La Marche

Le 20 juillet 2019 |  Programmation  Archives  Programmation 2016-2017
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Nabil BEN YADIR, Belgique, France, 2013, 2h05

En 1983, dans une France en proie à l’intolérance et aux actes de violence raciale, trois jeunes adolescents et le curé des Minguettes lancent une grande marche pacifique pour l’égalité et contre le racisme de plus de 1000 km entre Marseille et Paris.
Malgré les difficultés et les résistances rencontrées, leur mouvement va faire naître un véritable élan d’espoir à la manière de Gandhi et Martin Luther King.
Ils uniront à leur arrivée plus de 100 000 personnes venues de tous horizons et donneront à la France


Fiche pédagogiques liée

RESUME

Nabil BEN YADIR, 2013, 2h05

Avec : Olivier Gourmet, Lubna Azabal, Hafsia Herzi, Vincent Rottiers, Jamel Debbouze.

En 1983, dans une France en proie à l’intolérance et aux actes de violence raciale, trois jeunes adolescents et le curé des Minguettes lancent une grande Marche pacifique pour l’égalité et contre le racisme, de plus de 1000 km entre Marseille et Paris.

Malgré les difficultés et les résistances rencontrées, leur mouvement va faire naître un véritable élan d’espoir à la manière de Gandhi et Martin Luther King.

Ils uniront à leur arrivée plus de 100 000 personnes venues de tous horizons, et donneront à la France son nouveau visage.

FICHE PEDAGOGIQUE

QUE FAIRE FACE AUX INJUSTICES, AUX INEGALITES ?

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PDF - 597.3 ko

Télécharger les illustrations du contexte de la marche de 1983 en France

Télécharger la galerie photos des personnages

Activité 1 : vivre une situation d’injustice dans le groupe

Objectif de l’activité :

L’objectif de cette activité est double : faire vivre rapidement une situation d’injustice au groupe et susciter une réflexion sur la distribution inégale des richesses et du pouvoir dans notre société.

Matériel

L’animateur doit prévoir plus de matériel et de supports qu’il n’y a de membres dans le groupe et n’en distribuer qu’une partie, le reste restant visible aux membres du groupe.

Exemple d’animation :

  • 30 feuilles A4 où sont reproduites des formes géométriques :
  • Ronds
  • Carrés
  • Rectangles
  • Triangles
  • Beaucoup de marqueurs de couleurs différentes (vert, bleu, rouge, noir)

Consigne

L’animateur devra adopter la même attitude que toujours quand il lance une consigne au groupe, ne pas réagir aux réactions des membres du groupe et rester très sérieux jusqu’au debreefing.

L’animateur distribue de manière totalement aléatoire une partie du matériel dont il dispose , et demande aux participants de colorier les formes géométriques dans les couleurs suivantes en un temps très court, de manière à empêcher au maximum des stratégies de groupe …

  • Rond : rouge
  • Carré : vert
  • Rectangle : bleu
  • Triangle : noir

Pendant le temps de l’activité, le formateur reste imperturbable, et observe ce qui se passe. Si nécessaire il prend des notes sur les stratégies adoptées, les réactions.

Activité 2 : Debreefing de l’activité 1

Après cette première activité, et en fonction des réactions que l’animateur aura observées au sein de son groupe il invite les participants à répondre à l’une ou l’autre de ces questions en grand groupe :

  • Comment avez-vous vécu cette activité ?
  • Qu’avez-vous pensé de cette activité ?
  • S’il y avait plus de matériel que de personnes dans le groupe, pourquoi, à votre avis, le formateur ne l’a pas distribué à tout le monde ?
  • Comment avez-vous fait pour répondre à la consigne ? Individuellement ? En groupe ?
  • Si vous n’avez pas pu réaliser l’activité, pourquoi ?
  • Si vous n’avez pas pu réaliser l’activité individuellement, avez-vous mis en place une stratégie à plusieurs ?
  • Si vous n’avez pas pu réaliser l’activité individuellement, pourquoi ne vous êtes-vous pas organisés à plusieurs ?
  • Voyez-vous des liens entre ce que nous venons de vivre dans cette activité et ce que nous vivons dans la société ? Lesquels ?

