fleur du désert

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Résumé :

Issue d’une famille de nomades somaliens, Waris connaît une enfance rude mais heureuse car entourée des siens. Mais quand son père décide de la marier à l’âge de 13 ans, Waris prend la fuite.

Traversant le désert au péril de sa vie, elle atteint la ville de Mogadiscio et retrouve sa grand-mère. Cette dernière lui fait quitter le pays en lui trouvant un poste de "bonne à tout faire" à l’ambassade de Somalie à Londres.

Waris y travaille pendant 6 ans, telle une esclave, totalement recluse et coupée du monde extérieur.

Quand la guerre civile éclate en Somalie, l’ambassade ferme. Waris se retrouve livrée à elle-même dans les rues de Londres, ne sachant pas un mot d’anglais.

C’est alors qu’elle rencontre Marilyn avec qui elle se lie d’amitié. Cette jeune femme, délurée et originale, l’héberge et l’aide à trouver un emploi.

Travaillant dans un fast food, Waris est remarquée par un célèbre photographe de mode.

Grâce à lui, elle rejoint une agence de mannequins. Malgré de nombreuses péripéties, elle devient rapidement l’un des plus grands top model international...

FICHE PEDAGOGIQUE

Télécharger la fiche pédagogique en format pdf :

Télécharger la liste des mots/activité 5

Télécharger le photo-langage les moments forts du film

Télécharger le photolangage des personnes qui comptent dans la vie de Waris

Télécharger les cartes géographiques de l’excision dans le monde

Angle d’attaque : l’excision, parlons-en !


Activité 1 : on rentre dans le film.

Consigne : On visionne plusieurs séquences les unes à la suite des autres :

  • La séquence où le petit frère de Waris lui apporte une couverture. Ensuite on voit la petite Waris s’enfuir :

Minutage : 40.29 ---) 41.40

  • La séquence où Waris est petite, et est à l’ambassade, assise par terre, derrière une porte.

Minutage : 1.13.08 ---) 1013.29

  • La séquence où on voit Waris adulte qui fouille les poubelles à Londres.

Minutage : 10.51 ---) 11.25

Après avoir vu ces trois séquences, les participants, en sous-groupes, répondent :

  • Selon vous qu’est-ce qui se passe ?
  • Où est-ce que ça se passe ?
  • Quand est-ce que ça se passe ?
  • Qu’est-ce qui arrive à cette enfant, à cette jeune femme ?

Activité 2 : Quand Waris rencontre une jeune femme anglaise à Londres.

On visionne la séquence où Waris suit la jeune femme anglaise, qui accepte de l’héberger pour une nuit.

Minutage : 11.39 ----) 12.18

Après la vision de cette séquence, les participants essaient d’imaginer qui est qui dans cette scène.

Activité 3 : Etre une femme convenable …

Remarque : Nous avons choisi de travailler cette séquence avant que les groupes voient le film pour permettre aux formateurs d’aborder le fait que cette scène comporte une scène de rapports sexuels. Il est important que les participants soient au courant, et surtout qu’ils sachent que c’est la seule scène de ce type dans le film dont le propos mérite toute notre attention, au-delà de ce tout petit épisode.

Consigne : On visionne sans son la séquence où Waris et sa copine sortent danser en boîte de nuit. Ensuite Waris rentre là où elles vivent et surprend sa copine avec un homme dans leur chambre . On arrête la vision de la séquence quand Waris et sa copine se parlent.

Minutage : 27.53 ---) 28.51 SANS SON !!!

Après la vision de cette séquence, les participants sont invités, en sous-groupes à imaginer ce que les deux femmes se disent.
Mise en commun en grand groupe.

Activité 4 : Où on aborde doucement l’excision

On visionne la scène en entier cette fois. On arrête la vision quand elles se dévoilent l’une l’autre et qu’elles voient qu’elles ne sont pas faites pareilles.

Minutage : 28.34 ---) 31.17

Après la vision de la scène les participants répondent aux questions :

  • Qu’est-ce qui se passe dans cette scène ?
  • Qu’est-ce qui se passe pour chacune ?
  • Pourquoi est-ce que Waris dit que ce n’est pas convenable ?
  • D’après vous, qu’est-ce qu’elles ressentent ?
  • Selon vous, est-ce que c’est convenable de pratiquer l’excision ?

