Les cerfs-volants de Kaboul

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Marc Forster, USA, 2007, 2h02

Avec Khalid Abdalla, Atossa Leoni, Shaun Toub

Amir est pachtoune et fils du maître, quand Hassan, fils du serviteur, appartient à l’ethnie hazara,
dominée et opprimée depuis toujours. En 1975, à l’occasion du traditionnel tournoi de cerfs-volants,
tout bascule : Amir assiste, passif, à une terrible agression à l’encontre de Hassan. Rongé de culpabilité
et honteux de sa lâcheté, il préfèrera, perfide, l’accuser à tort et l’éloigner de lui. Quand des années
plus tard, le fils de son ancien ami se trouve en grand danger aux mains des Talibans, nouveaux maîtres
du pays, Amir voit là l’occasion de racheter sa faute et de mettre un terme à la culpabilité qui le ronge.
Face aux démons du passé, il n’est pourtant pas aisé de trouver la voie de la rédemption …


Fiche pédagogiques liée

Résumé du film

Amir est Pachtoune et fils du maître, quand Hassan, fils du serviteur, appartient à l’ethnie Hazara, dominée et opprimée depuis toujours.

En 1975, à l’occasion du traditionnel tournoi de cerfs-volants, tout bascule : Amir assiste, passif, à une terrible agression à l’encontre de Hassan. Rongé de culpabilité et honteux de sa lâcheté, il préfèrera, perfide, l’accuser à tort et l’éloigner de lui. Quand des années plus tard, le fils de son ancien ami se trouve en grand danger aux mains des Talibans, nouveaux maîtres du pays, Amir voit là l’occasion de racheter sa faute.

Face aux démons du passé, il n’est pourtant pas aisé de trouver la voie de la rédemption …

Marc Forters, USA, 2007, 2h02.

(Adaptation du livre « les cerfs-volants de Kaboul », Khaled Hosseini, éditions 10/18)

Fiche pédagogique

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Angle d’attaque : peut-on être amis dans un rapport socio-économique inégalitaire ?

INFORMATION PRATIQUE : tous les minutages sont calculés avec le logiciel VLC.

Pour commencer, quelques définitions à propos de l’amitié

Petit Robert :

Sentiment réciproque d’affection ou de sympathie qui ne se fonde ni sur les liens du sang ni sur l’attrait sexuel (affection, camaraderie, sympathie, )

Larousse :

  • Sentiment d’affection entre deux personnes ; attachement, sympathie qu’une personne témoigne à une autre : être lié d’amitié avec quelqu’un.
  • Bienveillance, gentillesse, courtoisie chaleureuse manifestées dans les relations sociales, privées, mondaines : dire un mot d’amitié. Fais-nous l’amitié de venir dîner.
  • Relations entre collectivités fondées sur le bon voisinage, la bonne entente, la collaboration : Conclure un traité d’amitié.

AVANT D’ALLER VOIR LE FILM

Activité 1 : évocation autour du concept « amitié »

Consigne : le formateur demande aux participants de réfléchir individuellement à la question suivante : « qu’est-ce que vous attendez d’un ami ? »

Après un temps de réflexion individuel, mise en commun selon une de variantes proposées :

  • le formateur écrit tous les mots qui se disent dans le groupe sur une grande feuille ;
  • sur une grande feuille, les apprenants écrivent des mots, dessinent quelque chose qui les fait penser à leurs attentes vis-à-vis d’un ami ;
  • à partir du « Motus » chacun choisit une image qui pour lui répond à ses attentes vis-à-vis d’un ami.

Activité 2 : où et quand ?

Consigne : à partir de la vision consécutive de plusieurs séquences du film en cascade, en sous-groupes, les participants émettent des hypothèses sur le pays où le film se déroule.

Mise en commun des sous-groupes. Le formateur prend note des hypothèses.