Le formateur prend note sur une grande feuille.

Activité 3 : récit d’injustices vécues par les participants

Temps 1 :

En sous-groupes de 3 à 4 participants, chacun raconte une situation d’injustice à laquelle il a été confronté. Ensuite, le sous-groupe sélectionne une situation qui sera racontée en grand groupe.

Le formateur prend note sur une grande feuille.

Temps 2 :

Après la mise en commun, et toujours en grand groupe, on cherche les aspects communs des situations évoquées.

Le formateur complète la grande feuille.

Activité 4 : Tentative de définition de l’injustice et de la justice

Temps 1 :

A partir du « motus » disposé sur une table, chaque participant sélectionne une image qui évoque pour lui la justice, et une image qui évoque pour lui l’injustice.

Après cette première phase, mise en commun en grand groupe. Chacun explique ses deux images.

Le formateur note au tableau ou sur une grande feuille ce qui est dit, justice d’un côté, injustice de l’autre.

A la fin du tour de classe, essai de rassembler/synthétiser les idées qui ont été évoquées.

Temps 2 :

Le groupe construit ses propres définitions de justice » et injustice :

  • Pour nous la justice c’est ……………
  • Pour nous, l’injustice c’est …..

Le formateur prend note sur une grande feuille.

Après cette co-construction de la définition du groupe, on va consulter le dictionnaire.

QUE DIT LE DICTIONNAIRE ?

Le Robert Junior :

JUSTICE

Nom féminin.

Respect des droits de chacun, ex : le professeur note les devoirs avec justice, en ne favorisant personne.

= équité, impartialité, il n’y a pas de justice, ce n’est pas juste.
La justice, c’est l’ensemble des juges. L’accusé est entre les mains de la justice.

Rendre la justice, c’est juger. Saint Louis rendait la justice sous un arbre.

Le Petit Larousse illustré :

1. Principe moral qui exige le respect du droit et de l’équité. Faire régner la justice.

Justice sociale : qui exige des conditions de vie équitables pour chacun.

2. Vertu, qualité morale qui consiste à être juste, à respecter les droits d’autrui.

Pratiquer la justice : rendre, faire justice à quelqu’un, réparer le tort qu’il a subi. ; reconnaitre ses mérites.

3. Caractère de ce qui est juste, impartial. Il a perdu certes, mais ce n’est que justice.

4. Action par laquelle une autorité, un pouvoir judiciaire reconnaît le droit de chacun Demander, faire justice.

5. Acte par lequel s’exprime ce pouvoir, cette fonction. Etre condamné par décision de justice.

6. Se faire justice : se venger, en parlant d’un coupable en particulier d’un meurtrier.

INJUSTICE

Le Robert Junior :

Acte ou décision contraire à la justice. Il cherche le moyen de réparer l’injustice qu’il a commise.

Le Petit Larousse illustré :

Nom féminin.

1. Caractère de ce qui est injuste. L’injustice d’un reproche. Se révolter contre l’injustice.

2. Acte injuste. Réparer une injustice.

Activité 4 : on rentre dans le propos du film

En groupe on regarde une première séquence :

Minutage  : 01.45 ---) 03.39

Il s’agit de la séquence où on voit d’abord la bande de copains assis sur une marche d’un bâtiment, et l’agression d’un des membres de la bande par un policier et son chien .

Après la vision de cette première séquence, en sous-groupes, les participants tentent de situer le film en répondant aux questions suivantes :

  • Où est-ce que ça se passe ?
  • A quelle époque est ce que ça se passe ?
  • Qui sont ces jeunes ?
  • Qu’est-ce qui se passe dans cette scène ?
  • Pourquoi est-ce que ça se passe ?

