La Couleur des Sentiments

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Tate Taylor, 2011, USA, 2h26

La projection aura lieu à 9h30 !!!

Le film sera projeté en version française.

Dans la petite ville de Jackson, Mississippi, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié.

Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, l’écriture d’un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque.

De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire. À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l’ordre établi, et d’affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement.


Fiche pédagogiques liée

RESUME DU FILM

Dans la petite ville de Jackson, Mississippi, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié.

Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger : l’écriture d’un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque.

De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire.

À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l’ordre établi, et d’affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement.

Tate Taylor, 2h26, usa, 2011

FICHE PEDAGOGIQUE

Télécharger le pdf du dossier pédagogique

ANGLE D’ATTAQUE : DE LA SOUMISSION INDIVIDUELLE A L’ACTION COLLECTIVE

INFORMATION PRATIQUE : tous les minutages sont calculés avec le logiciel VLC.

Préambule

Avant d’aborder le travail sur le film, nous vous conseillons d’aborder quelques informations essentielles sur le contexte historique et politique se rapportant aux Etats Unis d’Amérique dans les années ’60. voir bas de la fiche, contexte historique.

Pour ce faire, il pourra confectionner un photo-langage d’images illustrant la ségrégation raciale aux Etats-Unis et s’appuyer sur les informations reprises dans la section "contexte historique" reprise en bas de la fiche.

Travail sur le film

AVANT D’ALLER VOIR LE FILM

Activité 1 : travail sur le pays, l’époque où le film se déroule.

Télécharger les illustrations de l’activité 1

A partir de la vision des photos reprises dans le porte-folio qui se situe au bas de la fiche, en sous-groupes, les participants, répondent aux questions suivantes :

  • Où est-ce que ça se passe ?
  • Dans quel pays ?
  • A quelle époque ?
  • Quels sont les indices ?

Mise en commun en grand groupe.

Le formateur prend note des hypothèses.

Activité 2 : travail sur les principaux personnages du film

Toujours en sous-groupes, à partir de l’affiche du film et des photos illustrant la ségrégation raciale, les participants répondent aux questions :

  • Qui sont ces femmes ?
  • De quel groupe social font-elles partie ?

Mise en commun en grand groupe.

Le formateur prend note des réponses sur une grande feuille.

Activité 3 : travail sur la ségrégation.

On regarde la séquence du film où Minnie veut aller à la toilette et dehors l’orage fait rage :

Minutage : 31.10 -) 32.38 (vec logiciel VLC sur pc)

En sous-groupes, les participants répondent aux questions :

  • Qu’est-ce qui se passe dans cette scène ?
  • Pourquoi est-elle renvoyée ?

Le formateur reprend les hypothèses émises sur une grande feuille.

Activité 4 : poursuite du travail sur la ségrégation

Télécharger les photos illustrant la ségrégation raciale au USA

A partir de la vision de la séquence où on voit un bâtiment officiel, tandis qu’on entend une voix off qui lit un règlement, les participants répondent aux questions suivantes :

Minutage : 36.55 -) 37.34

  • Quel pourrait être le bâtiment ?
  • Qu’est ce qu’elle lit ?

En sous-groupes : connaissez-vous d’autres pays, d’autres situations où la ségrégation existe ?

Mise en commun en grand groupe.

Le formateur prend note des hypothèses.

Après ce premier travail sur le contexte du film, le formateur précise l’histoire de la ségrégation aux Etats-Unis dans les années ’60 (voir contexte historique en bas de la fiche).

Activité 5 : autour du pouvoir, autour de la domination

On regarde la séquence où une des bonnes demande un prêt pour financer les études de ses enfants à ses patrons :

Minutage : 44.38 -) 45.53

Attention : on arrête la vision avant la réponse de la patronne.
Après la vision de la séquence, le formateur constitue deux sous-groupes.

Chaque sous-groupe devra imaginer et exprimer les motifs en vertu desquels la patronne accepte ou refuse de prêter l’argent.

Le formateur prend note sur une grande feuille.

