Le Havre

Le 14 décembre 2019 |  Programmation  Archives  Programmation 2012-2013
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Aki Kaurismäki, 1h33, Finlande/Belgique, 2011

Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans
le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire.
Quand au même moment, Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine avec pour seules armes, son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d’un Etat de droit occidental, représenté par l’étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon réfugié. Il est temps
pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.


Fiche pédagogiques liée

Résumé du film :

Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant.

Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire.

Quand au même moment, Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine avec pour seules armes, son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier.

Il affronte la mécanique aveugle d’un Etat de droit occidental, représenté par l’étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon réfugié.

Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.

Aki KAURISMAKI, 1h43, Finlande/Belgique, 2011.

Fiche pédagogique

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Angle d’attaque : De la solidarité à la sécurité sociale

INFORMATION PRATIQUE : tous les minutages sont calculés avec le logiciel VLC.

OBJECTIFS :

A partir de la vision du film « Le Havre », plusieurs objectifs sont visés par cette fiche pédagogique, sans bien sûr oublier le travail du français oral, écrit et lu :

1. Mettre les spectateurs en questionnement avant d’aller voir le film.

2. Travailler sur le sens esthétique du film avant d’aller le voir.

3. En partant des personnages et de l’histoire du film, comprendre et analyser les différentes facettes et formes que peut revêtir la solidarité.

4. Elargir le champ d’action que peut revêtir la solidarité dans nos vies à titre individuel ou collectif.

5. Comprendre le fonctionnement et le sens de la sécurité sociale, ses formes et ses enjeux ; comme étant une action collective de solidarité.

6. Comprendre le fonctionnement de la sécurité sociale, pour contribuer à la défendre comme acquis social et politique.

AVANT D’ALLER VOIR LE FILM

Activité 1 : Travail à propos du titre du film « le Havre »

Pour les participants lecteurs, on commence par un travail de recherche étymologique sur le mot « havre »

  • dans le dictionnaire :

Havre : nom masculin. Mot littéraire. Refuge, lieu où l’on se sent protégé. Cette maison est un havre de paix. (Dictionnaire Larousse)

  • Sur une carte géo, on situe la ville "Le Havre"
  • Ensuite, les participants observent les photos étalées sur une table et émettent des hypothèses sur ce qui se passe au Havre.
  • Pour terminer l’activité, on regarde un extrait du film où on voit les containers.

Minutage : : 16.58 —) 18.20 (avec le logiciel de lecture VLC sur un pc)

Les participants expliquent ce qu’ils ont vu.

Activité 2 : Organisation d’un débat entre les sous-groupes .

On commence par regarder la scène du film où Marcel se promène le long du port et où il découvre Idrissa dans l’eau.

Attention : on arrête la séquence avant la réponse de Marcel au commissaire)

Minutage : 14.53 —) 16.02

Après la vision de la séquence, il y a tirage au sort (selon la taille de son groupe, le formateur prépare un nombre suffisant de bandelettes pour que chaque participant puisse en tirer une au sort :

  • Sur la moitié des bandelettes figure «  oui, il va dénoncer  »,
  • Sur l’autre moitié figure «  non, il ne va pas dénoncer  »

Chaque apprenant tire une bandelette au sort, et les apprenants forment des sous-groupes en fonction de la bandelette qu’ils ont tirée au sort. Les participants se prononcent sur la réponse qu’ils pensent que Marcel va donner.

Les sous groupes sont constitués et chacun de ces sous-groupes construit ses arguments pour expliquer les raisons pour lesquelles Marcel va dénoncer ou Marcel ne va pas dénoncer.

(ex : Marcel va dénoncer parce qu’il faut obéir à la police ; Marcel ne va pas dénoncer parce qu’il aime bien les enfants, etc …)

Après un laps de temps suffisant pour permettre aux sous-groupes de préparer ses arguments, le débat se déroule.

Le formateur a le rôle de l’animateur de débat, et fait des relances.
Il prend également des notes sur une grande feuille.