Le formateur prend note. On reviendra sur les hypothèses émises après la vision du film.

Activité 5 : on approfondit le propos du film

On regarde une deuxième séquence : il s’agit de la séquence où on voit les jeunes qui discutent sur le palier d’un immeuble. On arrête avant le passage du journal télévisé, quand un des jeunes dit « Mohamed, je te suis »

Minutage : 07.44 ----) 09.30

Après la vision de la séquence, les participants en grand groupe essaient de répondre aux questions suivantes :

  • Qui sont ces jeunes ?
  • De quoi parlent-ils ?
  • Que proposent-ils ?

Le formateur prend note, on y reviendra après la vision du film.

Activité 6 : on essaie de deviner ce que les jeunes vont faire ….

On regarde la séquence où les jeunes discutent avec leurs parents. On arrête la vision quand un des jeunes dit « vous ne nous soutenez pas ».

Minutage : 11.56 ----) 12.03

Après la vision de la séquence, les participants en sous-groupes, tentent de répondre aux questions suivantes :

  • De quoi parlent-ils ?
  • Que vont –ils faire ?

Pour ce faire, chaque sous-groupe crée un scénario d’interview de quelques jeunes par un journaliste.

Après le travail en sous-groupes, mise en commun en grand groupe : chaque sous-groupe présente son interview.

Le formateur prend note. On y reviendra après la vision du film.

Activité 7 : pour introduire les autres personnages qui ont un rôle important dans l’action …

Le formateur fera découvrir les photos des autres protagonistes de la Marche (voir galerie photos).

ATTENTION : NE RIEN DEVOILER DES PERSONNAGES AVANT LA VISION DU FILM.

Consigne : les participants essaient d’imaginer qui sont ces personnages, en répondant aux questions :

  • Qui est qui ?
  • Quel rôle aura-t-il ?
  • Qu’est-ce qui vous faire dire ça ? (relever des indices)

REMARQUE IMPORTANTE

LE FORMATEUR INFORMERA AUSSI LES PARTICIPANTS QUE AU COURS DU FILM IL Y AURA DES IMAGES QUI RISQUENT PEUT ETRE DE HEURTER LEUR SENSIBILITE. BIEN SUR CE N’EST PAS VOULU ET QUE SI MALGRE CES IMAGES LE FILM A ÉTÉ SELECTIONNE C’EST BIEN PARCE QUE LE SUJET EN VAUT LA PEINE.

ON VA VOIR LE FILM

APRES LA VISION DU FILM

Activité 8 : retour sur le film

Un tour de table des participants sur le film : leurs émotions, leurs surprises, leurs incompréhensions, ….

Activité 9 : vérification des hypothèses émises avant d’aller voir le film.

On revient sur les hypothèses émises par le groupe pour les activités 5, 6 et 7.

Activité 10 : travail sur les motivations de l’organisation de la marche.

En groupe, et en se remémorant le film, les participants répondent à la question :

  • Pourquoi est-ce que Mohamed a proposé une marche pacifique ?

Activité 11 : travail sur le contexte des années 83 en France.

Travail en sous-groupe. Le formateur aura préparé plusieurs documents qu’il distribuera aux sous-groupes.
Chaque sous-groupe recevra deux documents parmi ceux proposés ci-dessous, en fonction des niveaux des participants.

Sur base des documents en sa possession, chaque sous-groupe ramène des éléments du contexte au grand groupe.

Le formateur prend note.

Liste des documents et/ou supports à partager entre les sous-groupes :

  • Écoute + retranscription de deux séquences d’actualité du film
  • Photos
  • Textes courts relatant l’actualité

Ecoute et retranscription de Actu 1 :

  • Minutage : 1.13.38 ----) 1.14.23

Transcription :

« … Moins souriant, la ratonnade où une jeune algérien de 26 ans a trouvé la mort dans la nuit de lundi à mardi.

