12 years a slave

Le 17 octobre 2019 |  Programmation  Archives  Programmation 2014-2015
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Steve Mac Queen, USA, 2014, 2h13

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession.
Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave.
Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.
Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…


Fiche pédagogiques liée

RESUME

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession.
Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave.
Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.
Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

Steve Mac Queen, 2014, USA, 2h13

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ANGLE D’ATTAQUE : LA FIN DE L’ESCLAVAGE C’EST POUR QUAND ?

AVANT D’ALLER VOIR LE FILM

Activité 1 : évocation à partir du mot esclavage

Consigne : le formateur dispose le photo-langage « esclavage » sur une grande table. Après avoir observé ces photos, en grand groupe on dresse une liste de mots qui nous viennent à l’esprit à propos de l’esclavage.

Ensuite, en grand groupe et sur base de cette liste de mots, le groupe rédige sa définition de « esclavage ».

On peut aussi faire des recherches de définitions au dictionnaire.

Activité 2 : travail sur les représentations de l’esclavage

En sous-groupes on prépare un mime, une petite scénette avec des paroles qui explique le mot.

Mise en commun : chaque sous-groupe présente sa production.

Activité 3 : travail sur Solomon, le personnage principal du film

Travail en sous-groupes à partir des photos du personnage principal du film.

Un ou plusieurs sous-groupes reçoivent les photos de Solomon libre, les autres sous-groupes reçoivent des photos de Solomon esclave.

Remarque : Les sous-groupes ne peuvent pas voir les photos des autres sous-groupes.

Les sous-groupes répondent aux questions :

  • Qui c’est ?
  • Où vit-il ?
  • C’est quoi son métier ?
  • A quelle époque est-ce que ça se passe ?
  • Est-il riche ? est-il pauvre ?
  • Que lui arrive-t-il ?

Mise en commun : chaque sous-groupe raconte son scénario.

En un second temps, en grand groupe on regarde toutes les photos. On imagine ce qui s’est passé.

Le formateur prend note.

Activité 4 : on guise d’introduction à la vision du film

Après avoir précisé au groupe que ce film s’inspire de faits réels et est réalisé par un noir nord- américain Steve Mc Queen, l’activité démarre par la vision du générique de fin du film où l’histoire de Solomon est relatée.

Minutage : 2.02.05 → 2.03.08

Selon le niveau du groupe, le formateur peut également lire la transcription de ces informations, les participants du groupe lisent la transcription :

« Solomon est un des rares kidnappés à s’être libéré de l’esclavage.

Solomon a poursuivi les hommes responsables de son enlèvement.

Ne pouvant lui-même témoigner contre des blancs, il perdit son procès contre James Burch, l’esclavagiste.

Après un long procès à New York, ses kidnappeurs Hamilton et Brown ne furent pas poursuivis non plus.

En 1853, Solomon publia le livre « Douze années d’esclavage .

Il participa au mouvement abolitionniste et donna des conférences sur l’esclavage dans tout le nord-est des USA et aida des esclaves fugitifs à fuir par des routes clandestines.

La date, le lieu et les circonstances du décès de Solomon sont inconnus »

Activité 5 : on travaille autour de la violence des images

S’appuyant sur des extraits du film ou sur des photos, le formateur informe les participants que le film comporte des images très violentes qui sont présentes dans le film non pas pour choquer les spectateurs, mais pour qu’ils prennent la mesure de la violence vécue quotidiennement par les esclaves (voir photo-langage sur la violence et/ou vision de quelques extraits).

On visionne plusieurs extraits :

  • un noir rebelle se fait poignarder sur le bateau :

Minutage : 0.21.10 ---) 0.23.50

  • Solomon est pendu :

Minutage : 0.47.16 ---) 0.47.35

  • Solomon est obligé de fouetter Patsy :

Minutage : 1.46.05 ---) 1.47.44

ON VA VOIR LE FILM

APRES LA VISION DU FILM

Activité 6 : où chacun parle de ses émotions à propos du film

Temps 1  : tour de table sur les émotions suscitées par le film. Ceux qui le souhaitent s’expriment.