Le formateur intervient après la première question si la thématique de l’excision ne surgit pas.

Nous reprenons en bas de la fiche quelques éléments d’information de base sur l’excision ainsi que des adresses de sites internet abordant cette problématique. (voir annexe : approfondissements)

ON VA VOIR LE FILM

APRES LA VISION DU FILM

Activité 5 : travail sur le ressenti, les émotions

Consigne : le formateur aura repris chaque expression sur une bandelette, et la reproduira en plusieurs exemplaires. Il aura également imprimé les photos illustrant les moments forts du film en plusieurs exemplaires.

Il disposera le tout sur une grande table.

Pour exprimer leurs sentiments après la vision du film, les participants choisissent une expression dans la liste reprise ci-dessous et une photo qui l’illustre parmi les photos des moments forts du film. (voir liste en annexe et photo-langage sur les moments forts du film) :

  • Je suis en colère
  • J’ai mal
  • J’ai honte
  • C’est une affaire de femmes
  • C’est dur pour une petite fille de devoir tout quitter, de s’enfuir
  • C’est pas normal qu’une petite fille soit femme de ménage
  • Elle est abandonnée, toute seule à Londres
  • Elle a de la chance d’avoir rencontré le photographe
  • Je trouve ça sympa comme métier, mannequin
  • Ça ne m’intéresse pas
  • C’est cruel
  • Je ne comprends pas les parents
  • Je ne savais pas que ça existait
  • Ça me dégoûte
  • Je suis triste
  • Je suis révoltée
  • Une belle histoire d’amitié
  • Elle est courageuse
  • J’ai peur
  • Mannequin, c’est un drôle de métier
  • C’est toujours les femmes qui souffrent
  • C’est toujours les femmes qui subissent

Activité 6 :

On revient sur les hypothèses émises avant la vision du film.

On valide les hypothèses, on les corrige …

Activité 7 : travail sur les personnages du film

Consigne : travail en sous-groupes sur base des photos des principaux personnages du film imprimées en plusieurs exemplaires.

Chaque sous-groupe reçoit 3 à 4 photos de personnages et expliquent le rôle de chacun de ces personnages dans la vie de Waris. (voir photo-langage sur les personnages principaux du film).

Lors de la mise en commun, chaque sous-groupe explique ses photos.

Photos de :

  • La mère de Waris
  • Le père de Waris
  • Le petit frère
  • La tante
  • La danseuse et amie anglaise de Waris
  • La propriétaire de la chambre de Waris
  • Le photographe
  • La directrice de l’agence de mannequins
  • Le « faux » mari de Waris
  • L’infirmier (si nécessaire, voir transcription de l’épisode où un infirmer somalien est censé lui traduire les explications médicales à Waris. Cette transcription permet de comprendre l’influence de ce personnage sur les décisions que Waris prendra)
  • Le médecin
  • La journaliste
  • l’amoureux de Waris

Transcription :

(médecin) :

Je ne peux pas vous rendre ce qui a été enlevé ; mais au moins je peux faire en sorte que ça ne vous fasse plus mal, d’accord ?
(médecin à l’infirmière) :
Pouvez-vous aller me cherche Fatuma ? Je pense qu’elle parle le somalien …

(Médecin à Waris) :

Redescendez les jambes maintenant …

(infirmière) :

Fatuma n’est pas là aujourd’hui, mais Amal a dit qu’il pouvait s’en occuper …

(médecin à l’infirmier/interprète) :

Pouvez-vous expliquer à cette jeune femme qu’elle a été recousue beaucoup trop serré. Une vraie boucherie, je dois dire ….
Dites-lui que je voudrais l’opérer aussi vite que possible

(infirmier/interprète à Waris) :

Tu n’as pas honte ? Montrer ton corps à un Blanc ? Notre tradition ne les concerne pas !

(Médecin à l’infirmier interprète)

Dites-lui que c’est bien qu’elle soit venue me voir. C’est incroyable qu’elle ai tenu si longtemps. Ca doit être une souffrance permanente ! … Mais qu’elle ne s’en fasse pas, on peut arranger ça.