Habbib Grimzi avait pris le train de Lyon vers Ventimiglia. Il venait de s’installer dans son compartiment quand trois autres passagers aussi jeunes que lui l’ont pris à parti.

Ils l’ont d’abord insulté de plus en plus violemment.

Un contrôleur s’est interposé. Il a conduit le Nord-africain en queue de train pour le mettre à l’abri des insultes racistes mais ses deux agresseurs qui visiblement mourraient d’en découdre, sont partis à sa recherche dans le train.

Ils l’ont roué de coups, lui ont fracassé la tête contre les parois du compartiment, avant de le jeter par la fenêtre pour s’en débarrasser.

Dans ce fait divers incroyable, le plus incroyable encore c’est la passivité dont ont fait preuve les passagers alors qu’un meurtre raciste se commettait sous leurs yeux. ... »

Ecoute et retranscription de Actu 2 :

Minutage : 1.26.04 ---) 1.26.19

Transcription :

« … Depuis deux ans, plusieurs dizaines de jeunes maghrébins ont été tués ou blessés dans les banlieues des grandes villes.

D’ailleurs l’idée de cette marche est née dans la Cité des Minguettes à Lyon, pour réveiller les français endormis sur les lauriers socialistes, pour qu’ils se remobilisent contre le racisme.

Plus la marche progresse, plus les soutiens abondent. … » 

Quelques textes courts d’actualité :

Comment l’idée de la marche est-elle née en 1983 ?

Naïma Yahi : De grosses tensions commencent à naître entre jeunes des cités et policiers. Douze adolescents décident alors de marcher de ville en ville pour dire qu’ils ne sont pas des voyous. Qu’ils sont des Français comme les autres. Ils marchent tous les jours, discutent avec les gens… Source : 1jour1actu

Pourquoi le racisme se développe-t-il ainsi au début des années 1980 ?

Naïma Yahi : À cause du chômage qui devient important. Dès que le travail se fait rare, on s’en prend à celui qui est différent. C’est toujours comme ça. Source : 1jour1actu

À quoi cette marche a-t-elle vraiment servi ?

Naïma Yahi : Elle a permis aux jeunes des cités de dire qu’ils étaient Français même s’ils n’étaient pas blancs de peau, qu’ils existaient qu’il fallait les accepter. Jamais, avant ça, des jeunes comme Smaïn ou Jamel Debbouze n’auraient pu devenir des célébrités. Source : 1jour1actu

Au final, le racisme est toujours là…

Naïma Yahi : Le racisme est certes moins violent, mais il est toujours très présent. Pourtant, la devise de la France parle d’égalité et de fraternité… Source : 1jour1actu

Mot du jour : Marche

Quand on marche, on prend possession d’un territoire de façon pacifique. C’est une façon douce de dire : « Je suis ici chez moi ». C’est aussi le meilleur moyen d’aller à la rencontre des autres. C’est pour cela que les jeunes des cités ont choisi la marche pour délivrer leur message de tolérance en 1983. Martin Luther King avait également entrepris une marche en 1963 dans sa lutte pour l’égalité entre Blancs et Noirs aux États-Unis. Il avait réuni un million de personnes. Source : 1jour1actu

On a suivi Gandhi, la voie non-violente

Les violences dont nous faisions l’objet s’infiltraient en nous et nous rendaient, petit à petit, violents à notre tour. Dans le quartier, deux tendances s’opposaient : ceux qui voulaient aller à la castagne et ceux qui voulaient s’en sortir par des actions non violentes. Gandhi était très en vogue à l’époque, un film sur sa vie venait de sortir, on avait envie de s’identifier à lui. Le père Delorme, le "curé des Minguettes", nous poussait aussi dans cette voie.