Temps 2  : les participants choisissent une ou plusieurs illustrations du photo-langage qui reprend les moments forts du film (voir photo-langage « les moments forts du film » )

Les participants expliquent leur sélection par rapport aux items suivants :

  • Ce que j’ai aimé
  • Ce qui m’a touché, ému,
  • Ce qui m’a dérangé, choqué
  • Ce qui m’a mis en colère
  • Ce qui m’a fait réfléchir

Activité 7 : travail sur les caractéristiques de l’esclavage

Consigne : on reprend la liste des caractéristiques de l’esclavage qui a été construite lors de l’activité 2/avant d’aller voir le film . En grand groupe, on la complète sur base de ce que le film nous a appris sur l’esclavage (éléments historiques, relations entre maîtres et esclaves, commerce, …)

Le formateur prend note.

Activité 8 : l’esclavage ça sert à quoi, ça sert qui ?

Pour répondre à ces questions les participants visionnent plusieurs séquences du film :

  • Le ramassage de la canne à sucre :

Minutage : 00.30 ---) 01.01

  • La scène de la vente d’esclaves

Minutage : 0.27.29 ---) 0.29.30

  • La cueillette du coton :

Minutage : 0.53.35 ---) 0.56.13

Après la vision de ces séquences, les participants, en sous-groupes, répondent aux questions :

  • l’esclavage ça sert à qui ?
  • l’esclavage ça sert à quoi ?

Mise en commun des commun des sous-groupes.

Activité 9 : historique de l’esclavage jusqu’à l’abolition

Le formateur dispose sur une grande table une série de photos représentant des esclaves à travers les âges et les lieux (Europe et Etats Unis d’Amérique). Le photo-langage « esclavage » s’arrête à l’abolition de l’esclavage en 1865.

Sur la ligne du temps préparée par le formateur, il aura repris quelques repères : antiquité, moyen âge, abolition de l’esclavage.

Les participants piochent des illustrations et les placent au fur et à mesure sur la ligne du temps. En plaçant les illustrations sur la ligne du temps, ils localisent géographiquement où ça se passe.

Activité 10 : le point de vue des pro-abolition de l’esclavage

On visionne la séquence où le charpentier discute avec Esp et lui fait part de son point de vue critique de l’esclavage.

Minutage : 1.39.18 ----) 1.42.28

En un second temps, le formateur ou les participants lisent la retranscription de ce dialogue. Si nécessaire, le formateur clarifie certains points de compréhension du dialogue.

Transcription  :

« 

  • Hey, Bass,
  • Oh !... Non, non, non...
  • Qu’est-ce qu’il y a ?... Y’a pas de honte à se protéger de la chaleur... A s’abriter, boire... Qu’on soit robuste ou pas, il fait un temps de païen...
  • Qu’est-ce qui vous fait rire ?
  • Epps, je veux seulement finir ce chantier, que vous avez commandé et payé au comptant.
  • Si quelque chose vous rebrousse le poil, je vous donne l’occasion d’en parler...
  • … La question est directe, la réponse ne le sera pas moins... J’ai trouvé amusant que vous soyez si soucieux de mon confort par ces grandes chaleurs alors que, franchement, la condition de vos travailleurs...
  • La condition de mes travailleurs...
  • Elle est abjecte, Monsieur. Ça ne peut pas, ça ne va pas du tout, Monsieur Epps.
  • C’est pas des travailleurs... C’est ma propriété.
  • Vous l’énoncez avec fierté !
  • J’énonce un fait.
  • Si les faits sont le vrai sujet de cette conversation, alors il faut bien dire qu’il n’y a ni droit ni justice dans l’esclavage. Mais, vous soulevez une question intéressante. Quel droit avez-vous donc d’avoir vos nègre ? Fondamentalement, j’entends ?
  • Quel droit, vous dites ? J’ai payé : ils sont à moi.
  • Bien sûr. Et la loi vous autorise à posséder un nègre. Malheureusement, c’est un mensonge éhonté... Supposons qu’on édicte une loi qui retire votre liberté, qui fait de vous l’esclave. Simple supposition.
  • Supposition in-supposable
  • Les lois, ça change. Les vérités universelles, elles, sont constantes. Or, la vérité, la pure et simple vérité, c’est que ce qui est juste pour l’un est juste pour tous. Noir ou blanc, sans distinction.
  • Vous me comparez à un nègre, Bass ?
  • Je pose la question. Aux yeux du Seigneur, quelle est la différence ?
  • Autant lui demander la différence entre un homme blanc et un babouin, tant qu’on y est... Ca, c’est de l’animal ! J’en ai vu un à la Nouvelle Orléans. Il n’était pas moins savant que mes nègres !
  • Écoutez-moi, Epps. Ces nègres sont des êtres humains. S’ils sont ravalés au rang de bestiaux, les hommes comme vous auront à en répondre....C’est une maladie, Monsieur Epps, un mal effroyable qui s’est abattu sur cette nation. Et le jour du jugement viendra
  • Vous adorez vous écouter parler. J’ai jamais vu un homme s’écouter autant que vous. Vous feriez croire que blanc, c’est noir, noir, c’est blanc, et gare à celui qui vous contredit.C’est bien sympathique si on vit au milieu des Yankees à Boston, mais c’est pas notre cas... C’est pas du tout notre cas. »