(infirmier/interprète à Waris) :

Change qui tu es et tu trahiras tes parents, ton peuple et ton héritage ! Ta mère est au courant que tu es venue ici ? Tu devrais avoir honte !
(Waris pleure en silence)

(infirmier/interprète au médecin) :

Elle va réfléchir à votre proposition

Activité 8 : autour de l’excision et du discours de Waris aux Nations Unies.

Consigne : On visionne la séquence où Waris prend la parole aux Nations Unies et donne son point de vue sur l’excision.

Minutage : 1.54.00 --- ) 1.56.44

Ensuite, en grand groupe on lit la transcription de cette intervention :

Transcription  :

"J’aime ma mère .J’aime ma famille. Et j’aime l’Afrique...
Depuis plus de 3000 ans, les familles croient sincèrement qu’une fille qui n’est pas excisée n’est pas propre... Parce que ce qu’il y a entre nos jambes est sale... Et donc, cela doit être enlevé et recousu fermé : preuve de notre virginité et de notre vertu...

Et lors de la nuit de noces, l’époux prend une lame de rasoir ou un couteau pour rouvrir sa femme avant de la pénétrer de force...

Une fille non-excisée ne peut pas se marier. Elle est donc expulsée de son village et traitée comme une prostituée...

Cette pratique continue, alors qu’elle n’est écrite nulle part dans le Coran...

On accepte qu’en conséquence de cette mutilation, les femmes souffrent toute leur vie, mentalement et physiquement...
Ces mêmes femmes qui sont la colonne vertébrale de l’Afrique...

J’ai survécu, mais mes deux sœurs en sont mortes...
Sufia est morte exsangue après avoir été mutilée... Et Amina est morte lors de son accouchement, avec son bébé coincé dans son ventre...

Notre continent serait tellement plus fort si ce rituel absurde était abandonné.

Dans mon pays, il y a un proverbe qui dit : « Le dernier chameau de la caravane marche au même rythme que le premier »...
Ce qui arrive au plus petit d’entre nous, affecte chacun de nou .

Quand j’étais petite, je disais : « Je ne veux pas être une femme. A quoi bon, puisque ça implique tant de souffrances, tant de malheur ? …

Mais maintenant que je suis adulte, je suis fière d’être qui je suis ...

Mais, pour notre bien à tous, essayons de changer ce que cela signifie d’être une femme... »

Après avoir écouté et lu ce discours, le formateur explique ce que c’est l’ONU (voir annexe « approfondissements). Il expliquera aussi au groupe que l’histoire de Waris racontée dans le film est basée sur une histoire vraie et que Waris a été nommée ambassadrice ….

Activité 9 : poursuite de la réflexion sur l’excision à partir du film.

Consigne : l’animateur campe une situation. Waris vient à Bruxelles et il faut l’interviewer.

En duos, les participants préparent une interview (l’un étant le journaliste, l’autre Waris). Pour ce faire, ils se remémorent le film.
Lors de la mise en commun, chaque duo présente son interview.

Activité 10 : Organisation d’un débat autour de l’excision

Consigne : le formateur annonce l’organisation d’un débat télévisé dont le thème est l’excision.

En sous-groupes, les participants préparent les arguments de chacune des personnes qui sera présente au débat (voir liste ci-dessous).

Chaque sous-groupe tire au sort le profil de l’invité qu’il représentera lors du débat.

Bien évidemment, c’est au formateur de sélectionner les profils des invités, en fonction de la composition de son groupe.

Un représentant de chacun des sous-groupes participera au débat, tandis que le formateur sera le modérateur du débat.

Invités au débat :

  • Une maman qui a décidé que sa petite fille allait être excisée sinon elle n’allait pas trouver de mari ;
  • Un homme dont la femme est excisée et dont la vie de couple est difficile ;
  • Une femme qui a de gros problèmes de santé suite à son excision ;
  • Un papa d’une petite fille qui ne veut pas rendre visite à sa famille au pays par crainte des pressions pour qu’elle soit excisée ;
  • Un gynécologue belge dans un hôpital qui reçoit régulièrement des femmes excisées soit pour leur accouchement, soit parce qu’elles ont de graves problèmes de santé.