On peut terminer cette activité par un rapide tour de table où chacun émet son hypothèse sur la réponse que Marcel va donner.

Le formateur prend note sur une grande feuille de toutes les hypothèses.

Activité 3 : à propos du décor du film ; de la musique du film.

Cette activité est destinée à travailler le caractère volontairement désuet des décors du film qui pourraient troubler certains spectateurs.

  • On visionne la scène où Marcel rentre chez lui avec l’argent qu’il a gagné et une baguette (on peut visionner la séquence plusieurs fois) :

Minutage : 05.04 —) 05.28

Les participants essaient de déterminer l’époque où le film se déroule et les éléments qui l’indiquent (sur la table il y a des billets en euros).

  • On écoute une séquence (attention : seulement le son, le formateur doit masquer l’image)

Minutage : 38.00 —) 39.32

Le groupe essaie de situer cette musique dans le temps.

Activité en sous-groupes :

Mise en commun en grand groupe (le formateur prend note sur une grande feuille)

ON VA VOIR LE FILM

Après la vision du film

Activité 4 : retours après avoir vu le film

Retours sur les activités faites avant la vision du film :

  • Sur l’activité 2 : Qu’est-ce que Marcel a répondu au commissaire
  • Sur l’activité 3 : A votre avis, pourquoi est-ce que dans le film les époques sont mélangées ?

Pour conclure et expliquer les intentions de l’auteur, le formateur expose une synthèse des articles de presse repris dans la section « informations sur le film ».

Activité 5 : travail sur les personnages du film

Télécharger les pdf du puzzle

On travaille sur les personnages qui ont participé à la fuite d’Idrissa à partir des 9 pièces du puzzle joint à la fiche.

Le puzzle représente tous les personnages qui ont participé au départ d’Idrissa vers l’Angleterre).

Les personnages : Marcel, l’oncle d’Idrissa, l’épicier, la patronne du café, le chanteur, Tchang, le marin, le commissaire.

Puzzle : Imprimer les deux photos sur une seule feuille épaisse avec la fonction recto verso, plastifier et découper le puzzle.

Le formateur constitue les sous-groupes.

Il partage les pièces du puzzle entre les sous-groupes.

Chaque sous-groupe a pour mission :

  • d’expliquer le rôle du (ou des) personnage(s) qui figure(nt) sur la(les) pièce(s) du puzzle qu’il a reçue(s), dans l’histoire d’Idrissa.
  • D’expliquer pourquoi ce(s) personnage(s) a(ont) agi comme ça

Activité 6 : construction du puzzle

Les sous-groupes se rassemblent en grand groupe et construisent ensemble le puzzle.

Activité 7

En partant du puzzle construit ; on enlève une pièce à la fois (représentant un des personnages) et le groupe imagine comment se serait déroulée l’histoire si chacun de ces personnages n’avait pas été solidaire :

Ex : … si le chanteur n’avait pas accepté de chanter au concert, …

Activité 8 : à propos de la solidarité.

Le formateur invite les participants en sous-groupes, à citer et à expliquer des histoires de solidarité qu’ils connaissent, auxquelles ils auraient participé :

  • au niveau de la famille,
  • au niveau des voisins,
  • au niveau de leur communauté,
  • au niveau humanitaire,
  • au niveau d’un pays.

Après le travail des sous-groupes, mise en commun en grand groupe.

Activité 9 : lecture de contes

Travail à partir de la lecture d’un des contes extraits du livre « "Iles de contes" publié par "Iles de Paix".

Selon le niveau des groupes différentes activités de lecture à voix haute sont envisageables :

  • le formateur lit le conte au groupe
  • les participants lisent chacun une partie du conte

La couverture

En ce temps-là, la vie des gens était pénible et difficile. Les maisons étaient petites et les assiettes souvent vides ! Les pauvres devaient alors encore se partager la maison … et le peu qu’il y avait sur la table …
Et c’est ainsi que je peux vous parler de cette maison et de ces gens.
Dans cette maison vivaient tant bien que mal un homme, sa femme et leurs neuf enfants.
Le dernier est encore un tout jeune bébé au berceau.
Dans cette maison, avec cette famille, vivait aussi le grand-père.
Il était tout vieux ce père du père, tout tremblant, tout recroquevillé sur sa canne.
Un bon à rien ! disait souvent son fils.
Il nous prend la place et notre pain.

