre Samba et Alice dans un appartement.

Minutage : 01.10.10 ---) 1.11.13

Les participants, en sous-groupes, émettent des hypothèses sur :

  • Qui sont –ils ?
  • Quels sont les liens entre ces personnages ?
  • Où est-ce que cela se passe ?

On visionne la séquence, sans le son, où Samba rencontre pour la première fois Alice et sa collègue. La scène se passe dans un bureau du centre fermé. On arrête la vision juste avant l’apparition du policier.

Minutage : 06.11 ---) 07.20

Les participants émettent des hypothèses sur ce qui se dit dans cette scène et où cela se passe à leur avis.

Le formateur prend note des différentes hypothèses.

Activité 8 : Poursuite du travail sur les personnages du film/Samba

On visionne la scène qui se déroule au tribunal et où Samba répond aux questions de la Juge.

Minutage : 21.58 ---) 22.33

Après avoir vu cette séquence, les participants émettent des hypothèses sur ce qui va se passer pour Samba à l’issue de la comparution.

Le formateur prend note.

Activité 9 : Mise en garde

A l’issue de ces activités, il nous paraît primordial que le formateur explique aux participants que dans le film il y a quelques scènes très courtes qui risquent de les heurter : on y voit simplement des couples qui s’embrassent ou Samba massant Alice, …

Le formateur rassure les participants en précisant que dans aucune de ces scènes on voit des couples qui font l’amour, qu’elles ne vont pas plus loin que le massage, ou des baisers.

Le formateur peut suggérer aux participants de fermer les yeux si certaines images les dérangent.

Il peut se saisir de l’occasion pour entamer un travail de réflexion sur les images qui dérangent, puisque nous en avons toutes, et face à ces images qui dérangent chacun adopte sa propre stratégie.

Il insistera pour que le groupe vienne voir le film, parce qu’il en vaut la peine et que l’objectif de cette projection n’est vraiment pas de heurter qui que ce soit mais bien de voir un beau film qui parle d’intégration, d’immigration, …

Le formateur pourrait même aller jusqu’à montrer au groupe les scènes qui risquent de heurter les participants, avant d’aller voir le film, pour que les participants soient avertis et qu’ils se rendent compte que ces scènes ne sont pas franchement scandaleuses.

Scène où Samba masse le dos d’Alice :

Minutage : 1.13.08 ---) 1.14.13

Scène où la copine d’Alice embrasse Wilson :

Minutage : 1.22.03 ---) 1.22.32

Scène où Samba et Alice s’embrassent :

Minutage : 1.31.44 ---) 1.32.37

ON VA VOIR LE FILM

APRES LA VISION DU FILM

Activité 10 : travail sur les émotions, les ressentis après avoir vu le film

Selon le niveau du groupe ; le formateur adaptera l’activité et y inclura un travail de vocabulaire en français et une recherche au dictionnaire de définitions si nécessaire.

Sur base de la liste ci-dessous reprenant à la fois le ressenti/l’émotion et son terme « générique », le formateur aura préparé des languettes reprenant sur une des faces de la languette l’émotion et au dos son nom :

  • J’ai été heureux, content, joyeux / le bonheur, la joie
  • J’ai été heureuse, contente, joyeuse / le bonheur, la joie
  • J’ai été angoissé / l’angoisse
  • J’ai été angoissée/l’angoisse
  • J’ai été stressé / le stress
  • J’ai été stressée / le stress
  • J’ai été inquiet / l’inquiétude
  • J’ai été inquiète/ l’inquiétude
  • J’ai été étonné/ l’étonnement
  • J’ai été étonnée / l’étonnement
  • J’ai été surpris / la surprise
  • J’ai été surprise / la surprise
  • J’ai été touché / la tendresse
  • J’ai été touchée/la tendresse
  • J’ai été fâché, furieux / la colère
  • J’ai été fâchée, furieuse / la colère
  • J’ai été énervé / l’énervement
  • J’ai été énervée / l’énervement
  • J’ai été contrarié/la contrariété
  • J’ai été contrariée / la contrariété
  • J’ai été triste/la tristesse, le chagrin
  • J’ai été déçu / la déception
  • J’ai été déçue / la déception
  • J’ai eu peur / la peur
  • J’ai eu honte/la honte
  • J’ai eu pitié/la pitié

Activité11 : A propos des recommandations de l’oncle de Samba

On visionne la séquence où l’Oncle de Samba lui fait une série de recommandations.

Minutage : 27.00 ---) 28.12

Après la vision de cette séquence, le formateur peut lire au groupe la transcription du dialogue.