Minutage :

1. 23.32 ----) 23.54

2. 51.25 ---) 51.59

3. 1.23.17 ---) 1.23.46

Activité 3 : travail autour des rapports sociaux

Consigne  : on regarde 3 extraits du film les uns à la suite des autres.

Minutage des 3 scènes : (sur pc, avec logiciel VLC)

1. 14.30 ---) 15.55

2. 17.45 ---) 18.33

3. 40.33 ---) 40.47

Ensuite, en sous-groupes, les participants dressent le portrait de chaque personnage et les liens de ce personnage avec les autres en répondant aux questions suivantes :

  • que nous racontent ces scènes ?
  • qui fait quoi ?
  • que fait Amir ?
  • que fait Hassan ?
  • qui tutoie qui ?
  • quels sont les liens entre les enfants ?

Mise en commun en grand groupe. Le formateur prend note des hypothèses sur une grande feuille.

Activité 4 : travail sur les personnages principaux du film

Consigne : en sous-groupes, à partir des photos des personnages que le formateur aura (reproduites en autant d’exemplaires que de sous-groupes) (voir galerie photo en bas de la fiche) et à partir des extraits du film déjà vus dans les activités précédentes, les participants répondent aux questions suivantes :

  • selon vous qui sont ces personnages ?
  • quels sont les liens de ces personnages entre eux ?

Mise en commun en grand groupe. Le formateur note les hypothèses sur une grande feuille.

Mise en garde

A l’issue de ces activités, il nous paraît primordial que le formateur explique aux participants que dans le film il y a deux scènes qui risquent de les heurter. Il s’agit de la scène du viol d’Hassan et de la lapidation d’une femme adultère.

Activité 5 : travail autour de la scène du viol

Consigne : on écoute la séquence du viol, si nécessaire plusieurs fois (attention : on masque l’image).

Minutage : 29.26 ---) 31.08

Le formateur peut aussi lire le dialogue retranscrit ci-dessous.

Ensuite, en sous-groupes on émet des hypothèses sur ce qui se passe dans cette scène :

  • combien sont-ils ?
  • qui parle ?
  • qu’est-ce qu’ils disent ?
  • Que se passe-t-il ?

Transcription du dialogue :

- Alors, Hazara, où il est ton lance-pierre ?

Tu fais moins le fier aujourd’hui.

Je suis d’humeur à pardonner.

Qu’est-ce que vous en pensez les gars ?

-  Quelle générosité, surtout après la manière dont il
s’est comporté l’autre fois.

-  Passons là-dessus. C’est oublié.

Bien sûr, rien n’est jamais gratuit dans ce monde.

Je te pardonne, mais en contrepartie, il faut que
tu me donnes quelque chose.

-  Rien n’est jamais gratuit.

-  T’as de la chance Hazara, aujourd’hui ça ne te coûtera
que ce cerf-volant.

Mon offre est correcte. Vous trouvez pas les gars ?

-  Si, je trouve que c’est une offre plus que correcte.

-  C’est à Amir Aga, c’est sa récompense. Il a remporté
Le tournoi. J’ai couru pour rapporter ce cerf-volant.

C’est à personne d’autre.

-  Le fidèle Hazara, le brave toutou …

Mais avant de te sacrifier pour lui, réfléchis un peu.

Est-ce qu’il ferait la même chose pour toi ?

Tu veux que je te dise pourquoi il joue avec toi seulement
quand ses copains sont pas là ? Hein ?

Je vais te dire pourquoi Hazara.

Parce que pour lui, t’es qu’un sale animal domestique,
Un jouet pour se distraire quand il s’ennuie, et sur lequel
il peut taper quand il est en colère.

-  Amir Aga et moi, on a toujours été amis.

-  Tu veux rire pauvre idiot.

Donne, allez donne moi ça.

C’est ta dernière chance.

-  Comme tu veux, garde-le. Je te laisse ton cerf-volant,
pour que t’oublies jamais ce que je vais te faire subir.

-  Rien n’est gratuit ….