Après la vision de la séquence et la lecture de la retranscription du dialogue, les participants, en sous-groupes, vont construire des dialogues pour/contre l’esclavage en essayant de s’inspirer de la séquence. Différents personnages doivent composer leur débat :

  • Un propriétaire d’esclaves
  • Un abolitionniste du sud
  • Un esclave bien traité par ses maîtres
  • Un esclave qui veut être un homme libre

Activité 11 : les negro spirituals, un moyen de faire face pour les esclaves

En groupe ; on visionne la séquence de l’enterrement, et on écoute la musique en observant attentivement l’expression des acteurs.

Minutage : 1.37.09 --- 1.38.44

Après l’audition de cette chanson, le groupe lit la traduction de la retranscription du texte de la chanson.

Traduction :

Refrain :
Cours nègre cours le rouleau à pâtisserie va t’attraper
Cours, nègre, cours, tu ferais mieux de t’échapper

(bis refrain)

Le nègre courut et vola aussi vite qu’un oiseau
Il déchira sa chemise en deux

Cours, le rouleau à pâtisserie va t’attraper
Cours, tu ferais mieux de t’échapper

Le nègre courut, tellement vite
Qu’il tomba tête la première dans un nid de frelons

(refrain)

Le nègre courut à travers champs
Les pieds lourds de terre collante et d’épis de blé

(refrain)

Certains disent que les nègres sont pas des voleurs
J’en ai attrapé 3 dans mon champs de blé
Un avec tout un sac de grains
Un autre avec une poignée
Le dernier avec une corde,
on la lui a passée aautour du cou

(refrain)

Oui cours, nègre
Et le nègre vola comme un oiseau
Et pourquoi donc un blanc ne pourrait pas gueuler

(refrain)

Hé , Mr le rouleau à tarte, ne m’attrape pas
Attrape ce nègre caché derrière cet arbre

(refrain)

Le nègre courut, courut si vite
Qu’il tomba tête la première dans un nid de frelons

(refrain)

Le nègre courut, courut si vite
que, finalement, il se sauva

Refrain

Après le travail sur cette chanson, le formateur peut donner quelques explications sur ce que c’est que le “negro spirituals”. (voir annexe 1 en fin de fiche).

Activité 12 : la fin de l’esclavage, c’est pour quand ? Est-ce qu’on peut parler d’esclavage aujourd’hui ?

Le formateur, demande aux participants de réfléchir quelques instants à ces questions qui traversent notre époque.

Après ce premier temps de réflexion personnelle, les participants vont circuler dans la salle où le formateur aura réalisé une « exposition » de textes/reportages et d’images : ... Alors que l’esclavage est en principe abolit depuis bien longtemps ; aujourd’hui le monde compte plus de 35 millions d’esclaves (voir annexe « esclavage moderne »)

Chacun s’arrête devant l’image ou le texte/reportage qui l’a plus interpelé… Et présente aux autres l’image ou le texte/reportage :
De quel esclavage traitent les photos, documents, textes présentés ?

  • Femmes ?
  • Enfants ?
  • Travailleurs des plantations de canne à sucre ? Coton ?
  • Travailleurs d’autres secteurs de l’économie ? (commerce, industrie, …)
  • L’ensemble des travailleurs, jeunes, de la société dans son ensemble ?