Pour les photos voir la galerie photos et le pdf « contexte »

Activité 12 : les participants se situent dans le contexte

Le formateur invite les participants qui le souhaitent à expliquer au groupe où ils étaient en 1983, et ce qui se passait là où ils étaient.

Activité 13 : retour sur les définitions de justice et d’injustice.

Le formateur aura retranscrit sur une grande feuille les définitions de « justice » et « injustice » construites par le groupe à l’activité 3.
Ces feuilles seront affichées.

En sous-groupes, les participants revisitent ces définitions et les modifie,t, les complètent, les transforment, au regard du film qu’ils auront vu.

Si nécessaire, on peut à nouveau s’appuyer sur le « motus » pour faire émerger la parole.

Activité 14 : travail sur le contexte actuel

En grand groupe, on écoute la voix off de Mohamed à la fin du film.

Minutage : 1.56. 35 ---) 1.57.35

Transcription

« ... Cette marche, c’est la première grande chose que j’ai faite dans ma vie. C’est certainement la plus belle.

J’ai traversé mon pays de bout en bout, alors qu’on me faisait sentir que j’étais en trop.

Et je peux dire maintenant que mon bled à moi s’appelle « la France ».
Est-ce qu’on a réglé tous les problèmes ?

Est-ce qu’on a répondu à toutes les questions ? Non, mais on a commencé.

Est-ce qu’en l’an 2000 il y aura plus de Tony Montana(*) que de Ghandi ? Est-ce qu’il y aura encore beaucoup d’autres boucs émissaires ?

Si c’est le cas, si quelque chose ne convient toujours pas, j’espère que j’aurai la force, que nous aurons la force, de bouger, parce qu’il ne tient qu’à nous de marcher ... ».

(*) Antonio "Tony" Montana dit Scarface est un héros cinématographique et vidéoludique. Il est le personnage principal du filmScarface (surnom qui signifie « le Balafré »), de Brian De Palma sorti en 1983.

Après l’écoute de ce texte, les participants répondent aux questions :

  • Est-ce que quelque chose a changé ?
  • Quoi ?...

Activité 14 : travail sur les injustices, les inégalités, aujourd’hui.

A l’aide du photo-langage sur les inégalités et les injustices sociales que le formateur aura constitué, les participants sélectionnent chacun une ou deux images qui représentent une injustice, une inégalité sociale qui les touche plus particulièrement et contre laquelle ils veulent se battre.

En sous-groupes, chacun explique son choix et le sous-groupe négocie pour se mettre d’accord sur l’injustice qu’ils décident de combattre ensemble.

Mise en commun en grand groupe et choix par le grand groupe de l’injustice contre laquelle il veut se battre.

Activité 15 : Comment se battre aujourd’hui ?

En grand groupe, lecture-compréhension d’un extrait du discours de Kaira :

« … Nous, on a décidé de marcher. Est-ce le bon choix ? On en sait rien, mais dans tous les cas, la haine serait leur donner raison, raison à la xénophobie, raison au crime, à l’indifférence, à l’insupportable.

La haine n’est pas une réponse.

Terre française, le pays des droits de l’homme, et bien servons-nous de ce droit pour crier haut et fort STOP. Il est temps de dire stop, stop à la haine, stop au crime, stop à l’exclusion, stop aux inégalités sociales, culturelles et civiques… »

Après l’écoute de ce texte, le formateur demande aux participants :

  • et vous, que pensez-vous pouvoir faire ?...

Le groupe va décider de comment il va s’y prendre pour se battre :

  • Signer une pétition
  • Manifester dans la rue
  • Verser de l’argent à une association ou une ONG
  • Récolter des fonds pour une association ou une ONG
  • Occuper un lieu
  • Faire une grève de la faim
  • Participer à une marche
  • Travailler bénévolement dans une association
  • Commettre un attentat
  • S’affilier à un parti politique
  • S’affilier à un syndicat
  • Autre ….

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