Mise en commun en grand groupe. Le formateur prend note des hypothèses.

On va voir le film

Après la vision du film

On commence par vérifier les hypothèses émises lors des activités 2, 3 , 4 et 5.

Remarque :

Quand le formateur abordera les hypothèses émises à l’activité 3 (qui traite de « où et quand ») et selon le niveau de son groupe, il peut intégrer les informations sur le contexte socio-politique et géographique reprises en fin de fiche.

Activité 6 : approfondissement de l’analyse des rapports sociaux existant entre les personnages du film.

Consigne : on regarde la séquence où Ali annonce à son patron qu’il part avec son fils.

Minutage : 42.58 ---) 43.45

En sous-groupes, les participants analysent cette scène : que nous raconte-elle sur les relations entre les personnages.

Mise en commun en grand groupe.

Activité 7 : retour sur la scène du viol

Consigne : on visionne la scène où Hassan est suivi dans les rues de Kaboul par la bande de jeunes pashtouns et où ils le violent.

On arrête la vision avant le viol.

Minutage : 26.29 ---) 31.08

On regarde ensuite la scène où Amir et Hassan se retrouvent après en rue et où Amir ne dit pas à Hassan qu’il a vu la scène ….

Minutage : 32.00 ---) 32.34

En sous-groupes les participants répondent aux questions :

  • que disent les personnages dans cette scène ?
  • pourquoi Amir n’est pas intervenu à votre avis ?
  • pourquoi après, quand Amir rejoint Hassan, il ne lui dit rien par rapport à ce qui s’est passé ?

Activité 8 : pour se décentrer par rapport au film

Consigne : on visionne à nouveau la scène du viol et on l’arrête avant le viol.

Minutage : 29.26 ---) 31.08

En sous-groupes, les participants imaginent ce que Hassan aurait pu faire pour éviter l’agression.

Lors de la mise en commun, chaque sous-groupe expose ses propositions, le formateur prend note de toutes les propositions.

Quand tous les sous-groupes se sont exprimés, on peut entamer une discussion sur les divergences éventuelles entre sous-groupes.

Activité 9 : en guise de conclusion

En grand groupe ou en sous-groupes, les participants répondent à la question "selon vous, peut-on être amis dans un rapport inégalitaire ?"

Cette question peut être formulée de manière plus simple :

  • Hassan et Amir sont-ils amis ?
  • Pourquoi oui ?
  • Pourquoi non ?

Ensuite, le formateur revient sur l’activité 1 pour permettre aux participants de revisiter leur conception de l’amitié.

Consigne : le formateur demande aux participants de réfléchir à nouveau individuellement à la question suivante :

« qu’est-ce que vous attendez d’un ami ? »

Après un temps de réflexion individuel, mise en commun selon une de variantes proposées :

  • le formateur écrit tous les mots qui se disent dans le groupe sur une grande feuille ;
  • sur une grande feuille déposée sur une table, les apprenants écrivent des mots, dessinent quelque chose qui les fait penser à leurs attentes vis-à-vis d’un ami ;
  • à partir du « Motus » chacun choisit une image qui représente ses attentes vis-à-vis d’un ami et l’explique aux membres du groupe.

Pour comprendre le contexte socio-politique du film

Les informations reprises ci-dessous vous aideront à mieux prendre la mesure du contexte socio-politique dans lequel l’histoire des « Cerfs Volants de Kaboul » s’inscrit.

A charge pour les formateurs d’adapter les contenus de cette rubrique aux niveaux des groupes d’alphabétisation.

Géographie : l’Afghanistan et ses pays voisins

L’Afghanistan est un pays montagneux avec des plaines au Nord et au Sud-Ouest. Le point le plus haut du pays, à 7 485 m au-dessus de la mer, est Nowshak.

De grandes parties du pays sont arides, et l’eau fraîche est limitée. L’Afghanistan a un climat continental, avec des étés chauds et des hivers froids. Le pays est fréquemment sujet aux tremblements de terre.