Les éléments pour constituer l’exposition et /ou pour approfondir la question de l’esclavage moderne sont à sélectionner dans l’annexe 2 et le pdf « esclavage moderne »

Pour terminer les activités, le formateur organise une discussion libre sur la thématique « est-ce qu’on peut parler d’esclavage aujourd’hui ? »

ANNEXE 1 : A PROPOS DES NEGRO-SPIRITUALs

Negro spiritual

Source : wikipedia

Le negro spiritual est un type de musique vocale et sacrée né chez les esclaves noirs des États-Unis au XVIIe siècle, et qui serait à l’origine du gospel. Le mot désigne également une œuvre, un chant, appartenant à ce courant musical.

Le negro spiritual est un chant religieux né au XVIIe siècle parmi les esclaves noirs des États-Unis. L’histoire de la musique afro-américaine est étroitement liée à celle de l’esclavage. Entre 1619, date de l’arrivée des premiers Africains en Virginie et la guerre de Sécession (1861-1865), deux millions d’esclaves sont déportés dans les colonies d’Amérique du Nord pour y travailler dans les champs de coton. L’esclavage ne sera aboli qu’en 1865 après la guerre de Sécession.

Les Negro Spirituals & Le Gospel

Source : http://www.the-voice-of-freedom.com/wordpress/?page_id=6

Les Racines

La musique noire américaine a des racines plongées dans les traditions européennes et africaines.

A peine arrachés à leur terre, sur les navires des négriers, les captifs chantent, et en eux subsiste le souvenir de cette Afrique riche de ses coutumes et de ses traditions qui associe intimement le chant à toutes les circonstances de la vie : naissances, deuils, jeux, prières, travaux, guerre et amour…

L’arrivée des premiers esclaves africains sur le continent américain a lieu dès 1619 et prend un essor fulgurant au XVIIIème siècle.

Victime du déracinement de leur terre d’origine, ils vont transporter leur histoire au travers de leur musique et de leurs chants. Ils organisent de grands regroupements auxquels se joignent également des blancs : les camp meetings , au cours desquels ils vont chanter et danser.

C’est ainsi que naît au XVIIIème Siècle le Negro-spiritual.

Le negro spiritual

Ce chant symbolise depuis toujours la voix et l’histoire d’un peuple opprimé dont la musique était le seul exutoire. De nombreux chants font allusion à l’arrivée des ancêtres sur le sol américain.

Cette pratique du chant en choeur va se développer principalement dans les milieux ruraux, et s’exprimer principalement pendant les travaux des champs (importance du rythme, lenteur, absence d’orchestration…) et aussi pendant les messes dans les églises protestantes principalement (pentecôtistes, sanctifiées).

Ces textes sont essentiellement inspirés de la Bible mais parlent aussi de la vie quotidienne des esclaves (peines, épreuves, quête d’un foyer, voyages…). Ce sont avant tout des chants d’espoir. Richard Allen, pasteur de la première église méthodiste publie en 1801 un recueil de ces chants : « A collection of spirituals Songs and Hymns Selected from various Authors ».

Ecouter d’autres chants :

ANNEXE 2 : ESCLAVAGE MODERNE

La Belgique compterait encore 1.500 "esclaves modernes"

17/11/14 à 15:32 - Mise à jour à 16:44

Source : Le-Vif

Hommes, femmes ou enfants, près de 36 millions de personnes sont victimes d’esclavage dans le monde, et plus de la moitié le sont dans cinq pays : l’Inde, la Chine, le Pakistan, l’Ouzbekistan et la Russie, révèle lundi une organisation de droits de l’Homme.

Esclaves dans une usine, l’une des formes de "l’esclavage moderne".

Selon une enquête menée par la Fondation australienne Walk Free, "l’esclavage moderne est présent dans l’ensemble des 167 pays" couverts par l’étude : il peut s’agir de traite d’êtres humains, d’exploitation sexuelle, de travail forcé, de servitude pour dette ou de mariage forcé ou arrangé.

L’organisation a comptabilisé 35,8 millions de personnes réduites en esclavage, un chiffre en hausse de 23% par rapport à 2013, non pas à cause d’une explosion du nombre de cas, mais en raison d’une meilleure méthodologie.

L’Afrique et l’Asie rassemblent une grande partie des pays où les "esclaves" sont les plus nombreux.