Comme si ce n’était pas déjà si difficile comme ça pour nous !
Le vieil homme était bien trop faible pour encore se consacrer à quelque chose. Il ne travaillait plus.
Il passait des heures à regarder le ciel, ses petits-enfants et le chat de la maison. Il restait assis devant la porte, sur le banc qu’il avait fabriqué autrefois, et fumait sa pipe.

Et un jour, le fils se lève plus tôt que d’habitude.
Le soleil brille. Le ciel est bleu. Une grosse journée de travail difficile s’annonce.
Pourtant, sur la table de la cuisine, il voit que son bol est vide : il devra partir au travail sans manger. Et il voit aussi son vieux père déjà assis sur le seuil de la porte, à regarder le ciel.
Il est déjà levé le vieux, et tout cela pour ne rien faire !

Le fils décide alors de le chasser de la maison, de le lancer au hasard sur les routes, comme on le faisait autrefois, dans les temps très durs, pour les bouches inutiles.
Va-t’en vieillard, tu n’as plus rien à faire ici.
Tu es une charge pour nous. Une bouche de plus à nourrir. Va-t’en d’ici, je te l’ordonne.

L’épouse a tout entendu.
Vite, elle arrive et tente de prendre la défense du vieil homme :
Donne lui au moins une couverture !
Non.
Si je lui donne une couverture, ce ne sera que la moitié de la couverture. C’est bien suffisant !

L’épouse le supplie encore.
Finalement, il accepte : il lui donnera toute la couverture, à ce vieil homme inutile !

Mais écoutez ceci …
C’est incroyable, mais pourtant …
Au moment où le vieil homme s’apprête à quitter la maison en pleurant, on entend soudain une voix … Il n’y a pas de doute, cette voix vient du berceau !

C’est le bébé qui a parlé ! Et le bébé dit à son père :
Non ! Ne lui donne pas toute la couverture ! Donne-lui seulement la moitié !

Le père est stupéfait. Ce bébé parle … et de plus il lui parle de sa propre proposition ! Il s’approche du berceau … et demande à son fils :
Pourquoi ? Mais pourquoi donc ?
Parce que, répond le bébé, j’aurai besoin de l’autre moitié pour te la donner, le jour où je te chasserai.
La voix de la sagesse prend parfois de curieux chemins pour nous parler … Vous ne trouvez pas ?

Un grain de riz et c’est la fête

Il était une fois un jeune homme.
Ce jeune homme était très pauvre.
On est le 31 décembre, le dernier jour de l’année.
D’habitude, ce jour-là, on fait un bon repas.
Lui, il se dit :
Qu’est-ce que je vais bien pouvoir manger ? Qu’est-ce que j’ai dans mes armoires ?

Il va dans sa cuisine.
Il ne lui reste plus rien : pas de pommes de terre, pas de spaguettis, pas de couscous, pas de haricots, pas de lentilles, pas de pain, pas de sucre, pas de chocolat, pas de lait !
Il n’a plus rien. Vraiment plus rien pour faire un bon repas.

Il s’assied, tout triste.
Il regarde sa table, sa vieille table en bois, sa compagne de tous ses jours de misère.
Il la regarde, … et qu’est-ce qu’il trouve, coincé dans une fente entre deux planches ?
Un grain de riz !
Oui, un grain de riz !
Vous allez me dire : « ce n’est pas grand-chose, mais c’est quand même ça. Mais quand même, comment faire un repas de fête avec un seul petit grain de riz ? Impossible ! »
Ok, vous auriez raison, mais écoutez plutôt mon histoire !