Les villes principales de l’Afghanistan sont sa capitale Kaboul, Herat, Jalalabad, Mazar-i-Sharif et Kandahar.

Démographie

(Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Afghanistan)

Groupes ethnolinguistiques de l’Afghanistan (CIA, 1997).

L’Afghanistan n’a jamais réalisé un recensement systématique de sa population, les chiffres exacts sur la taille et la composition des divers groupes ethniques ne sont pas disponibles. Les chiffres suivants manquent de fiabilité.

Les Pachtounes forment le plus grand groupe estimé à plus de 42 % de la population.
Le deuxième grand groupe linguistique parle le dari comprenant les Hazaras (9 %) qui habitent le centre et les Tadjiks (27 %) (ou les Fars). Les Ouzbeks sont 9 %.

Il y a également une présence non négligeable de tribus telles les Aimak (4 %), les Turkmènes (3 %), les Baloutches (< 2 %), les Pashayis, les Kirghizes et les Nouristanis. Le bilinguisme est commun. Un petit nombre de minorités ethniques allogènes d’origine indienne, principalement des sikhs et des hindous, parlent le panjâbî.

Les Afghans sont majoritairement musulmans avec approximativement 80-89 % de sunnites et 10-19 % de chiites. Le reste d’entre eux est hindou, sikh, juif ou chrétien.

Les hindous et sikhs représentent aujourd’hui 0,3 % mais 1 % dans les années 1970 car beaucoup ont fui pendant la guerre civile des années 1990 vers les contrées voisines, l’Europe ou l’Amérique. Avec la chute des Talibans, des sikhs sont retournés dans la province de Ghazni d’Afghanistan.

Les ressources naturelles de l’Afghanistan

Au Moyen Âge déjà, certains géographes comme l’Arabe Ibn Hauqal (Xe siècle) font état d’une extraordinaire richesse du pays en ces termes : « On se procure à Badakhchan de magnifiques grenats, de splendides pierres précieuses qui valent les rubis par leur beauté et par l’éclat surprenant de leurs coloris roses, grenadins, purpurins ou encore d’une nuance lie-de-vin. C’est également là que l’on extrait le lapis-lazuli, grâce aux nombreux gisements des montagnes environnantes. »

En outre, le pays dispose d’autres innombrables richesses en tout genre et un immense potentiel d’exploitation à l’échelle industrielle. Mises au jour par les géologues soviétiques, elles sont estimées à 1 000 milliards de dollars par des experts américains. La signature d’un protocole d’accord, le 21 novembre 2007, entre le Ministère des mines et deux compagnies chinoises China Metallurgical Group et Jiangxi Cooper Co sur les mines de cuivre d’Aynak, témoigne de ce potentiel.

Le charbon

Le charbon est exploité au début du XXIe siècle de manière quelque peu rudimentaire par des habitants résidant près les gisements.

L’utilisation de celui-ci est encore domestique, essentiellement pour le chauffage. Mais on estime que l’exploitation du charbon en Afghanistan pourrait rendre le pays autosuffisant en termes d’énergie. Reste cependant l’obstacle écologique : à l’heure où tout le monde cherche le moyen de réduire l’émission de CO2 dans l’atmosphère, le choix du charbon comme énergie pourrait consister une erreur stratégique dans le développement à long terme de l’Afghanistan.

Les métaux

On peut notamment citer : le plomb, le zinc, l’alumine, le molybdène, le tungstène, la chromite, la baryte, le lithium, mais aussi des métaux très valorisés comme l’étain et le tantale, sans oublier les incontournables que sont le fer et le cuivre.

Pour ce dernier, l’Afghanistan vient d’annoncer la signature de la cession d’exploitation de la mine de cuivre Aïnak, dont la teneur en cuivre est estimée à plus de 57 %.