Cinq pays concentrent à eux seuls 61% des personnes exploitées : l’Inde, où "existent toutes les formes d’esclavage moderne", arrive largement en tête avec 14,3 millions de victimes, devant la Chine (3,2 millions), le Pakistan (2,1), l’Ouzbékistan (1,2) et la Russie (1,1).
La Belgique et l’Europe parmi les bons élèves.

Si l’on examine le pourcentage de la population réduite en esclavage, la Mauritanie connaît la plus forte proportion de victimes d’esclavage moderne (4%). L’esclavage est "héréditaire" et "enraciné dans la société mauritanienne", explique le rapport. Elle est suivie par l’Ouzbékistan, Haïti et le Qatar.

En bas du classement, l’Islande et le Luxembourg sont les deux pays les plus exemplaires, avec moins de 100 victimes chacun. L’Europe représente 1,6% de ces 35,8 millions d’esclaves, avec quelque 566.200 personnes réduites en esclavage, souvent victimes d’une exploitation sexuelle ou économique. Le taux de population le plus élevé se trouve en Bulgarie, avec 0.38% de la population réduite en "esclavage moderne".

Toujours selon cette étude, la Belgique compte environ 1 500 "esclaves modernes", soit 0.013% de la population.

Des scampis nourris par des "esclaves modernes" vendus en Belgique

BELGA Publié le jeudi 12 juin 2014 à 14h43 - Mis à jour le jeudi 12 juin 2014 à 15h52

BELGIQUE

Les scampis issus de l’industrie thaïlandaise, et présents dans les rayons de certains supermarchés belges, sont nourris grâce au travail acharné d’"esclaves modernes" exploités dans des conditions déplorables, révèle un reportage du Guardian , évoqué jeudi par les journaux flamands De Morgen, De Standaard et Het Nieuwsblad.

Le reportage du quotidien britannique (à voir ici) dévoile les conditions de travail de migrants birmans ou cambodgiens, attirés par de fausses promesses vers la Thaïlande, où ils sont en fait vendus à des capitaines de bateaux de pêche. Ces "esclaves modernes" sont ensuite envoyés en mer, parfois pour plusieurs années consécutives.

Ils y sont forcés de travailler jusqu’à 20 heures par jour, nourris d’une seule assiette de riz quotidienne et soumis aux coups, parfois mortels, de leur patron. Selon certains témoignages, les esclaves trop malades pour travailler étaient simplement jetés par dessus bord.

Ces pêcheurs récoltent tout ce qui leur tombe sous la main, le poisson non comestible ou de taille trop petite étant broyé et transformé en nourriture pour les élevages de scampis, selon le Guardian. Le groupe Charoen Pokphand (CP) Foods est notamment client de ce genre de capitaines esclavagistes, note la presse belge. Or, des produits CP Foods peuvent être trouvés, ou l’ont été par le passé, dans les rayons belges de certains supermarchés comme Carrefour, Colruyt, Match ou Cora.

La direction française du groupe Carrefour a indiqué mercredi soir au Standaard qu’elle bloquait temporairement les produits CP Foods. Du côté de Colruyt, il a été décidé que le stock restant serait renvoyé.

Oxfam Belgique a réagi jeudi auprès de Belga en affirmant que les révélations du Guardian démontraient la nécessité d’un autre modèle de production alimentaire. "Cela illustre encore une fois la façon dont le modèle de l’agro-industrie se heurte à certaines limites. (...)

On est fixé sur une production de masse destinée à l’exportation et au prix le plus bas possible, qu’il s’agisse de scampis thaïlandais, de tomates d’Andalousie ou de soja brésilien", précise Thierry Kesteloot, d’Oxfam-Solidarité. "Il est temps de se rendre compte que la production alimentaire doit suivre d’autres valeurs : un travail équitable, des prix justes, une utilisation durable de la nature et le respect de la biodiversité".

Un couple accusé d’esclavage moderne à Cavaillon

Par Julien Baldacchino

INFORMATION FRANCE BLEU VAUCLUSE …

Un homme a été mis en examen pour violences volontaires et traite d’êtres humains à Cavaillon, dans le Vaucluse. Il avait "acheté" une jeune Ivoirienne pour en faire son esclave à son domicile, n’hésitant pas à la battre à de multiples reprises.