Le jeune homme se dit :
« Je vais manger ce grain de riz. Ca vaut mieux de manger un grain de riz que de ne rien manger du tout. Je vais le faire cuire, ça me fera passer le temps et puis, quand il sera cuit, je le déposerai sur ma langue, et lentement, tout lentement, je le ferai fondre. »

Mais pour faire cuire son grain de riz, il lui fallait une casserole.

Il est tellement pauvre qu’il n’a même plus de casserole : il a déjà vendu toute sa vaisselle.

Il va trouver un voisin :
Mon cher voisin, est-ce que tu peux me prêter une casserole ? J’ai du riz à faire cuire pour ce soir.
Mais bien sûr, dit le voisin, je te passe une casserole. Laquelle veux-tu, la petite ou la grande ?
Moi, on m’a dit que pour faire cuire le riz, pour qu’il ne colle pas, il faut le faire cuire dans beaucoup d’eau. Donne-moi la grande casserole !

Le voisin se dit lui-même :
« Il doit avoir beaucoup de riz, ce voisin ! » Moi, j’ai pas le courage de me faire à manger ce soir, alors je viendrais bien manger avec lui … »

Puis il dit au jeune homme pauvre :
D’accord, je t prête la casserole, mais ce soir, je viens manger avec toi. Tu veux bien ?
D’accord ! Tu sais, quand il y en a pour un, y en a pour deux ! Et puis, c’est la fête aujourd’hui !

Pour faire cuire le riz, il faut de l’eau.
Mais le pauvre jeune homme n’en a pas !
A cette époque-là, il n’y avait pas encore d’eau courante dans les maisons :
il fallait aller chercher l’eau à la fontaine.
Et la fontaine, elle est loin, très loin.
Et puis, c’est l’hiver, il fait froid, très froid.
Et puis, pour soutirer l’eau de la fontaine, il faut de la force pour actionner la pompe à main.
Et lui, il a du rhumatisme.
Et puis … il a la flemme d’y aller …
« Mais la voisine, ma chère voisine, elle va bien me passer un peu d’eau … »,se dit-il.

Il va chez la voisine :
J’ai du riz à cuire pour ce soir pour le voisin et moi, mais je n’ai pas d’eau.
Peux-tu m’en passer un peu ?

La voisine lui répond :
D’accord, mais je me suis donné du mal pour aller à la fontaine, alors je te donne de l’eau mais je viendrai manger le riz avec vous.
D’accord ! Tu sais, quand il y a en pour deux, y en a pour trois !
Et puis, c’est la fête aujourd’hui !
Pour faire cuire le riz, il faut du feu.
Et pour faire du feu, il faut du bois, du papier et des allumettes.
Mais, le pauvre, il n’a pas de bois, ni de papier, ni des allumettes !
Alors, il va chez Pierre, chez Jacques et chez Joseph, ses amis.
Pierre a du bois.
Il lui passe du bois.
Jacques a du papier.
Il lui passe du papier.
Joseph, lui, a des allumettes.
Il lui passe des allumettes.
Chaque fois qu’il empruntait quelque chose, l’ami disait :
D’accord, tu peux avoir ce que tu demandes, mais je viens avec toi.
Et chaque fois, il lui répondait en souriant :
D’accord ! Tu sais, quand il y en a pour trois, y en a pour quatre !
Et puis, c’est la fête aujourd’hui.

Et encore :
D’accord ! Tu sais, quand il y en a pour quatre, y en a pour cinq !
Et puis, c’est la fête aujourd’hui !
D’accord ! Tu sais, quand il y en a pour cinq, y en a pour six !
Et puis, c’est la fête aujourd’hui !