Les clauses du contrat prévoient un investissement chinois (les gagnants de l’appel d’offre sont China Metallurgical Group et Jiangxi Cooper Co) de 3 500 000 000 $, la construction du chemin de fer reliant le Nord de l’Afghanistan à la frontière pakistanaise, la construction d’une centrale électrique de 400 mégawatts et des royalties calculées sur 40 % des ventes de cuivre réalisées.

En outre, l’Afghanistan a obtenu la construction d’une usine de transformation de minerai en lingots de cuivre, ce qui permettra au pays d’en maîtriser la technologie.

Le fer peut également constituer une source importante de devises pour le pays.

En effet selon Albert-Félix de Lapparent, la teneur en fer des gisements découverts au sud du Bâmiyân (centre de l’Afghanistan), dans la région de l’Hadjigak, est de l’ordre de 60 %. L’exploitation des minerais de fer n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour, mais représente un immense potentiel pour le pays.

Par ailleurs, des gisements d’or ont également été découverts dans des régions assez éloignées les unes des autres.

Au Badakhchan, fut découverte dans les années 1960 une importante mine d’or qui n’est pas encore exploitée. Plus récemment une autre mine d’or a été découverte en 2003 près d’Herat à l’Ouest de l’Afghanistan. L’exploitation a déjà commencé et c’est une entreprise britannique qui l’assure.

Ces gisements de métaux ferreux et non ferreux constituent un potentiel de développement et de croissance considérable tant pour le pays que pour les entreprises qui envisagent d’y investir.

Pierres ornementales

Depuis l’Antiquité, l’Afghanistan est la source principale de lapis-lazuli pour toute la planète.

Cette pierre ornementale incrustée de quartz a servi à fabriquer des bijoux qu’on a retrouvés dans les tombes des nobles aussi bien en Inde, qu’en Chine et même en Égypte antique.

En outre, le lapis-lazuli a servi de pigment bleu pour la peinture de la période de la Renaissance en Europe.

À titre d’exemple, citons le bleu éclatant qui a servi à peindre le ciel sur le dôme de la chapelle Sixtine au Vatican, ou le bleu des palais nasrides à Grenade en Espagne musulmane, ce pigment bleu provient du lapis-lazuli venu sur le dos des chameaux afghans.

Pierres précieuses

En ce qui concerne les pierres précieuses, hormis le diamant, l’Afghanistan contient quasiment toutes les autres pierres précieuses, parmi lesquelles on peut citer l’émeraude, le rubis, le saphir.

Le pays a même donné son nom à une pierre : l’afghanite.

Le commerce de l’émeraude et de lapis-lazuli a permis au commandant Ahmad Shah Massoud de payer la guerre coûteuse qu’il menait contre les talibans.

Énergies fossiles

Le pays possède d’importants gisements de gaz naturel dont l’exploitation avait commencé il y a plus de 60 ans déjà.

Dans les années 1980, les réserves étaient estimées par la Banque mondiale à 140 milliards de m3.

Des études préliminaires réalisées au début du XXIe siècle montrent que ces évaluations ont été sous-estimées d’au moins 18 fois, les réserves réelles seraient donc plus près de 2 520 milliards de m3.

D’autres experts pensent qu’elles sont encore plus vastes puisque les estimations ne concernaient que le nord et l’ouest or certaines poches ont été découvertes dans le Sud et l’Est.

Les réserves de pétrole seraient 90 fois plus grandes que ce que pensaient les Soviétiques dans les années 1980.

Aujourd’hui, des compagnies pétrolières comme Unocal, Texaco, BP et Total se sont installés à Kaboul pour remporter des appels d’offres du gouvernement.

Production de tapis

L’Afghanistan est l’un des plus grands producteurs de tapis du monde.
Ce secteur d’activité emploie plus d’un million de personnes, soit 3 % de la population.

Des millions d’autres personnes travaillent dans des branches d’activités connexes, telles que la production de la laine, la coupe, le lavage et le design.