Si les participants sont lecteurs, ils peuvent recevoir une version papier de cette retranscription et la lire.

Transcription du dialogue :

Oncle  :

« OQTF » (= Obligation de quitter le territoire français), c’est pas bon.
Tu vas devoir te faire encore plus discret.
Tiens, regardes ta chevalière ; ça pue le « sans papier » à plein nez ;
ça fait dix ans que tu es là et tu ne comprends toujours rien.

Samba :

J’ai très bien compris, ne t’inquiètes pas pour moi.

Oncle :

Ecoute Samba, à partir de maintenant, tu vas t’habiller autrement. A l’européenne.
Veste, pantalon avec mallette en cuir. Comme un homme d’affaires qui va au bureau.
Tu prends dans ma pile un magazine, tu le mets sous le bras.
Et tu me jettes tes vieilles chaussures pourries.
Tu restes calme et discret, comme je t’ai toujours appris. Et surtout, ne sors pas si tu as bu.

Samba :

Mais je bois pas. C’est pas parce que une fois tu m’as vu, une fois seulement…

Oncle :

Laisse-moi finir. Tu évites les gares, les grosses stations de métro comme « Châtelet » , et « Nation ».
Après 18 heures, tu prends plutôt le bus. Et, dernière règle
importante : tu ne triches pas dans le métro. Il y en a qui, à cause d’un ticket, ils ont dû quitter la France.

Ensuite, en deux sous-groupes, les participants répondent aux questions suivantes :

  • Sous-groupe 1 : quels sont les conseils que l’Oncle donne à Samba
  • Sous-groupe 2 : pourquoi est-ce que l’Oncle donne ces conseils à Samba à votre avis ?

Activité 12 : évocation de l’arrivée en Belgique des participants

Reprise de la « synthèse » faite aux activités 3 et 4 et 10.

Travailler autour de « et vous quand vous êtes arrivés ; est-ce que quelqu’un vous a donné des conseils ? Quels conseils ? Pourquoi à votre avis ?

On peut éventuellement revoir la petite vidéo de « Samba s’intègre » :

http://www.dailymotion.com/video/xbsejy_pas-facile-de-s-integrer_fun
Le formateur relance la discussion si nécessaire et prends des notes.

Activité 13 : conclusion

Quels seraient les propositions des participants pour que les personnes puissent bien « s’intégrer » dans un pays d’accueil ?

Discussion en grand groupe, puis proposition d’une des activités reprises ci-dessous ou d’une autre activité imaginée par le groupe :

  • Le groupe écrit une lettre aux autorités (premier ministre, président de l’UE et du Conseil Européen, …)
  • Un jeu de rôle : une personne joue une de ces autorités et les autres des migrants, des autochtones, …
  • Le groupe rédige une charte, comprenant des témoignages, des photos, des propositions,…

POUR APPROFONDIR LA NOTION D’INTEGRATION, D’ASSIMILATION

Intégration (sociologie)

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Int%C3%A9gration_%28sociologie%29

Historique

Le sociologue Émile Durkheim fut un des premiers à théoriser la notion d’intégration en en analysant les modes d’attachement des individus à la société (travail, religion, famille, etc.) sur la base de leur « vouloir vivre ensemble ».

Il définit l’intégration comme la propriété d’une société dont les relations entre les membres sont intenses et l’oppose à l’anomie, caractéristique d’une société produisant des conduites individuelles désorientées.

Durkheim distingue les communautés à faible division du travail où la solidarité est mécanique et les sociétés à forte division du travail (société industrielle de son temps) où la solidarité est organique et ne peut plus être assumée par les seuls facteurs familiaux et religieux mais nécessite l’existence de l’État pour « assurer solidarité
et moralité » dans une société intégrée. Les thèses de Durkheim apparaissent dans un contexte de construction de l’État-providence en France (lois de protection des travailleurs, développement de l’enseignement public gratuit, etc.) et ont contribué à légitimer l’idéologie laïque et républicaine.

Rejet de la notion d’intégration par les sociologies des années 1960-1970.

Dès les années 1960, de nombreux courants sociologiques rejettent ou dépassent le modèle théorique de l’intégration durkheimienne : les sociologues néo-marxistes réfutent le rôle de régulateur de l’État dans un contexte de lutte des classes dans la mesure où l’État penche selon eux toujours du côté des possédants capitalistes.

