Goodbye Bafana

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RESUME

La vie de James Gregory, un Sud-Africain blanc, gardien de prison en charge de Nelson Mandela, de l’incarcération de ce dernier dans les années 60 à sa libération en 1990.

Pendant 25 ans, Gregory s’est occupé de Mandela jour après jour. Il a été son géôlier, son censeur mais aussi son confident, de Robben Island à Pollsmoor, et enfin jusqu’à Victor Verster d’où il fut libéré en 1990.

Bilie August, France, Italie, Grande-Bretagne, Belgique, 2007, 1h58

FICHE PEDAGOGIQUE

Télécharger la fiche pédagogique

Télécharger le photo-langage sur le contexte

Télécharger la Charte de la Liberté

Télécharger le photo-langage sur les moments déclencheurs des changements du comportement de Gregory

Télécharger le photo-langage des changements de comportements de Gregory

Télécharger le photo-langage de la vie de Nelson Mandela

ANGLE D’ATTAQUE : QU’EST-CE QUI NOUS FAIT CHANGER ET PASSER A L’ACTION ?

AVANT D’ALLER VOIR LE FILM

ACTIVITE 1 : OU ON PART DES CHANGEMENTS VECUS PAR LES PARTICIPANTS

Les participants répondent aux questions :

  • Qu’est-ce que votre inscription en alphabétisation a changé dans votre vie ?
  • Avez-vous vécu d’autres changements suite à des rencontres, à des événements ?

Temps 1

Chacun réfléchit individuellement.

Temps 2

En duos, les participants se racontent des changements dans leur vie.

Temps 3

Mise en commun en grand groupe. Chaque membre du duo raconte au grand groupe ce que l’autre lui a dit.

ACTIVITE 2 : ON SE RAPPROCHE DU PROPOS DU FILM

Temps 1

En grand groupe, on visionne la séquence où la femme de Nelson Mandela arrive à la prison et est accueillie par Gregory. On arrête la vision avant le dialogue entre Mandela et sa femme.

Minutage : 11.15 ---) 12.00

Après la vision de la séquence, les participants émettent des hypothèses sur ce qu’ils viennent de voir :

  • Qu’est-ce qui se passe ?
  • Selon vous, où est-ce que ça se passe ?
  • Quand est-ce que ça se passe ?

Le formateur n’intervient pas, et prend note des hypothèses. 

Temps 2

On regarde une deuxième séquence. Il s’agit de celle où le gardien aide Mandela à faire son nœud de cravate. On arrête la vision quand Mandela dit « Je tiens à préciser que ça fait 20 ans que je n’ai pas mis ça  »

Minutage : 1.41.04 ---) 1.41.23

Après la vision de la séquence, les participants en sous-groupes répondent aux questions suivantes :

  • Que voit-on dans cette séquence ?
  • Qui sont ces personnages ?
  • A votre avis, que s’est-il passé entre les deux séquences ?

ACTIVITE 3 : TRAVAIL SUR LE CONTEXTE

Temps 1

On visionne sans son la séquence où Gregory et sa fille assistent à une scène de brutalité policière envers une maman sud-africaine. La petite fille est choquée et interpelle son père. On arrête la vision quand la maman dit à sa fille « ... ce serait contre nature »…

On peut visionner la séquence plusieurs fois.

Minutage : 21.10 ---) 23.03

Temps 2

Après la vision de la séquence, les participants, par sous-groupes de trois, imaginent le dialogue entre les trois personnages (la petite fille, le papa, la maman).

Chaque sous-groupe présente la scène qu’il a imaginée.

Temps 3

On visionne à nouveau la séquence mais cette fois-ci avec le son :

Minutage : 1.41.04 ---) 1.41.23

Si les participants sont lecteurs, ils peuvent lire la transcription du dialogue, sinon le formateur peut relire le dialogue au groupe.

Transcription du dialogue entre Gregory, la petite fille et la maman :

Papa : « … Ca va mieux ? On va pas tarder à manger.

Petite fille : Pourquoi t’as rien fait pour empêcher le policier ?

Papa : Parce que c’était son travail.

Petite fille : Forcer une maman à abandonner son bébé ?

Papa : Non, mais si la maman n’a pas de laisser-passer, elle n’a pas le droit de se trouver ici, donc ils doivent l’arrêter.

Petite fille : On l’a, notre laisser-passer, nous ?

Papa : Non, on n’en a pas besoin.

Petite fille : Pourquoi ça ?

Papa : Parce qu’on est blancs.

Petite fille : Mais c’est injuste de faire ça.

Papa : C’est l’apartheid. C’est notre façon de vivre, trésor. Les Noirs ensemble d’un côté, les Blancs de l’autre.