En 2005, les exportations de tapis de l’Afghanistan ont atteint 140 millions de dollars US, ce qui en fait officiellement le produit d’exportation le plus important du pays.

Selon une étude réalisée pour le compte de l’Agence des États-Unis pour le développement international, l’importance de ce secteur doublerait si le pays pouvait faire revenir les entreprises qui se sont délocalisées au Pakistan.

Seule une petite proportion des tapis au dessin très élaboré et aux belles couleurs est vendue à l’étranger en tant que produits afghans, car plus de 90 % d’entre eux sont envoyés au Pakistan pour la coupe, le lavage et la finition. Ils sont alors exportés avec une étiquette indiquant qu’ils ont été fabriqués au Pakistan.

Narco-économie

Depuis le retrait des troupes soviétiques, la production d’opium est une source importante de revenus pour les Afghans.

Ainsi dans son livre Afghanistan - Opium de guerre, opium de paix, le journaliste et sociologue Alain Labrousse estime qu’un tiers de l’économie du pays repose sur le trafic d’opium ou de ses dérivés.

L’Afghanistan est le premier fournisseur mondial d’opium.

Même durant la période des Talibans, sa production a continué, avec plus ou moins un laisser-aller de la part des autorités talibanes.

Le mollah Omar a même déclaré à des journalistes allemands : « À long terme, notre objectif est de nettoyer complètement l’Afghanistan de la drogue.

Mais on ne peut pas demander à ceux dont l’existence dépend entièrement de la récolte de passer du jour au lendemain à d’autres cultures. »

Il a tout de même ajouté que « si des non-musulmans souhaitent acheter de la drogue et s’intoxiquer, ce n’est pas à nous qu’il appartient de les protéger ».

Durant l’été de l’an 2000, les Talibans ont malgré tout décidé de faire cesser complètement la production d’opium, la faisant baisser de plus de 95 %.

Le peu d’opium encore produit en Afghanistan le fut très majoritairement sur des territoires contrôlés par l’Alliance du Nord, dont la province du Badakhchan qui produisit à elle seule 83 % du pavot afghan entre l’été 2000 et la fin de 2001 (estimation de 185 tonnes d’opium produits, dont 151 au Badakhchan).

Depuis la fin de la guerre d’Afghanistan en 2001 et la mise en place d’un nouveau gouvernement, la culture du pavot, qui était déjà diffuse à l’époque des Talibans, a aujourd’hui atteint des niveaux records estimée pour 2006 à 6 100 tonnes, ce qui dépasse largement la demande mondiale et concurrence durement les autres produits de la toxicomanie.

La production par irrigation de légumes ou de fleurs peut s’avérer possible mais est très vulnérable aux sabotages.

Selon le rapport annuel de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), publié le 27 août 2007, la production d’opium en Afghanistan a augmenté de 34 % entre 2006 et 2007.

Le montant total de la récolte de pavot s’élèvera à 8 200 tonnes pour 2007, contre 6 100 tonnes en 2006.

En tout, les terres d’Afghanistan utilisées pour la culture du pavot sont passées de 165 000 hectares en 2006 à 193 000 en 2007. D’après les enquêteurs de l’ONUDC, la culture du pavot se développe essentiellement là où la présence des talibans est très importante, dans le sud, soit à 80 % dans quelques provinces le long de la frontière avec le Pakistan.

(source = lemonde.fr.)

Quelques éléments d’hisoire de l’Afghanistan

(source : http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/geopolitique-de-l-afghanistan-par-26990)

De la création de l’Etat afghan en 1747 au bourbier actuel, Aymeric Chauprade (géopoliticien) retrace l’histoire d’un territoire à l’unité jamais réalisée, dominé par l’ethnie pachtoune, et qui n’a cessé d’attiser la convoitise des grandes puissances. (realpolitik.tv)

Au XIXe siècle, il est le théâtre de l’affrontement entre l’empire russe et l’empire britannique.