Du coup, il avait tout ce qu’il lui fallait : le feu, l’eau, la casserole, mais un seul grain de riz. Mais quand même.
Et il se dit lui-même :
Comment vais-je faire ce soir pour partager le grain de riz en six ?
Ou alors, on le suce chacun à notre tour …

Il réfléchit, réfléchit à faire éclater le plus fragile des miroirs !
Et réfléchit encore …

Tout à coup, il a une idée.
Dans le village, il y a un fermier qui élevait des poules.
Le jeune homme pauvre n’hésite pas, il va le trouver et, il lui dit :
Ce soir, on est six à manger du riz.
Il y a le voisin, la voisine, Pierre, Jacques, Joseph et moi. Toi, tu es tout seul.
Je me dis que tu allais t’ennuyer, que c’est triste de faire la fête tout seul.
Alors, si tu as envie de venir manger avec nous, tu es le bienvenu.
Mais on est des pauvres gens, on mange du riz sec, sans viande, sans aucun assaisonnement. Si tu veux bien manger le riz comme ça, alors soi le bienvenu !

Le fermier dit :
Je viens manger votre riz, mais je ne vais pas venir les mains vides quand même !
C’est normal que j’apporte quelque chose.
Tiens, prends cette petite poule bien grasse qui est là.

Le jeune homme prend la poule : qu’est-ce qu’il est content !
Quand il y en a pour six, il y en a pour sept !
Et il vaut mieux manger une poule à sept que manger un seul grain de riz à six.
Mais, quand même, un poule à sept, ce ne fait pas un gros morceau pour chacun.

« Je suis bête de lui avoir parlé de ses poules, j’aurais dû lui parler de ses dindes ou de ses oies. » se dit en lui-même le jeune homme.

Dans le village, il y avait une vieille qui élevait des dindes.
Il va trouver la vieille.
Il lui dit :
Ce soir, on est sept à manger une poule au riz : le voisin, la voisine, Pierre, Jacques, Joseph, le fermier et moi. Toi tu es seule, tu dois t’ennuyer. Si tu as envie de venir manger avec nous, tu sera la bienvenue. On aura une poule pour huit, ça ne fait pas un gros morceau chacun, ce n’est pas aussi gros qu’une dinde mais on se débrouillera bien avec la poule pour huit !

La vieille dit :
Moi si je viens manger le riz avec vous, je ne vais pas venir les mains vides.
Tu sais, les dindes, c’est pour les vendre. Moi, je suis toute seule, je n’ai jamais l’occasion d’en manger. Alors pour une fois que je peux en manger en compagnie, j’accepte ! Tiens, prends la petite dinde qui est là …

Et lui, tout content :
D’accord ! Tu sais quand il y en a pour sept, y en a pour huit !
Et puis, c’est la fête aujourd’hui !

Quand le jeune pauvre a vu que ça marchait bien comme ça, il est allé chez le jardinier pour avoir des légumes, chez le pâtissier pour avoir des gâteaux, chez l’épicier pour les épices.

Il entendait toujours la même réponse :
Je veux bien manger le riz avec vous, mais je ne vais pas venir les mains vides quand même !

Et lui répondait toujours de la même façon :
D’accord ! Tu sais, quand il y en a pour huit, il y en a pour neuf !
Et puis, c’est la fête aujourd’hui !

Et puis neuf, et dix, et onze … et ainsi de suite …
Ce qui fait que le soir, ils sont au moins quinze à table et il y a un magnifique repas.
Un repas de fête !
Au menu : de la dinde, du ragoût, une poule, des gâteaux …
Quel régal !

Au milieu du repas, il y en a un qui dit :
Dis, mais ce matin, tu nous a parlé de ton riz.
Tu nous invitais à manger du riz.
Où il est ton riz ?
Ah, le riz, j’ai oublié de le mettre dans la casserole !
Mais, bon, ce n’est pas bien grave.
De toute façon, vous n’avez pas raté grand-chose.

Et … écoutez ça …
Il a pris le grain de riz, il leur a montré.
Et il leur a raconté l’histoire.
Et eux, ils ont bien ri !

Et moi aussi !
C’est rigolo, non ?
Et ce riz-là, il ne colle jamais !

Pour prolonger le travail autour de la solidarité ...

…. De la solidarité à la sécurité sociale

Pour explorer le thème de la solidarité, nous avons choisi de le représenter sous une de ses formes concrète : la sécurité sociale.