Aucune ambigüité dans le rôle qui était celui de Charlotte, jeune Ivoirienne de 14 ans, au domicile de ce couple habitant à Cavaillon (Vaucluse). L’adolescente accomplissait quotidiennement les tâches ménagères du couple, et allait chercher les enfants à l’école, sans jamais percevoir un salaire.

L’homme, d’origine ivoirienne, et sa femme, française, l’avaient recrutée en septembre dernier, à la suite d’un voyage en Côte d’Ivoire. Près d’Abidjan, Charlotte avait été "recrutée" parmi un groupe d’enfants, puis ramenée en France contre une somme de 4.500 euros.

Chaque jour, elle n’avait pas le droit à l’erreur : tout travail jugé mal fait, toute insolence ou plainte étaient systématiquement punis de coups de ceinturon.

Les brimades ont duré plusieurs mois, jusqu’à mardi dernier. Charlotte, après une ultime punition, s’est enfuie pour se réfugier au commissariat de la ville.

Après l’avoir entendue raconter ses souffrances, les policiers ont interpellé le père de famille. Il a été mis en examen pour violences volontaires, traite d’êtres humains, et écroué.

Esclavage moderne : un homme condamné à six mois de prison

Par Julien Baldacchino ; vendredi 15 mars 2013 22:30

Un homme âgé de 25 ans a été condamné à 18 mois de prison, dont six ferme, pour avoir acheté et employé comme domestique une adolescente ivoirienne, à Cavaillon (Vaucluse). La jeune fille s’était rendue d’elle-même au commissariat pour porter plainte. Un autre homme a été condamné pour violences.

L’affaire avait éclaté le mois dernier : Charlotte, une jeune ivoirienne de 15 ans, se rendait au commissariat de Cavaillon, pour se plaindre de violences.

La jeune fille vivait en réalité en situation d’esclavage moderne : elle vivait au domicile d’un couple, où elle accomplissait chaque jour les tâches ménagères, sans jamais recevoir de salaire.

Ce vendredi, son "employeur" a été condamné par le tribunal correctionnel d’Avignon à dix-huit mois de prison, dont six ferme, pour "traite d’être humain, violence aggravée, travail dissimulé et aide à l’entrée, la circulation et le séjour irréguliers".

Placé en détention provisoire après son arrestation le 12 février dernier, il est ressorti libre du tribunal, faute de mandat de dépôt. Il devra en outre verser 5.000 euros de dommages et intérêts au Conseil général du Vaucluse, mandataire ad hoc de l’adolescente.
Trois mois ferme pour violences

La jeune fille avait été achetée en Côte d’Ivoire, pour 4.500 euros, par cet homme, gérant d’une société de nettoyage, et sa compagne, parents de deux enfants en bas âge.

Elle était arrivée en France en septembre. Un autre homme, âgé de 31 ans, a été condamné à trois mois de prison ferme pour avoir frappé l’adolescente avec une ceinture.

Les téléphones intelligents, gadgets indispensables ou forme d’esclavage moderne ?

Agence France-Presse (Paris)
04 avril 2011 | 12 h 09

Photo : Archives AFP

En France, près de 10 millions de personnes sont équipées d’un téléphone intelligent, une innovation technologique et ludique qui peut aussi laisser un arrière-goût amer à certains salariés rendus corvéables à merci par ce « cadeau » de leur employeur.

Il n’est pas de bon ton de critiquer le précieux « joujou » (iPhone, Blackberry, Android, etc.) fourni par le patron.

Une avocate travaillant à Paris pour un grand cabinet anglo-saxon, indique ainsi sous le couvert de l’anonymat que dans sa profession, « le téléphone intelligent est quasi obligatoire » et « fait généralement partie d’un ensemble d’objets offerts lors d’une nouvelle entrée en fonction ».

Selon elle, avec cet outil, les avocats sont « tenus de répondre à toute heure du jour et de la nuit », et « il est de plus en plus difficile de déconnecter » y compris le soir et le week-end.

Nicole Turbé-Suetens, experte en télétravail du réseau Distance expert, indique que « des salariés commencent sérieusement à songer » à exiger le paiement des heures supplémentaires liées aux téléphones intelligents.

Des actions ont été lancées aux États-Unis, mais pas en France, où il n’y a pas de jurisprudence pour l’heure.