Pour terminer ce travail autour du film, on écoutera la chanson de Tiken Jah Kakoly « je dis non »

http://www.respectforchange.org/video/non-a-lexcision-de-tiken-jah-fakoly/

ANNEXES POUR APPROFONDIR CERTAINS ASPECTS DU FILM

Organisation des Nations Unies (ONU)

L’Organisation internationale des Nations Unies a été fondée en 1945, après la Seconde Guerre mondiale, par 51 pays déterminés à maintenir la paix et la sécurité internationales, à développer des relations amicales entre les nations, à promouvoir le progrès social, à instaurer de meilleures conditions de vie et à accroître le respect des droits de l’homme.

Les Nations Unies ont quatre buts principaux :

  • Maintenir la paix dans le monde ;
  • Développer des relations amicales entre les nations ;
  • Aider les nations à travailler ensemble pour aider les pauvres à améliorer leur sort, pour vaincre la faim, la maladie et l’analphabétisme et pour encourager chacun à respecter les droits et les libertés d’autrui ;
  • Coordonner l’action des nations pour les aider à atteindre ces buts.

De par son statut unique à l’échelon international et les pouvoirs que lui confère sa Charte fondatrice, l’Organisation peut prendre des mesures pour résoudre un grand nombre de problèmes.

En outre, elle constitue un forum où ses 193 États Membres expriment leur opinion par l’intermédiaire de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité, du Conseil économique et social, des autres organes et comités.

L’activité des Nations Unies couvre toutes les parties du globe.

Si les opérations de maintien et de consolidation de la paix, de prévention des conflits et d’assistance humanitaire sont bien connues, l’influence des Nations Unies et de son système (institutions spécialisées, fonds et programmes) se manifeste également de multiples façons dans notre quotidien et contribue à créer un monde meilleur.

L’Organisation se consacre à un grand nombre de questions fondamentales, comme le développement durable, la protection de l’environnement et des réfugiés, les secours en cas de catastrophe, la lutte contre le terrorisme, le désarmement et la non-prolifération, la promotion de la démocratie, les droits de l’homme, l’égalité des sexes et la promotion de la femme, la gouvernance, le développement économique et social, la santé publique, le déminage et l’augmentation de la production alimentaire et bien plus encore.

Ce faisant, elle s’attache à atteindre les objectifs fixés et à coordonner les efforts afin de créer un monde plus sûr pour les générations présentes et futures.


ONU FEMMES

(source : http://www.unwomen.org/fr/about-us/about-un-women)

En juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a créé ONU Femmes, l’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

Ce faisant, les États Membres ont pris des dispositions historiques pour accélérer les objectifs de l’Organisation liés à l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

La création d’ONU Femmes s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’ONU qui vise à regrouper les ressources et les mandats pour en accentuer l’impact.

ONU Femmes est le résultat de la fusion de quatre composantes distinctes du système des Nations Unies dédiées exclusivement à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et dont l’important travail sert de base à la nouvelle entité :

  • la Division de la promotion de la femme (DAW) ;
  • l’Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (INSTRAW) ;
  • le Bureau de la Conseillère spéciale pour la problématique hommes-femmes (OSAGI) ; et
  • le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM).

ONU Femmes a principalement pour rôle :

  • d’appuyer des organes intergouvernementaux, tels que la Commission de la condition de la femme, dans l’élaboration de politiques, de règles et de normes mondiales ;
  • d’aider les États Membres à appliquer ces règles, et est prêt à fournir un appui technique et financier approprié aux pays qui le demandent et à forger des partenariats performants avec la société civile ; et
  • de diriger et coordonner le travail du système des Nations Unies sur l’égalité des sexes ainsi que de promouvoir la responsabilisation, notamment avec un suivi régulier des progrès dans l’ensemble du système.

    Répondre aux besoins des femmes du monde entier

Au cours des dernières décennies, l’ONU a fait d’énormes progrès dans la défense de l’égalité des sexes, notamment grâce à des accords historiques comme la Déclaration et le Programme d’action de Beijing ou la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Non seulement l’égalité des sexes est un droit humain fondamental, mais sa réalisation a d’importantes retombées socioéconomiques. L’autonomisation des femmes nourrit des économies florissantes et soutient la productivité et la croissance.

Pourtant, les inégalités de genre restent profondément ancrées dans toutes les sociétés. Les femmes n’ont pas toujours accès à un travail décent et doivent surmonter la ségrégation des emplois et les écarts de rémunération entre les sexes.