Maman : C’est la volonté du Seigneur, mon chéri. De la même façon qu’il ne marie pas un moineau à une hirondelle, une oie à un canard, ou une vache à un baudet. Ce serait contre-nature. Et il n’est pas question de contrarier le Seigneur, hein ? … »

Après l’audition de la scène, les participants répondent aux questions :

  • Qu’avez-vous compris ?
  • Où est-ce que cela se passe ?
  • De quoi parle-t-on ?

ACTIVITE 4 : ON POURSUIT LE TRAVAIL SUR LE CONTEXTE

Le formateur dispose le photo-langage sur une grande table. Chaque participant sélectionne 2 photos.
Les participants sont répartis en sous-groupes.
Les sous-groupes classent les photos suivant des catégories qu’ils établissent. (voir photo-langage sur l’apartheid).

Mise en commun : chaque sous-groupe explique son classement. Le formateur prend note.

ON VA VOIR LE FILM

APRES LA VISION DU FILM

ACTIVITE 5 : RETOUR SUR LE FILM

En grand groupe, on fait un tour de table pour exprimer ses ressentis, ses interrogations, ses émotions, ses questionnements sur le film.

ACTIVITE 6 : A PROPOS DE MANDELA ET DE L’APARTHEID

En sous-groupes, à l’aide du photos-langage sur l’apartheid et celui sur la vie de Mandela, les participants reprennent ce que le film leur a appris sur :

  • Nelson Mandela
  • L’apartheid

Mise en commun en grand groupe et retour sur le travail fait lors des activités 3 et 4 avant d’avoir vu le film.

ACTIVITE 6bis : APPROFONDISSEMENT DE L’ASPECT HISTORIQUE (pour les groupes très bons lecteurs)

Les participants sont répartis en sous-groupes. A partir des documents repris ci-dessous :

  • Un sous-groupe repère les moments-clés de la vie de Nelson Mandela ;
  • Un sous-groupe travaille sur les injustices de l’apartheid.

    DOCUMENTS

1. Travail sur la vie de Nelson Mandela : mettre les photos en regard de chacune des étapes de la vie de Mandela décrite dans le texte ci-dessous.

Voici l’histoire de « Madiba

Nelson Mandela est né en 1918. Son père est chef de tribu. Il est mort quand son fils avait huit ans. Le petit Nelson va dans une école anglaise. Plus tard, en 1939, il va aller dans la seule université qui accepte les étudiants noirs. Il est renvoyé parce qu’il ne respecte pas le règlement.
Photo n° …

Il va à Johanesbourg où il fait des petits métiers. Ensuite, il fait des études de droit et devient avocat en 1942.
Photo n° …

Il ouvre le premier cabinet d’avocats noirs.

En 1943 il devient membre du Congrès National Africain (ANC) le parti qui lutte contre la ségrégation raciale.

En 1944 il se marie Evelyn Mase. Photo n° …

Ils ont deux fils et une fille. Il divorce en 1957.
Il se marie ensuite avec « Winnie » avec qui il a deux filles.

En 1961, il devient le commandant en chef de la branche armée de l’ANC. En 1962, il est arrêté 3 et il est condamné à perpétuité en 1963. Photo n° …

On le met en prison sur l’île de Robben Island. Photo n° …

En 1982, on le déplace à Pollsmoor, sorte de prison modèle.

Il est libéré en février 1990 à cause des pressions internationales sur le gouvernement blanc du président Frederik de Klerk.
Photo n° …

Le 30 juin 1991, les lois d’apartheid sont supprimées. La même année il est élu président de l’ANC et il dirige les négociations de la transition. En 1993, il reçoit le prix Nobel de la paix.
Photo n° …

En 1994, il devient le premier président noir d’Afrique du Sud, jusqu’en 1999.
Photo n° …

Il crée une démocratie en Afrique du Sud et lutte contre les inégalités politiques.

En 1999, il se retire de la vie politique, mais il continue de se battre, contre la pauvreté et le sida et pour la défense des droits de l’homme.

Son 90ème anniversaire en 2008 est fêté comme une fête nationale. Photo n° …

Nelson Mandela est décédé le 5 décembre 2013 à l’âge de 95 ans. Photo n° …

(D’après 1jour1actu.com, www.linternaute.com, Les Inrockuptibles n° 941 et www.fr.vikidia.org)

Apartheid : petite revue de presse

Remarque  : La revue de presse que nous proposons est constituée de différents articles de presse, les uns très courts, les autres beaucoup plus longs, pour permettre aux formateurs de sélectionner l’article qui convient à son groupe, en fonction de son niveau de français.

Le mot du jour : apartheid

« …Le mot « apartheid » signifie « séparément » en afrikaans, qui est la langue parlée par les Afrikaners, ces colons blancs d’origine néerlandaise installés en Afrique du Sud.