Activité 10

Evocation à partir de deux mots :

  • « sécurité » et « sociale »

Phase 1 : Le formateur note chacun de ces mots sur une grande feuille et les participants disent, dessinent ou écrivent sur chacune de ces feuilles ce que ce mot évoque pour eux. Si le groupe n’écrit pas, c’est le formateur qui prend note.

Phase 2 : Le formateur écrit sur une grande feuille le mot « sécurité sociale » et invite les participants à dire, dessiner ou à écrire ce que ce mot évoque pour eux. Si le groupe n’écrit pas, le formateur prend note.

Activité 11 : Lecture du texte : Etre solidaire ?

« La solidarité est la base de la sécu : tout le monde cotise pour tout le monde !
Solidarité entre travailleurs et chômeurs, entre actifs et pensionnés, entre personnes en bonne santé et malades, personnes avec et sans revenus, familles avec et sans enfants … Tous bénéficient du soutien de la sécurité sociale, chacun en fonction de ses besoins. On ne reçoit donc pas tous la même chose, c’est ce qui est parfois difficile à comprendre. La sécurité sociale ne concerne pas seulement les plus démunis.
La cotisation sociale solidaire est de plus en plus menacée. Certains voudraient la remplacer par une cotisation versée à des assureurs privés (on dirait plutôt « une prime ») pour une protection individualisée (on dirait plutôt « une assurance »). C’est la porte ouverte à une société à deux vitesses dans laquelle seuls les riches pourraient « s’assurer » pour rester en bonne santé, « riches et en bonne santé » d’un côté, « pauvres et malades » de l’autre.
On entend dire « la sécu coûte trop cher ! » ou « les cotisations sont beaucoup trop élevées ! » …
Il ne faut oublier que la sécurité sociale, on l’utilise tous les jours !

A tout moment on peut tomber malade … merci au pilier « soins de santé » !
Ou perdre son travail … Ouf ! On a droit au pilier « allocations de chômage » !
Ou encore se blesser au travail : vive le pilier « accidents de travail » …
Ou attraper une maladie à cause de son travail : gloire au pilier « maladies professionnelles » !
Et quand on est trop âgé pour travailler, que ferait-on sans le pilier « pension » ?
Et les familles avec enfants … sont contentes de profiter du pilier « prestations familiales » …
Et quand on prend des vacances bien méritées … Honneur au pilier « vacances annuelles » !

Notre système de sécu est un des meilleurs au monde. Il est donc important de tout faire pour le maintenir. Défendre la sécu, c’est donc choisir d’aider les autres et de s’aider soi-même contre les accidents de la vie. C’est aussi choisir d’agir en faveur d’une société équilibrée dans laquelle tout le monde a ses chances …

Si la sécurité sociale n’existait plus, il y aurait uniquement les assurances privées et ce ne serait pas la même chose du tout !

Il y a une grosse différence ! Le but de la sécurité sociale est de protéger les gens, alors que celui d’une assurance privée, c’est de faire du profit ! A partir de là, tu peux imaginer tout ce que cela changerait. Dans un système de sécurité sociale solidaire, on cotise selon son salaire mais l’intervention de la sécu reste la même pour tout le monde : patron d’entreprise ou ouvrier non qualifié, « riches » ou « pauvres », la sécu protège tout le monde de la même façon. Au contraire, avec les assurances privées, plus tu es riche, plus tu as de quoi payer, mieux tu es protégé. Ne seront bien protégés que ceux qui auront assez de moyens pour payer des primes élevées. En plus, pour les assurances privées, tu payeras plus cher quand tu seras malade et certaines maladies graves ne seront pas assurées. » (extrait de la brochure « la sécu-c-quoi ? », Lattitudes Jeunes.)

Activité 12 :

Après lecture du texte ci-dessus et explications, questions, etc … le groupe peut l’analyser et rechercher les 7 piliers de la sécurité sociale.