On leur refuse trop souvent l’accès à l’éducation et aux soins de base. Partout dans le monde, elles sont également de violences et de discriminations. Elles sont sous-représentées dans les processus décisionnels politiques et économiques.

Pendant de nombreuses années, l’ONU a été confrontée à d’importants obstacles dans la promotion de l’égalité des sexes sur toute la planète, parmi lesquels figurent l’insuffisance des fonds et l’absence d’une agence servant de figure de proue reconnue pour piloter les activités liées aux questions de genre.

ONU Femmes a été créée pour relever de tels défis. L’organisation défend ardemment la cause des femmes et des filles et leur permet de mieux se faire entendre aux niveaux mondial, régional et local.

Fidèle à la vision de l’égalité pour tous et pour toutes inscrite dans la Charte des Nations Unies, ONU Femmes œuvre, entre autres, pour

  • l’élimination de toute discrimination à l’encontre des femmes et des filles ;
  • l’autonomisation des femmes ;
  • l’égalité entre hommes et femmes en tant que partenaires et bénéficiaires du développement, des droits de l’homme, de l’action humanitaire, de la paix et de la sécurité.

LA QUESTION DE L’EXCISION

En savoir plus :

OU PRATIQUE-T-ON L’EXCISION ?

Voir Carte du monde des pratiques de l’excision.

L’excision serait pratiquée dans 29 pays d’Afrique et du Moyen Orient et, dans une moindre mesure, dans certaines communautés en Asie (Malaisie, Indonésie, Irak, Inde, Pakistan), en Amérique du Sud (Colombie, Pérou) ainsi que parmi les communautés de la diaspora dans les pays industrialisés (Europe, USA, Canada et Australie).

La prévalence varie considérablement, à la fois d’une région à l’autre, et d’un pays à l’autre, et au sein d’une même région ou d’un même pays, l’appartenance ethnique étant le facteur le plus décisif.

Dans le monde, on estime que 3 millions de filles, pour la majorité de moins de 15 ans, sont soumises à la pratique chaque année et que 140 millions l’ont déjà subie (Chiffres du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP). (source : http://www.excisionparlonsen.org/excision/)

(Source : http://www.gams.be/index.php?option=com_content&view=article&id=47&Itemid=50&lang=fr)
Qu’est-ce que l’excision ?

L’expression excision/mutilation génitale féminine (E/MGF) désigne toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme et/ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée à des fins non thérapeutiques. La pratique est classifiée en quatre types, dépendant de l’importance de l’altération des organes.

Du point de vue des droits de l’homme, l’E/MGF, de quelque type que ce soit, est une pratique néfaste, une violation des droits humains des filles et des femmes (notamment du droit à la santé, à l’intégrité physique, à la protection, et dans les cas extrêmes, du droit à la vie) et une forme de violence.

L’ E/MGF constitue une pratique traditionnelle comportant de graves conséquences sur la santé des filles et femmes, notamment :

  • des hémorragies ou des infections (des voies urinaires, de l’appareil génital, la formation d’abcès…) pouvant entraîner la mort,
  • la transmission du SIDA, d’une hépatite ou d’autres maladies,
  • l’incontinence urinaire,
  • un risque accru de saignements et d’infection lors de l’accouchement,
  • des douleurs lors des relations sexuelles,
  • des troubles psychologiques et sexuels, voire de l’infertilité,
  • l’arrêt de la scolarisation
  • En Afrique de l’Ouest et centrale, les E/MGF sont généralement effectuées par des praticiens traditionnels, mais leur “médicalisation”, exécutées par du personnel qualifié, est en hausse dans certains pays.

Les E/MGF sont généralement pratiquées sur les filles entre 5 et 14 ans, mais au Mali et en Mauritanie, la majorité des filles sont excisées avant d’avoir 5 ans.

Où l’E/MGF est-elle pratiquée ?
La pratique de l’E/MGF existe partout dans le monde, mais elle est plus fréquente dans 29 pays d’Afrique sub-saharienne et au Moyen-Orient, où, chaque année, trois millions de filles et de femmes la subissent. En 2013, c’était au Soudan et en Egypte que cette pratique était la plus répandue.