Ensuite, chaque sous-groupe imagine la suite la scène puis l’interprète pour tous :

  • Premier sous-groupe : la patronne refuse le prêt …
  • Deuxième sous-groupe : La patronne accepte le prêt …

ON VA VOIR LE FILM

APRES LA VISION DU FILM

On commence par vérifier les différentes hypothèses émises avant sa vision.

Activité 6 : barrière de classe, barrière de race

Travail autour du personnage de Célia, qui n’est pas acceptée par les autres femmes blanches.

On regarde plusieurs séquences :

  • la scène où Célia téléphone, pendant la partie de cartes des autres femmes blanches :

Minutage : 23.17 -) 15.05

  • Scène où Celia apporte une tarte pendant un repas des jeunes femmes blanches de la ville et où toutes se cachent, pour éviter de la faire rentrer :

Minutage : 1.29.14 -) 1.30.45

En sous-groupes, les participants identifient les raisons qui font que Celia est rejetée.

Mise en commun en grand groupe.

Activité 7 : ... de la soumission individuelle à l’action collective …

Télécharger les illustrations de l’activité 7

Travail en sous-groupes à partir des photos des bonnes qui ont accepté d’apporter leur témoignage au livre de Skitter.

Chaque sous-groupe reçoit la photo d’une bonne, et en partant des informations présentes dans le film, essaie de se rappeler les raisons qui l’ont conduite à accorder son témoignage.

  • Ebelyne : a trouvé du courage après le prêche du pasteur
  • Minnie : est révoltée après son renvoi ….
  • Puis les autres, après arrestation de la remplaçante de Minnie ...

Activité 8 : en guise de conclusion, un travail sur les stéréotypes

En sous-groupes, les participants dressent une liste de stéréotypes qu’ils connaissent ou dont ils ont été victimes

Et/ou

En sous-groupes ou en grand groupe, les participants répondent à la question :

  • Avez-vous été témoin ou avez-vous été victime vous-même de stéréotypes ou de préjugés ?

En sous-groupes, les participants préparent et jouent des scénettes où certains stéréotypes ou préjugés sont représentés.

INFORMATIONS SUR LE CONTEXTE POLITIQUE ET HISTORIQUE

La ségrégation raciale aux Etats Unis dans les années ’60

Après que la proclamation d’émancipation eut aboli l’esclavage dans le sud des États-Unis, la discrimination raciale était régie par les lois Jim Crow qui obligeaient une ségrégation stricte des races. Bien que ces lois aient été instituées juste après la fin de la guerre de Sécession, dans la plupart des cas, elles ont été formalisées uniquement après la fin de la Reconstruction menée par les républicains dans les années 1870 et 1880 pendant la période appelée Nadir of American race relations.

Cette ségrégation légale a eu cours jusqu’aux années 1960, principalement en raison de l’influence considérable des conservateurs du sud.

En 1896, dans Plessy v. Ferguson, la majorité de la Cour suprême soutient ouvertement des infrastructures "séparées mais égales" (précisément dans le transport), mais le juge John Marshall Harlan fait entendre sa voix minoritaire en alléguant que cette décision est une expression de la suprématie blanche. À son avis, la ségrégation pourrait « encourager des agressions [...] contre les droits admis des citoyens noirs », « inciter à la haine raciale » et « perpétuer un sentiment de méfiance entre races. »

En 1948, le président Harry S. Truman ordonne la déségrégation dans l’armée américaine.

La ségrégation raciale institutionnalisée a pris fin grâce au travail de militants pour les droits civiques comme Rosa Parks et Martin Luther King, qui ont lutté de la période allant de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, à l’adoption du Civil Rights Act et du Voting Rights Act soutenue par le président Lyndon Johnson.

La majorité de leurs actions ont pris la forme d’actes de désobéissance civile, dans le but de violer les lois favorisant la ségrégation raciale. On les a vus refuser, par exemple, de céder leur siège à un Blanc, dans le compartiment réservé aux Noirs dans un bus (Rosa Parks), ou organiser des sit-ins dans des restaurants réservés aux Blancs.