Activité 13 :

Travail sur ce qui se passe en cas de « coups durs » de la vie :
Le formateur invite les participants à expliquer comment les choses se passent dans leur pays en cas de :

  • Maladie
  • Perte de travail
  • Accident de travail
  • Départ à la pension
  • Naissance d’un enfant
  • Frais scolaires pour les enfants,
  • Etc …

Et pour ceux qui veulent poursuivre un travail en profondeur sur la sécurité sociale …

Activité 14

Pour ceux qui veulent approfondir la question de la sécurité sociale et son fonctionnement : en groupe on prépare des questions à poser à un intervenant extérieur.

On peut aussi travailler à partir d’un jeu (Mutuelles Socialistes et Lattitude Jeunes)

… ou à travers une affiche et son guide d’utilisation (Culture et Santé)

Affiche

40cm X 70cm
Disponible gratuitement (+ frais de port)

Un guide d’utilisation

Disponible en téléchargement (pdf)

Ce support se présente sous forme d’affiche colorée.

L’affiche permet d’appréhender le principe de solidarité qui est à l’œuvre dans les mécanismes de la sécurité sociale : le financement et la redistribution au profit de tous les citoyens. Elle est destinée au tout public, y compris à un public infra-scolarisé, les illustrations permettent à elles seules de comprendre la sécurité sociale comme pratique sociale et solidaire à laquelle tout citoyen contribue.
Cette affiche peut également servir de support d’animation.

http://www.cultures-sante.be/nos-outils/education-permanente/2008/la-solidarite-a-travers-la-securite-sociale.html

Autres pistes

Quelques informations à propos du film :

« Avec les « containers de réfugiés » et la jungle de Calais, Kaurismäki décrit une situation actuelle, mais il fait appel aux valeurs de la vieille France.

Tous les prénoms comme le décor sont issus des années 1950. Surgit alors une France où l’on ne s’arrange pas pour avoir sa promotion personnelle, mais pour aider son semblable, où l’on trinque au zinc et ne traque pas les autres, où la première question posée à un étranger est : « As-tu faim ? ».

source rfi http://www.rfi.fr/france/20111220-le-havre-aki-kaurismaki-meilleur-film-francais-annee-Jean-Pierre-Darroussin-Andre-Wilms-Marx-Arletty-Damia

"Il filme donc un Havre "qui ne sera bientôt plus et qui semble déjà révolu".

Le film joue d’ailleurs sur des effets d’anachronisme en mélangeant les temps. Si le sujet du film – l’émigration – est actuel, il prend place dans un univers qui semble appartenir à d’autres époques avec les chansons de Damia qui bercent le film, la ressemblance de certains personnages avec ceux des films de Carné, le baraquement ouvrier du héros et sa décoration aussi désuète que son métier de cireur de chaussures...

Dans ce conte nostalgique, tout semble délicieusement suranné. Même l’humanisme du réalisateur : "Je suis de plus en plus pessimiste, je ne crois pas que les choses vont changer dans le bon sens. Du coup, je pense que le cinéma peut être au moins une échappatoire, à défaut de pouvoir changer les choses." Inutile d’en rajouter, en somme. Autant essayer de ré-enchanter un peu ce monde par "un cinéma qui met en avant les valeurs de solidarité, comme un contrepoint à une réalité trop sombre".

Source : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/12/19/le-havre-d-aki-kaurismaki-le-finlandais-a-trouve-un-port-d-attache_1620615_3476.html)

« Mais cette ville, largement détruite pendant la seconde guerre mondiale puis reconstruite par Auguste Perret, est aujourd’hui encore en pleine transformation : les derniers quartiers ouvriers sont en train d’être démolis. "J’ai voulu filmer la fin d’un monde, capter une atmosphère qui va disparaître, celle des petits cafés comme on n’en fait plus, des petites épiceries, tout un monde de proximité, de rapports humains directs et chaleureux."

Source : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/12/19/le-havre-d-aki-kaurismaki-le-finlandais-a-trouve-un-port-d-attache_1620615_3476.html


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