Entre 1948 et 1991, ce pays a connu un régime raciste, ségrégationniste, où les Noirs, qui étaient pourtant majoritaires, devaient vivre à l’écart des Blancs.

Ces derniers –en prétendant qu’ils étaient supérieurs aux Noirs- détenaient le pouvoir politique, tandis que les Noirs n’avaient aucun droit, et exerçaient les professions les moins valorisantes.

Ils se déplaçaient dans des bus à part, fréquentaient des écoles à part, vivaient dans des bidonvilles, des ghettos …

Ce système, qui fut critiqué dans le monde entier, portait le nom d’apartheid.

Aujourd’hui, Noirs et Blancs ont les mêmes droits. Et chacun essaie d’effacer le souvenir de l’apartheid…. »

Source : 1jour1actu

Le mot du jour :

« Le mot « apartheid » vient de l’afrikaans (la langue parlée par les Blancs d’Afrique du Sud).

Il signifie « séparation ».

L’apartheid est le nom donné à la politique de ségrégation raciale menée en Afrique du Sud par la minorité des Blancs à l’encontre des Noirs qui étaient beaucoup plus nombreux.

Cette politique a duré de 1948 à 1991.

Source : 1jour1actu

Afrique du Sud : histoire de l’Apartheid

« Quand on parle d’Afrique du Sud, deux noms sautent à l’esprit : celui de Nelson Mandela mais aussi "l’Apartheid". Cette politique dite de "développement séparé" touchait les populations en fonction de critères raciaux ou ethniques.

Historique.

En 1948, les colons blancs hollandais et anglais installés en Afrique du Sud réduisent les droits de la majorité noire à néant.
Ils installent un régime de terreur et de violence qui impose le développement séparé des races.

Les Noirs sont totalement exclus de la vie économique et politique et sont traités comme des parias. Mettre par exemple un pied sur une plage réservée aux Blancs peut leur valoir l’emprisonnement.

Toutes les richesses pour les blancs.

Les colons quant à eux ont mis la main sur toutes les richesses du pays. Ils détiennent les terres, mais aussi les mines d’or et de diamants.

Pourtant, les Blancs ne constituent que 18% de la population contre 68% de Noirs, 11% de Métis et 3% d’Indiens.

C’est ainsi que le régime de l’apartheid crée les bantoustans. Il s’agit de régions-ghettos entières où les Noirs sont encerclés et barricadés.

Ils sont considérés comme des citoyens de seconde classe et n’ont plus droit qu’à 13% du territoire.

La pression internationale

La pression internationale sur les autorités sud-africaines est de plus en plus forte. Des embargos politiques, économiques mais aussi sportifs sont appliqués sur le régime de l’apartheid et la minorité blanche a de plus en plus de mal à contenir la colère d’une population noire révoltée.

C’est ainsi qu’en 1989, Frederik de Klerk accède au pouvoir. Il supprime progressivement les lois de l’apartheid et libère Nelson Mandela.

Le 30 juin 1991, l’apartheid est aboli et trois ans plus tard, des élections sont organisées sur le principe d’un homme, une voix.

Pour la première fois, les gens de couleurs seront considérés comme des êtres à part entière en Afrique du Sud. »

I.L. avec F. Mazure

Source : http://www.rtbf.be/info/monde/detail_afrique-du-sud-histoire-de-l-apartheid?id=8051034

ACTIVITE 7 : TRAVAIL SUR LES REVENDICATIONS DE LA CHARTE DE LA LIBERTE

Nous reprenons ci-dessous quelques têtes de chapitre marquantes de la Charte ; ceux qui le souhaitent peuvent travailler sur la copie de l’entièreté de la charte qui est téléchargeable en haut de cette fiche.

  • Le gouvernement doit appartenir au peuple
  • La terre doit être partagée entre ceux qui la travaillent !
  • Les droits de l’homme doivent être les mêmes pour tous !
  • Le travail et la sécurité doivent être assurés !
  • Le peuple doit être rétabli dans son droit au patrimoine national
  • L’instruction et la culture doivent être accessibles à tous !
  • On doit créer des logements, assurer le confort et la sécurité !
  • La paix et l’amitié doivent régner !

Temps 1  :

Travail en sous- groupes autour de sous-titres de la Charte.

Chaque sous-groupe illustre le propos de sa bandelette (dessins, collages à partir de magazines à découper).

Temps 2 :

Mise en commun sous la forme d’une exposition des illustrations.
Chaque sous-groupe explique sa composition.