Si toutes les lois favorisant la ségrégation raciale n’ont pas été abrogées aux États-Unis, la Cour Suprême les a cependant rendues inapplicables. Par exemple, la constitution de l’Alabama stipule toujours que « des établissements scolaires distincts doivent être fournis pour les enfants blancs et les enfants noirs, et aucun enfant de l’une de ces deux races n’est autorisé à aller dans un établissement réservé à l’autre ».

Une proposition d’abroger cette disposition a échoué de justesse en 2004.

Cependant, sur un terrain différent, la Cour suprême des États-Unis, en février 2005, dans Johnson v. California (125 S. Ct. 1141), a statué que la pratique informelle de la ségrégation raciale à l’égard des prisonniers détenus dans des établissements de la Californie — ségrégation que la Californie affirmait pratiquer pour la sécurité des détenus (les gangs de Californie, comme ceux du reste des États-Unis, étant habituellement organisés en fonction des races) — est assujettie à une mesure judiciaire. Bien que la Cour ait renvoyé le dossier à la juridiction inférieure, il est probable que sa décision aura pour effet d’obliger la Californie à modifier sa politique de ségrégation dans ses centres de détention.

D’après le Civil Rights Project de l’Université Harvard, la déségrégation réelle des écoles publiques aux États-Unis a plafonné en 1988.
Depuis, les écoles sont devenues, dans les faits, plus séparées. En 2005, la proportion d’élèves noirs dans des écoles majoritairement blanches est « à un niveau plus bas que celui de n’importe quelle année depuis 1968 »

(http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9gr%C3%A9gation_raciale#.C3.89tats-Unis_.28XXe.E2.80.89.E2.80.91.E2.80.89XXIe.C2.A0si.C3.A8cle.29

Après 381 jours de boycott des bus à Montgomery, Alabama, la cour suprême des Etats-Unis déclare la ségrégation dans les bus anticonstitutionnelle.

Le mouvement était mené par des figures importantes de la lutte pour les droits civiques, telles que Martin Luther King Jr. et Ralph Abernathy.

Il avait commencé avec le refus d’une femme noire, Rosa Parks, de céder sa place à un blanc à bord d’un bus.Les trois quarts des utilisateurs de bus à Montgomery étant noirs, le boycott a eu un fort impact : certaines lignes ont dû cesser de fonctionner, par manque de passagers.

À l’origine, ils demandaient seulement une ligne de séparation fixe entre les sections « blanche » et « noire » des bus : ainsi, même si la section blanche était remplie, les noirs n’auraient plus eu à laisser leur siège. Ils réclamaient aussi de meilleurs traitements de la part des conducteurs.

Cependant, si ce mouvement est un succès, il n’est que le début du combat pour les droits civiques. Martin Luther King Jr. s’impose en tant que leader du mouvement, et mènera la marche sur Washington en 1963, à la fin de laquelle il prononcera son célèbre discours
« I have a Dream ».

Il faudra attendre 1964 pour que les lois Jim Crow soient abrogées, avec le Civil Rights Act qui interdit la ségrégation dans les lieux publics ; il sera suivi en 1963 par le Voting Rights act qui accorde le droit de vote à tous les noirs.

Read more at http://www.live2times.com/1956-la-segregation-raciale-dans-les-bus-contraire-a-la-constitution-americaine-e--2633/#aatf6EiweFaILQot.99

A propos de Rosa Parks

Rosa Louise McCauley Parks, dite Rosa Parks (4 février 1913, Tuskegee, Alabama États-Unis - 24 octobre 2005, Détroit, Michigan), est une couturière qui devint une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis, ce qui lui vaut le surnom de mère du mouvement des droits civiques de la part du Congrès américain.

Parks est devenue célèbre le 1er décembre 1955, à Montgomery (Alabama) en refusant de céder sa place à un passager blanc dans l’autobus conduit par James F. Blake.

Arrêtée par la police, elle se voit infliger une amende de 15 dollars le 5 décembre ; elle fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu de 26 ans, Martin Luther King, avec le concours de Ralph Abernathy, lance alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui durera 381 jours.

Le 13 novembre 1956, la Cour suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant anticonstitutionnelles.

(http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosa_Parks)

A propos De Martin Luther King

... et de son discours très connu « I have a dream »

En savoir plus sur la question de la ségrégation raciale :



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