La prévalence de l’E/MGF varie d’un pays à l’autre. Cela s’explique par la présence de diverses communautés ethniques ayant diverses attitudes et pratiques en matière d’E/MGF. Dans les 18 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale où la pratique est effectuée, on peut distinguer trois groupes :

1. Au Mali, en Guinée et en Sierra Leone, le taux de prévalence moyen est au-dessus de 80 %. Donc, pratiquement toutes les femmes sont excisées.

2. Au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, au Libéria, en Mauritanie, République centrafricaine, au Sénégal et au Tchad, les taux de prévalence de l’E/MGF sont à un niveau intermédiaire, entre 25 et 79 %. Cela signifie que seulement certains groupes ethniques à l’intérieur du pays pratiquent l’excision, avec une intensité variable.

3. Au Bénin, Cameroun, Ghana, Niger, Nigéria et Togo, les taux de prévalence nationale sont bas, entre 1 et 24 %. Autrement dit, seulement quelques groupes ethniques y pratiquent l’E/MGF.

Ces types montrent également que l’E/MSF est une pratique qui évolue.

Elle a ainsi diminué de moitié en une génération en Irak, au Liberia et au Nigéria. Autre signe d’espoir, la majorité des habitants des pays où elles sont pratiquées y sont opposés.

De plus, l’opposition augmente : plus de 50 % des femmes au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, au Nigéria et au Sénégal soutiennent l’abandon de la pratique. Les évolutions sont plus lentes dans un pays comme le Mali, où seulement 16 % des femmes sont en faveur de l’abandon de la pratique.

Et en Belgique ?

L’E/MGF est très rarement pratiquée en Belgique. Il arrive toutefois que la famille de jeunes fillettes des communautés concernées fassent appel à des exciseuses clandestines ou envoient leur fille en vacances dans leur pays d’origine pour la faire exciser.

Toute forme de cette pratique est interdite dans la loi belge, et repris dans le code pénal et civil.

Différentes mesures de protection et de placement existent dans le cas où une mineure court le risque de se faire exciser.

Le danger de subir cette pratique est aussi pris en compte lors de demandes d’asile pour des raisons humanitaires. Des organisations spécialisées existent en Belgique. Elles organisent des séances d’informations et d’entre-aide, font de la prévention et offre une aide individuelle si nécessaire.

Source : http://www.unicef.be/fr/a-propos-unicef/nos-7-domaines-daction/la-protection/lexcision/?gclid=CJu3r4bCk8QCFRMatAod43cAAg

Historique

Les origines des MGF sont inconnues. Gerry Mackie a suggéré que la pratique aurait débuté dans le royaume de Koush dans l’actuel Soudan au Ier ou au IIe millénaire av. J. C. et propose que l’infibulation fut créée dans un contexte de polygynie pour s’assurer de la paternité des enfants.

L’historienne Mary Knight cite une possible référence à une fille non-circoncise sur l’inscription d’un sarcophage datant du Moyen Empire égyptien (XXe  XVIIIe siècles av. J.-C.) mais le terme employé (’m’t) est ambigu et son collègue Paul F. O’Rourke considère qu’il décrit plutôt une femme ayant ses règles.

L’examen des momies égyptiennes n’a montré aucun signe de MGF. Citant l’anatomiste australien Grafton Elliot Smith qui étudia des centaines de momies au début du XXe siècle, Knight note que les régions génitales peuvent ressembler à une MGF de type III mais ajoute que cela est lié à la détérioration ou au retrait post-mortem des tissus mous par les embaumeurs ; ces raisons empêchent également toute identification d’un type I ou II.

Le géographe grec Strabon visita l’Égypte au Ie siècle et rapporta dans sa Géographie (en) : « un autre usage spécial aux Égyptiens, et l’un de ceux auxquels ils tiennent le plus, consiste à élever scrupuleusement tous les enfants qui leur naissent et à pratiquer la circoncision sur les garçons et l’excision sur les filles. ».

Le philosophe Philon d’Alexandrie y fait également référence : « Les Égyptiens, d’après leur coutume régionale, c’est à l’âge de quatorze ans, quand le mâle commence à prendre du sperme et les règles de la femme à couler, qu’ils circoncisent le pubère et la nubile ».