Temps 3 : travail de vocabulaire

En grand groupe, les participants s’expriment :

  • C’est quoi une Charte ?
  • Connaissez-vous des Chartes ?
  • Qu’en pensez-vous ?
  • Quelques chartes connues : la Charte des droits de l’homme, la Charte de la Liberté, la charte des Nations Unies, ….

Temps 4 : quelques définitions

Le Robert Junior : document qui contient le règlement d’une organisation.

Le petit Larousse illustré : (latin carta, papier) ; loi, règle fondamentale. La Charte des droits de l’homme

ACTIVITE 8 : REPERAGE DES ELEMENTS DECLENCHEURS DES CHANGEMEMENTS DE COMPORTEMENT DE GREGORY.

Temps 1

On visionne à nouveau la séquence où Gregory et sa femme essaient d’expliquer l’apartheid à leur petite fille : (on peut aussi la lire).

Minutage : 21.10 ---) 23.03

Transcription du dialogue entre Gregory, la petite fille et la maman :

« Papa : Ca va mieux ? On va pas tarder à manger.

Petite fille : Pourquoi t’as rien fait pour empêcher le policier ?

Papa : parce que c’était son travail.

Petite fille : Forcer une maman à abandonner son bébé ?

Papa : Non, mais si la maman n’a pas de laisser-passer, elle n’a pas le droit de se trouver ici, donc ils doivent l’arrêter.

Petite fille : On l’a, notre laisser-passer, nous ?

Papa : Non, on n’en a pas besoin.

Petite fille : Pourquoi ça ?

Papa : Parce qu’on est Blancs.

Petite fille : Mais c’est injuste de faire ça.

Papa : C’est l’apartheid. C’est notre façon de vivre, trésor. Les Noirs ensemble d’un côté, les Blancs de l’autre.

Maman : C’est la volonté du Seigneur, mon chéri. De la même façon qu’il ne marie pas un moineau à une hirondelle, une oie à un canard, ou une vache à un baudet. Ce serait contre-nature. Et il n’est pas question de contrarier le Seigneur, hein ? … »

En sous-groupes, les participants répondent à la question :

  • Qu’est-ce que la petite fille reproche à son père ?

Temps 2 :

On examine les photos qui reprennent ces moments clés (voir photo-langage) :

  • Dans sa jeunesse, avec son ami
  • Gregory et ses enfants sont témoins de violences raciales et il a difficile à les expliquer à sa fille
  • Gregory recherche de l’information sur l’ANC et va voler la Charte pour la liberté dans une bibliothèque
  • Gregory voit les mauvais traitements subis par les prisonniers
  • 2 hommes s’en prennent à Gregory parce qu’il s’est rapproché de Nelson Mandela
  • Le fils de Gregory est mort

En sous-groupes, sur base des photos et des souvenirs qu’on a gardés du film, les participants essaient d’identifier les moments qui ont fait que Gregory a changé d’attitude vis-à-vis de Mandela .

Les participants retracent la vie de Gregory à travers ces changements .

Mise en commun en grand groupe.

ACTIVITE 9 : IDENTIFICATION ET ANALYSE DES CHANGEMENTS DE COMPORTEMENT DE GREGORY

Une fois ces événements déclencheurs nommés, les participants identifient les changements de comportement de Gregory : quels sont ses actes de résistance, de désobéissance … (exemples : il donne le chocolat à la femme de Mandela, il vole la charte, ….).

Quand les actes posés par Gregory sont identifiés, le groupe cherche à les qualifier, à les nommer.

Quelques définitions :

Désobéir :

Robert Junior : ne pas faire ce qui est ordonné (Paul a désobéi à ses parents).

Petit Larousse illustré : ne pas obéir à quelqu’un (désobéir à ses parents) ; enfreindre une loi, un règlement, refuser de s’y soumettre.

Résister :

Robert Junior : ne pas céder, ne pas casser (la vitre a résisté au choc) ; supporter (les chameaux résistent bien à la soif) ; lutter, se défendre (la ville a lutté longtemps avant de se rendre)

Petit Larousse illustré : (latin resistere, se tenir ferme) ; ne pas céder sous l’action d’un choc, d’une force (le fer froid résiste au marteau) ; s’opposer à l’action violente, à la volonté de quelqu’un, d’un groupe ; lutter contre ce qui attire, ce qui est dangereux (résister à un désir) ; tenir ferme, résister sans faiblir (résister à la fatigue).

ACTIVITE 10 : RETOUR SUR NOS CHANGEMENTS PERSONNELS

En duos, les participants se racontent des situations qu’ils ont vécues où pour rester en accord avec leur conscience, ils ont désobéi, …. Ils peuvent aussi raconter des situations qu’ils connaissent et qu’ils n’auraient pas vécues personnellement.


Programme téléchargeable 2019-2020
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