Selon elle, les smartphones sont « une arme à double tranchant », offrant à la fois « liberté car c’est un formidable outil de mobilité », et « dépendance car du fait que les collègues, et surtout le directeur, savent que le possesseur d’un téléphone intelligent peut "travailler" sur son téléphone, ils peuvent céder à la facilité d’en abuser ».

Pour Mme Turbé-Suetens, « les dérives atteignent un niveau d’alerte car la vie privée n’est plus respectée dans bien des cas ».

Thierry Venin, chercheur au CNRS qui s’apprête à soutenir une thèse sur le lien entre les technologies de l’information et de la communication (TIC) et le stress au travail, estime qu’« il y a encore un marqueur social de gratification de recevoir un truc un peu à la mode ».
En même temps, dit-il, les cadres, même s’ils sont « très ambivalents », les téléphones intelligents étant « très addictifs », font clairement le lien entre téléphones intelligents et stress.

La CFE-CGC a effectué une enquête en novembre 2010 via Opinonway montrant que 28% des cadres disposent d’un téléphone intelligent.
Si 70% d’entre eux disent bénéficier d’un droit à la déconnexion lorsqu’ils sont en congé, le chiffre passe à 64% en week-end et 58% en soirée.

Aussi, le syndicat a réclamé l’édition de chartes sur l’usage de ces outils numériques et le paiement des heures supplémentaires.

M. Venin évoque « un bogue sociétal ». Selon lui « avec autant de machines, on devrait tous avoir les doigts de pieds en éventail et jamais on n’a entendu autant de gens se plaindre d’être débordés ».
Pour le chercheur, il « semble énorme que le lien ne soit pas fait entre le stress et les TIC, puisque ça a complètement modifié nos façons de travailler ».

France Télécom a été la première entreprise à clairement établir ce lien.
Un accord conclu en mars 2010 stipule ainsi qu’afin de prévenir « l’usage de la messagerie professionnelle, le soir, le week-end et pendant les congés, il est rappelé qu’il n’y a pas d’obligation à répondre pendant ces périodes ».

M. Venin pointe « une inféodation de l’homme à l’outil » et espère que l’avenir va permettre de retrouver "un peu plus de sagesse », même s’il pense qu’« on peut encore faire pire ».

Parmi les vices cachés du téléphone intelligent, le chercheur pointe aussi le fait qu’ils peuvent « être détournés par certains employeurs qui en font une "laisse électronique" », utilisant la fonction GPS pour traquer leurs salariés.

« Cela touche déjà depuis quelques années les chauffeurs-livreurs et autres VRP "tracés" à la seconde près par leur entreprise », met-il en garde.

Et aussi … L’esclavage moderne continue à l’abri des regards
Alors que l’on célèbre en France les 165 ans de l’abolition de l’esclavage, des millions de personnes et d’enfants sont encore exploités dans le monde aujourd’hui. Travail forcé, mendicité contrainte, exploitation sexuelle ou domestique sont autant de facettes de l’esclavage moderne. Nous vous proposons un reportage en Bulgarie, où de nombreuses femmes sont victimes du trafic d’êtres humains.

et aussi :

Émission préparée par Perrine Desplats et Diaraye Bah.

Durée : 10’45’’

http://www.france24.com/fr/20130510-esclavage-bulgarie-trafic-etres-humains-femmes-exploitations-sexuelle-travail-force-mendicite/

1- Les filières de l’esclavage moderne au Qatar

Du Népal au Qatar, des journalistes ont mené une enquête exclusive sur le drame humain de l’esclavage moderne. Ils tentent de comprendre pourquoi des jeunes partis en bonne santé pouvaient mourir en si grand nombre sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022.

http://www.france24.com/fr/20140328-reporters-filieres-esclavage-moderne-qatar-nepal-football-mondial-2022/

Après avoir vu les documentaires, le groupe peut discuter :

  • Quelles sont les formes de résistance, de luttes qui peuvent être construites, renforcées pour contribuer à ce que l’esclavage moderne prenne fin ?

Puis, si le groupe veut aller plus loin, le formateur, la formatrice peut leur proposer de regarder le documentaire sur les
"Esclaves modernes" (2013) - Vidéo Dailymotion :

www.dailymotion.com/video/xyy42y_esclaves-mod...

12 avr. 2013
Durée : 53 minutes



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