Alain Touraine et sa sociologie actionnaliste étendent la question de l’intégration aux questions débordant les notions de classe (femmes, homosexuels, etc.). Michel Foucault et les penseurs du CERFI interrogent la notion d‘intégration durkheimienne, en dénonçant la fonction répressive de normalisation et de contrôle social exercé par les institutions (école, famille, etc.).

Actualisation de la notion d’intégration

Plusieurs courants de pensée contemporains ont proposé une approche renouvelée de la notion d’intégration, l’associant à celle du lien social et de la citoyenneté, parfois en lien avec l’immigration ou en prenant en compte les aspects économiques.

Intégration et inégalités

Le sociologue Robert Castel a analysé le rôle historique du salariat comme matrice de l’intégration sociale, dans ce qu’il appelle « la société salariale » avec le développement massif des protections sociales qui en ont découlé durant la période de plein-emploi des Trente glorieuses.

Le contexte de la crise économique dès les années 1970 et de la montée du chômage a contraint à revoir progressivement ce modèle.

Plusieurs chercheurs ont depuis ausculté le lien entre intégration et inégalités. Ils pointent vers différents facteurs contribuant de façon croissante à la désintégration sociale tels que le chômage, la précarité professionnelle, la pauvreté, les difficultés d’accès à l’emploi des jeunes, l’essoufflement de la massification scolaire ou la ségrégation urbaine.

Leurs travaux ont souvent montré un cumul des inégalités : aux inégalités économiques peuvent souvent correspondre d’autres formes d’inégalités pouvant se comprendre comme une moindre intégration (réseau d’amis moins étendu, faiblesse des liens familiaux, etc.).
Politiques publiques d’intégration.

En France, de nombreuses politiques publiques parfois appelées politiques de cohésion sociale, de solidarité ou d’insertion ont vu le jour dans le but affiché de remédier aux inégalités potentiellement désintégratrices : par exemple la création des zones d’éducation prioritaires en 1981, l’entrée en vigueur du RMI en 1988, la création des ZUS en 1996 ou la création de la HALDE en 2005.

Intégration et postmodernité

La notion d’intégration a également été analysée par les penseurs de la postmodernité qui ont mis en avant son caractère de fragmentation des identités et des repères. Pour Zygmunt Bauman par exemple, l’intégration sociale dans la société contemporaine (qu’il nomme "société liquide") est assurée par le cadre référentiel de la consommation et la valorisation de la liberté de consommer.

Intégration et immigration

En France, à la fin des années 1980, pour aborder la question des personnes immigrées en France et vouées à y rester, le terme d’intégration s’impose au détriment de celui d’immigration sédentarisée, tant au niveau institutionnel (nomination d’un Secrétaire général à l’intégration en 1989) que dans le débat public et chez les chercheurs.

L’intégration peut concerner des personnes immigrées non pourvues de la nationalité du pays d’accueil, ou des personnes qui ont acquis cette nationalité, voire sont nées avec, mais qui ne seraient pas encore pleinement insérées dans la société.

Dominique Schnapper publie en 1991, un ouvrage postulant le rôle intégrateur de la nation par le biais des institutions étatiques, tout en relevant d’autres modalités d’intégration : l’activité économique et l’univers des relations familiales et sociales.

Elle définit l’intégration comme les formes de participation [des populations migrantes] à la société globale par l’activité professionnelle, l’apprentissage des normes de consommation matérielle et l’adoption des comportements familiaux et culturels.

Débats sur le modèle d’intégration

Le modèle politique français d’intégration des personnes issues de l’immigration, national et républicain, est débattu sur deux points principaux : l’assimilation et le communautarisme.

Intégration ou assimilation ?

L’intégration est souvent assimilée à un modèle social et politique de gestion des immigrés dans un pays. Ce modèle est fondé sur l’idée que les immigrés font partie, de manière provisoire ou définitive, de la communauté nationale, et possèdent donc les mêmes droits (accès au système de protection sociale, d’éducation et de santé, parfois même au droit de vote aux élections locales) et sont assujettis aux mêmes devoirs (excepté ceux étroitement liés à la nationalité, pour ceux qui n’ont pas la nationalité du pays d’accueil).

Chacun accepte alors de se constituer partie d’un tout où "l’adhésion aux règles de fonctionnement et aux valeurs de la société d’accueil, et le respect de ce qui fait l’unité et l’intégrité de la communauté n’interdisent pas le maintien des différences".

L’intégration est ainsi comprise comme la recherche d’un consensus entre les différentes cultures dans le cadre public.

Toutefois, ce processus d’intégration étant asymétrique en raison de l’existence des rapports de force et d’intérêt très différents selon les parties qui s’intègrent, il peut se transformer en injonction d’assimilation vis-à-vis des immigrés.