En 1919, l’Afghanistan acquiert son indépendance.

A partir de 1945, le pays devient un enjeu stratégique majeur en raison de sa frontière avec l’URSS.

Durant la Guerre froide, l’Afghanistan est soumis à la pression des deux piliers régionaux du système américain, l’Iran et le Pakistan, ainsi qu’à celle de l’Union soviétique, toujours plus influente.

En décembre 1979, l’URSS lance une armée de 500.000 hommes en Afghanistan, provoquée par l’action de Zbigniew Brzeziński ; le stratège américain avait, un an plus tôt, lancé l’opération "Cyclone", une opération de la CIA qui avait pour but de déstabiliser l’URSS en propageant dans ses républiques soviétiques musulmanes des militants islamistes radicaux.

Les Etats-Unis avaient à l’époque conçu une politique de double endiguement de l’URSS et de l’Iran chiite islamique par le soutien d’un islam sunnite fondamentaliste, en s’appuyant sur deux pays clés : l’Arabie saoudite, pour le monde arabe, le Pakistan, pour l’Asie centrale.

Avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan en 1981, la relation entre les Etats-Unis et le Pakistan s’intensifie.

Avec l’aide de la CIA, l’ISI, les services secrets pakistanais, deviennent très puissants.

L’ISI devient, dans les zones tribales, le sous-traitant des opérations conçues par la CIA. Et l’héroïne devient le principal moyen de financement de la guérilla afghane pilotée par l’ISI.

En 1989, l’armée soviétique évacue l’Afghanistan et le régime communiste se maintient jusqu’en 1992.

L’histoire recommence alors, avec la formation d’une coalition anti pachtoune, regroupant d’autres ethnies afghanes, et qui prennent un temps la direction politique du pays.

En 1994, les Talibans font leur entrée sur la scène afghane. Ils sont appuyés par la mafia des transports routiers, l’ISI, et les grands groupes pétroliers : l’américain Unocal et le saoudien Delta Oil, qui veulent désenclaver le pétrole et le gaz turkmènes par l’Afghanistan puis le Pakistan.

Sous le mandat de Bill Clinton, la compagnie Unocal, associée à des intérêts saoudiens, projette de construire un gazoduc qui transportera le gaz turkmène à travers l’Afghanistan, puis le Pakistan, jusqu’à l’océan indien. Mais les seigneurs de guerre, issus de différentes ethnies, et qui contrôlent chacun une portion de territoire, font du chantage. Ils exigent une taxe sur le transit, sinon le gaz ne passera pas.

Unocal décide alors, avec l’appui de la CIA et de l’ISI, de soutenir une solution politique qui dépasse les clivages communautaires, celle des fondamentalistes les plus radicaux.

Les Talibans arrivent ainsi au pouvoir en 1997. Mais après un an de coopération, en décembre 1998, Unocal et les taliban ne s’entendent plus et le projet de gazoduc s’arrête. L’alliance entre Oussama Ben Laden et le Mollah Omar semble devenue incontrôlable, et les Chinois entrent aussi dans le jeu afghan.

Mais en 2001, tout redevient possible pour les Américains.

Le 9 septembre, le seul chef de guerre incontrôlable pour l’Occident, Massoud, meurt assassiné.

Le 11 septembre, les Tours Jumelles s’effondrent à New York et les Américains peuvent alors défaire ce qu’ils avaient fait : les taliban et leur allié Ben Laden. L’opération "Liberté immuable" lancée le 7 octobre permet de créer une coalition autour des Etats-Unis. En cinq semaines, les Talibans sont balayés.

Le 11 août 2003, l’OTAN prend le commandement de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité qui comprend 37 pays contributeurs. Depuis cette date, l’OTAN n’a jamais véritablement réussi à maîtriser la situation du pays. La question qui se pose est : pourquoi ?

Voir la vidéo :
http://www.dailymotion.com/video/xe0igt_geopolitique-de-l-afghanistan-volet_news


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