Au VIe siècle, le médecin grec Aétios d’Amida nota que l’excision était réalisée quand le clitoris était trop grand ou déclenchait le désir sexuel en frottant contre les vêtements et que « les Égyptiens jugeaient préférable de le retirer avant qu’il ne devienne trop large, notamment au moment où les filles devaient être mariées ».

Quelle que soit l’origine de la pratique, l’infibulation devint associée avec l’esclavage.

Mackie cite le missionnaire portugais João dos Santos qui écrivit en 1609 à propos d’un groupe vivant près de Mogadiscio qui avait pour « coutume de coudre leurs femmes, particulièrement leurs jeunes esclaves afin de les rendre inaptes à la conception, ce qui augmente leur prix, à la fois pour leur chasteté et pour la confiance que leurs maîtres placent en elles ».

L’explorateur anglais William George Browne nota en 1799 que les Égyptiens pratiquaient l’excision et que les esclaves étaient infibulées pour empêcher qu’elles soient enceintes. Mackie suggère ainsi qu’une « pratique associée avec la honteuse traite des femmes est devenue un signe de vertu ».

Les gynécologues européens et américains du XIXe siècle considéraient que l’ablation du clitoris permettait de traiter la folie et la masturbation.

Le médecin britannique Robert Thomas présenta en 1813 la clitoridectomie comme un traitement de la nymphomanie et la première opération documentée de ce type en Occident fut réalisée en 1822 à Berlin par Karl Ferdinand von Graefe (en) sur une fille de 15 ans qui se masturbait fréquemment.

Le gynécologue britannique Isaac Baker Brown, président de la Medical Society de Londres et co-fondateur en 1845 du St Mary’s Hospital, considérait que la masturbation ou « l’irritation conte-nature » du clitoris provoquait l’excitation des nerfs périphériques du pubis, ce qui pouvait entraîner des crises d’hystérie et de manie, des attaques, des troubles mentaux voire la mort.

Sa nécrologie de 1873 dans le Medical Times and Gazette note qu’il « entreprit de retirer le clitoris à chaque fois qu’il en avait l’occasion ». Il réalisa plusieurs clitoridectomies entre 1859 et 1866 mais quand il publia ses idées dans On the Curability of Certain Forms of Insanity, Epilepsy, Catalepsy, and Hysteria in Females en 1866, les médecins londoniens mirent en doute ses résultats et l’expulsèrent de la Société d’obstétrique car il n’avait pas obtenu le consentement de ses patientes.

Aux États-Unis, J. Marion Sims poursuivit les travaux de Brown et en 1862, il sectionna le col de l’utérus et le clitoris d’une femme se plaignant de règles douloureuses, de convulsions et de problèmes de vessie.

En France, Jules Guérin affirmait guérir ses patientes en leur brûlant le clitoris avec un fer chauffé au rouge Selon un article de 1985 de la revue Obstetrical & Gynecological Survey, les clitoridectomies restèrent pratiquées aux États-Unis jusque dans les années 1960 pour traiter l’hystérie, l’érotomanie et le lesbianisme.

Et aussi :

Bamako, premier jour de tournage du clip de la chanson « Non à l’excision » de Tiken Jah Fakoly.

Deux réalisateurs filment l’envers du décor. En approchant les comédiens et les techniciens. Ils veulent comprendre comment les hommes maliens vivent cette question de l’excision dans leur propre existence.

Aperçu du travail de sensibilisation et de mobilisation mené, derrière les coulisses, par l’Association Respect for Change.

A travers cette chanson, Smockey demande d’arrêter la pratique de l’excision qui touche encore plus de 3 millions de femmes chaque année, avec des conséquences dramatiques pour beaucoup d’entre elles.

Intransigeant sur sa liberté de penser comme son idole Georges Brassens, Smockey Bambara n’est ni rebelle ni révolutionnaire.

Il est tout simplement libre.

Acteur engagé, infatigable, l’artiste rappeur burkinabé met tout son talent au service de la femme, meurtrie dans sa chair par ce crime intolérable qu’est l’excision.

Vidéo-clip produit par l’Association Respect for Change. Burkina Faso, 2014. En distribution en Afrique subsaharienne (radios et télévisions), sur le web et via les réseaux sociaux.


Programme téléchargeable 2019-2020
Avec le soutien de :