Le terme d’assimilation, hérité de l’époque coloniale, désigne une adhésion totale par les immigrés aux normes de la société d’accueil, les expressions de leur identité et de leurs spécificités socioculturelles d’origine sont alors strictement limitées à la sphère privée. L’individu est alors "moulé dans un modèle social unique.

En France, les débats sur l’interdiction des symboles religieux à l’école, en particulier du voile islamique, illustrent la tension entre les termes d’intégration et d’assimilation. Le respect de cette forme de la laïcité devenant pour les uns une condition de l’intégration et pour les autres une tentative d’assimilation.

Intégration versus communautarisme

Le modèle républicain français d’intégration se différencie du modèle du communautarisme, dans lequel le respect des traditions ethniques et la liberté individuelle de choisir son mode de vie et ses valeurs priment.

Macération culturelle et économique

Dans les faits, on distingue souvent deux types d’intégration :

  • culturelle : les individus participent à la vie commune, par exemple, parlent la langue nationale... s’ils ne conservent pas des traditions propres et si la société nationale n’intègre pas elle-même des éléments culturels des immigrés, cette intégration culturelle s’approche de la notion d’assimilation.
  • économique : les individus occupent un travail stable qui leur procure un revenu permettant des conditions de vie décentes.

On peut avoir une vie en communauté repliée sur elle-même culturellement mais ayant réussi son intégration économique, ou à l’inverse une communauté bien intégrée culturellement mais cantonnée à des emplois précaires et mal rémunérés, voire à une pauvreté.

Sur le plan culturel, les travaux de Dominique Schnapper ont montré une convergence, depuis plusieurs générations, du point de vue des idéaux culturels au niveau des goûts et des intérêts, entre les enfants de migrants et les enfants d’origine française ou allemande.

Le terme « intégration » est souvent utilisé à tort à propos d’enfants d’immigrés nés sur le sol national ou arrivés en bas âge.

En effet, ces personnes ont été dès le départ insérées dans le tissu social, notamment par la fréquentation de l’école.

Cet emploi abusif marque en général le fait que ces individus vivent dans des conditions sociales difficiles (échec scolaire, chômage), et marque un échec de la politique d’intégration puisqu’ils n’ont pas eu les mêmes chances que les enfants de citoyens « ordinaires ».

Cette mise à l’écart sociale s’accompagne souvent d’un repli identitaire vers les coutumes et les valeurs culturelles des parents, alors même que souvent les individus n’ont jamais connu le pays d’origine de leurs parents. L’intégration est souvent difficile pour les personnes ne parlant pas la langue de leur pays d’accueil.

Assimilation culturelle

Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Assimilation_culturelle

L’assimilation culturelle est une forme d’acculturation, au cours de laquelle un individu ou un groupe abandonne totalement sa culture d’origine pour adopter les valeurs d’un nouveau groupe.

Celle-ci n’est qu’une des phases possibles de l’acculturation et, si elle se réalise, elle n’en sera que la phase terminale. Alors que le rayonnement culturel se propage par l’adhésion à la culture étrangère, l’assimilation, elle, peut faire l’objet d’un programme social structuré lorsqu’associé à un projet de société.

Assimilation culturelle s’oppose à intégration culturelle. Dans celle-ci les descendants d’immigrés peuvent conserver une partie de leur culture d’origine dès lors qu’elle est compatible avec les valeurs de la République.

Le traitement de sujet devient central lorsqu’une nation est confrontée aux phénomènes de migrations.

L’assimilation forcée

Un peuple qui abandonne totalement les traits de sa culture propre au profit d’un autre peuple qui le domine est dit subjugué (phénomène de subjugation) ; c’est ce qui arriva aux Gaulois vis-à-vis du conquérant romain puis des gallo-romains qui adoptèrent l’aristocratie des Francs pour les diriger, comme les Celtibères pour les Wisigoths ; les deux peuples fusionnant dans le creuset d’une nation nouvelle.

Plus récemment en Australie entre 1869 et 1969, l’éducation des enfants d’aborigènes d’Australie en orphelinat peut être considérée comme une forme d’assimilation culturelle forcée.

L’assimilation souple

Un peuple qui abandonne volontairement les traits de sa culture propre au profit d’un autre peuple. C’est le cas des Sabins qui, à l’issue de la fondation de Rome, ne se distinguent plus des Romains, à tel point que l’on trouve des rois sabins parmi la monarchie originelle de Rome.

Portfolio


Avec le soutien de :